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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 10:28

Pour le comprendre, ne pas oublier d'activer les sous-titres youtube.

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 16:29
Affiche sur Octobre 1917

Affiche sur Octobre 1917

 

Les débuts de la dictature du prolétariat

 

Si la prise de pouvoir avait pu paraître « aisée » bien plus difficile fut l’exercice du pouvoir et ce dès le début. Il fallut tout d’abord se battre pour étendre le jeune pouvoir révolutionnaire. Si Petrograd était tombé en un jour, Moscou devient le théâtre d’affrontements sanglants (les bolchéviks durent un temps se replier dans les faubourgs ouvriers), nécessitant l’envoi de renforts. Les vestiges du gouvernement provisoire n’étaient pas les seuls adversaires. Les socialistes révolutionnaires de droite qui avaient quittés le congrès des Soviet face au « coup de force » bolchévik appellent à la résistance contre les « usurpateurs » et constituent un Comité de Salut de la patrie.

Ils arrivent à armer des élèves-officiers à Pétrograd qui parviennent un temps à faire vaciller le nouveau pouvoir (le 29 Octobre ils tentent de s’emparer du Smolny). Il faut l’intervention des marins de Cronstadt pour rétablir la situation. Kérenski qui s’était enfui avant la prise du palais d’hiver avait tenté de revenir en force en rameutant des unités cosaques vers la capitale. Le général Krasnov est défait le 30 Octobre aux portes de la ville mais la situation reste précaire dans le reste du pays.

Sur d’autres fronts les bolchéviks sont mis en difficulté par les opérations de sabotage menées par les menchéviks. Dès le premier jour du gouvernement une grève paralyse les ministères. Aucun fonctionnaire ne veut travailler pour le nouveau pouvoir. Les cheminots du puissant syndicat « Vikjel » menacent de faire grève et donc de bloquer l’envoi de troupes pour Moscou. Ils réclament la fin de la « guerre fratricide » entre les différents partis et la constitution d’un gouvernement « démocratique » représentant toutes les tendances. Cela aurait revenu à remettre sur pied le gouvernement Kérenski sans Kérenski ! Face à cet ultimatum une partie du comité central cède face aux manigances de Kamenev (alors président du comité exécutif du Soviet) qui tente de revenir sur les effets de la révolution d’Octobre et d’écarter Lénine. Il est finalement battu et contraint à céder son poste à Sverdlov. Les commissaires Rykov (intérieur), Milioutine (agriculture), Noguine (commerce et industrie) et Zinoviev se démettent de leurs fonctions. C’est la plus grave crise interne qu’est connue le parti bolchévik.

Face à cette situation d’urgence des mesures radicales furent prises :

-interdiction de la plupart des journaux qui accablaient le gouvernement d’injures et de sarcasmes.

-sanctions sévères à l’encontre des grévistes « bourgeois » dans les ministères et les administrations.

-le 7 décembre création de la Tcheka.

-le 5 janvier 1918 dissolution de l’Assemblée constituante à majorité anti-bolchévik.

-interdiction progressive de tous les autres partis au cours de l’année 1918.

 

Sans rentrer trop dans les détails, ce qui se produit pour les bolchéviks dans ses premiers mois c’est l’apprentissage douloureux et parfois sanglant de l’exercice du pouvoir. C’est aussi la fin de certaines utopies. En effet la révolution d’Octobre avait engendré de grandes espérances. Elle était annonciatrice de l’émancipation de l’humanité toute entière, le début d’une révolution mondiale qui abolirait les frontières, les Etats, les rapports mercantiles et tout appareil coercitif. Après 4 années d’une boucherie sans nom et de souffrances inimaginables l’avenir s’annonçait radieux. Que la réalité apparu bien médiocre et détestable pour de nombreux bolchéviks, y compris de la première heure. Le grand paradoxe c’est que ce sont les partisans de « l’extinction de l’Etat » qui durent s’employer pour au contraire renforcer l’Etat et même en bâtir un nouveau.

 

Chronologie :

 

23 février : les ouvrières de Vyborg entrent en grève et viennent défiler à Pétrograd. Elles sont rejointes par des centaines de milliers d’ouvriers dans les jours qui suivent.

26 février : Nicolas II ordonne aux soldats de tirer dans la foule, 40 morts. Dans la nuit la garnison de Petrograd se mutine et rejoint les insurgés.

27 février : La manifestation se dirige vers le palais de Tauride, où siège la Douma, et forme le soviet de Petrograd.

1er mars : ordre numéro 1 du soviet de Petrograd qui invite les soldats à élire les comités et met l’armée sous le contrôle des soviets.

2 mars : Abdication du tsar Nicolas II. Premier gouvernement provisoire, présidé par le prince Lvov et approuvé par la « double pouvoir » de la Douma et du soviet.

6 mars : Le gouvernement provisoire s’engage à respecter les accords contractés avec les Alliés et à mener la guerre jusqu’à la victoire.

11 mars : Reconnaissance du gouvernement provisoire par les Alliés.

14 mars : Appel du Soviet aux peuples du monde entier en faveur d’une paix sans annexions ni contributions.

3 avril : retour en Russie de Lénine.

18 avril : Note de Milioukov aux Alliés réaffirmant les engagements de la Russie

20-21 avril : manifestation d’ouvriers et de soldats contre la politique extérieure du gouvernement

5 mai : Formation du deuxième gouvernement provisoire (Kérenski)

3 juin : Ier Congrès panrusse des soviets

18 juin : Début d’une offensive russe qui se termine en désastre.

3-4 juillet : Violente manifestation populaire contre le gouvernement provisoire et le soviet de Petrograd. Le mouvement est réprimé.

27 août : Echec du putsch du général Kornilov grâce à l’action des militants bolchéviques.

9 septembre : Trotski devient président du soviet de Petrograd.

10 octobre : le comité central du parti bolchévique vote l’insurrection

Nuit du 24-25 octobre : Révolution d’Octobre. Prise du Palais d’Hiver. Ouverture du IIe Congrès panrusse des soviets.

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 14:49
Histoire de la révolution russe (2è partie)

Ce texte est issu des journées de formation. Il a été réalisé par des camarades marxistes-léninistes de Pau. 

 

Préparation de la révolution et prise du pouvoir par les bolchéviks

 

Si la révolution est impossible sans situation révolutionnaire, toute situation révolutionnaire ne produit pas mécaniquement une révolution. Tous les éléments objectifs peuvent être rassemblés de façon favorable mais la révolution peut ne pas se déclencher. Il faut pour cela, par-dessus les changements objectifs, un changement subjectif :

 

« La révolution ne surgit pas de toute situation révolutionnaire, mais seulement dans le cas où, à tous les changements objectifs énumérés, vient s’ajouter un changement subjectif, à savoir : la capacité, en ce qui concerne la classe révolutionnaire, de mener des actions de masse assez vigoureuses pour briser complètement l’ancien gouvernement, qui ne tombera jamais, même à l’époque des crises, si on ne le fait choir. » (Lénine, La Faillite de la Seconde Internationale).

 

Dire qu'une telle situation est indépendante de la volonté des partis (voir point 1) ne signifie pas que l'activité des partis n'a aucune influence sur la transition vers une période révolutionnaire.

Une situation révolutionnaire ne tombe pas du ciel, elle se forme dans la lutte des classes. Le parti du prolétariat est le plus important facteur politique quant à la formation d'une situation révolutionnaire. Sans l’action d’un parti révolutionnaire trempé dans la lutte et ayant une vision claire des évènements il ne peut avoir de révolution. Car c’est le rôle du parti que de gagner à lui, non seulement l’avant-garde du prolétariat, mais aussi les masses (ou du moins faire en sorte qu’elles ne soutiennent plus l’ordre ancien) à l’idée révolutionnaire et au socialisme. Or la conscience socialiste n’est pas quelque chose qui apparaît spontanément au sein de la classe ouvrière, bien au contraire.

 

En effet, selon la célèbre expression de Kautsky « la conscience socialiste est un élément importé du dehors dans la lutte de classe du prolétariat et non quelque chose qui en surgit spontanément ». Kautsky défend, en effet, la thèse que le socialisme est une science, que la classe ouvrière ne possède pas d’elle-même. La théorie socialiste doit donc être importée de l’extérieur, ce qui était la tâche des intellectuels socialistes (pas isolément mais dans le cadre du parti).  Pour Lénine, le parti communiste est une organisation d’avant-garde possédant une analyse scientifique de l’évolution du système capitaliste et de la manière de transformer la lutte de classe en une lutte politique pour le pouvoir et dont le noyau dur sait « comment s’y prendre et ce qu’il faut pour cela » (Que Faire ? 1902). Le développement de la conscience politique de la classe ouvrière ne dépend pas seulement du déroulement des grèves ou de l’attitude des ouvriers envers le gouvernement, mais aussi - et surtout - de la propagande et de l’agitation dans toutes les couches du peuple.

 

Cependant pour parvenir à ce que l’ensemble du prolétariat soit convaincu et prêt à l’insurrection les seules méthodes de propagande et d’agitation, la seule répétition des vérités du communisme « pur » ne suffisent plus.

 

Or, pour que vraiment la classe tout entière, pour que vraiment les grandes masses de travailleurs et d'opprimés du Capital en arrivent à une telle position, la propagande seule, l'agitation seule ne suffisent pas. Pour cela, il faut que ces masses fassent leur propre expérience politique. Telle est la loi fondamentale de toutes les grandes révolutions

Lénine, La maladie infantile du communisme

 

 Le degré de maturité de la classe révolutionnaire et du choix du moment décisif pour engager la bataille se mesure à l’aune de trois critères :

 

1 que toutes les forces de classe qui nous sont hostiles soient suffisamment en difficulté, se soient suffisamment entre-déchirées, soient suffisamment affaiblies par une lutte au-dessus de leurs moyens

 

2 que tous les éléments intermédiaires, hésitants, chancelants, inconstants - la petite bourgeoisie, la démocratie petite-bourgeoise par opposition à la bourgeoisie - se soient suffisamment démasqués aux yeux du peuple, suffisamment déshonorés par leur faillite pratique

 

3 qu'au sein du prolétariat un puissant mouvement d'opinion se fasse jour en faveur de l'action la plus décisive, la plus résolument hardie et révolutionnaire contre la bourgeoisie.

 

C'est alors que la révolution est mûre ; c'est alors que, si nous avons bien tenu compte de toutes les conditions indiquées, sommairement esquissées plus haut, et si nous avons bien choisi le moment, notre victoire est assurée.

 

Comment le parti bolchévik a-t-il entrainé l’ensemble de la classe ouvrière vers la victoire ? Quels ont été les moyens utilisés ?

 

Lorsque éclate la révolution de Février le parti bolchévik compte à peine 40 à 45 000 membres (10 à 15 000 dans la capitale). Le parti a beaucoup souffert de la contre-révolution et du reflux du mouvement révolutionnaire entre 1907 et 1912. De plus c’est un parti décapité en son sommet : Lénine et Zinoviev sont isolés en Suisse pendant toute la guerre (et quasiment laissés sans informations de la situation du parti), les dirigeants du parti pour la Russie sont quant à eux pour la plupart déportés en Sibérie (Staline, Sverdlov, Kamenev). Dans l’ensemble le comité central du parti bolchévik désigné à la conférence de Prague en 1912 est décimé du fait de la présence en son sein d’un agent double de l’Okhrana (la police secrète du Tsar). Cependant, en dépit de ses difficultés, le parti bolchévik conserve de solides appuis au sein du prolétariat industriel des grandes villes (Petrograd, Moscou) et dans certaines régions de province (Oural). Ces militants sont expérimentés, endurcis par des années de lutte et jouissent toujours d’une grande réputation auprès des ouvriers.

La fin du tsarisme et la possibilité pour la première fois de sortir de l’illégalité va donner un coup de fouet à l’activité de propagande et d’agitation. L’audience des publications bolchéviques ne va pas cesser de croître, de même que les effectifs :  80 000 dès le mois d’Avril, 240 000 en Juillet, 500 000 en Octobre. Car tout parti révolutionnaire se doit de maîtriser toutes les formes de la lutte, être en capacité de passer de l’action légale à l’illégalité et inversement. Car dans un premier temps l’insurrection n’était pas à l’ordre du jour. Il fallait réaliser auprès des masses un travail patient d’éclaircissement et de recrutement, conquérir la majorité des soviets, modifier leur politique. En effet au début de la révolution la majorité des masses soutenait le gouvernement provisoire et le Soviet de Pétrograd à majorité menchévik et socialiste-révolutionnaire. Pour quelles raisons ?

Pour la première fois de son histoire, des millions d’hommes non-initiés à la politique se sont éveillés à la politique (en témoigne la floraison de journaux, associations, clubs, cercles….). C’était pour la plupart des petits paysans, des ouvriers récemment arrivés de leur campagne (venu remplacer les 40% d’ouvriers incorporés aux armés), pétris d’une mentalité petite-bourgeoise. Une vague petite-bourgeoise avait tout submergé, écrasé par le nombre et l’idéologie le prolétariat conscient mais aussi contaminé de nombreux ouvriers. C’est pourquoi les masses populaires se trouvèrent au début de la révolution sous la coupe des partis conciliateurs. Voilà pourquoi elles concédèrent le pouvoir au gouvernement bourgeois.

Cependant Lénine avait bien compris que cette « lune de miel » ne durerait pas, que le gouvernement provisoire, pétris de contradiction, et menant fondamentalement une politique en faveur de la classe bourgeoise, ne tarderait pas rapidement à dévoiler sa vraie nature. Quant aux partis modérés ils s’enfonceraient irrémédiablement dans la collaboration de classe et sombreraient avec le gouvernement. Il fallait donc que le parti se mette à la tête des masses qui perdraient leur confiance dans les menchéviks, les socialistes-révolutionnaires et la bourgeoisie libérale.

 

Lénine fait triompher sa stratégie (pas de soutien au gouvernement provisoire, militer pour le transfert du pouvoir aux soviets, révision du programme du parti) face à l’aile droite du parti qui considère que la révolution socialiste n’est pas à l’ordre du jour (Kamenev, Zinoviev) et à l’aile gauche qui veut lancer l’insurrection sans attendre (le comité de Petrograd et les têtes brûlés comme Bagdatiev). Les résultats ne se font pas attendre :

- Le 20-21 avril 100 000 personnes à Pétrograd, indignées de la note Milioukov, descendent dans la rue pour manifester. Déjà les mots d’ordre des bolchéviks sont repris : « A bas la guerre », « Tout le pouvoir aux Soviets ».

-Lors de la conférence nationale du Parti en Avril deux dispositions importantes furent adoptées. Le Parti se prononçait pour la nationalisation des terres et confiscation des grands domaines et leur remise à disposition des comités paysans. Les bolchéviks se présentaient ainsi comme les seuls qui pouvaient donner satisfaction aux revendications des masses paysannes. De plus la conférence se prononça pour le soutien aux mouvements de libération nationale des peuples opprimés (droit des nations à disposer d’elles-mêmes). Cela lui value la sympathie et le soutien des nationalités opprimées.

- Lors de la manifestation du 18 juin pour exposer les revendications des masses au congrès des Soviets les bolchéviks dominent la manifestation et mettent les conciliateurs en minorité, preuve du progrès de l’esprit révolutionnaire des masses.

-Intensification de la propagande dans les armées (il existe même un journal bolchévik du front, « La vérité des tranchées »). Pour le parti la guerre en cours est toujours une guerre impérialiste. La conquête des soldats à la cause révolutionnaire s’avère essentielle. Le manque de soutien de l’armée avait été une des causes principales de la défaite de la révolution de 1905. La garnison de Petrograd (160 000 hommes) et la flotte de la Baltique sont particulièrement touchées par les idées léninistes. Les idées bolchéviques commencent aussi à pénétrer massivement les soldats au front, désespérés par une guerre qui semble sans fin, inquiets quant à la tournure de la révolution (rétablissement de la discipline militaire, officiers qui s’organisent pour la contre-révolution…etc).

Le lancement de la dernière offensive de l’armée russe sous l’impulsion de Kérenski en juin 1917 marque le chant du cygne du gouvernement provisoire et le ralliement de plus en plus massif de l’armée aux idées bolchéviques (ou du moins à l’idée que ce font les soldats du bolchévisme).

-l’échec de l’offensive Kérenski (à partir du début du mois de Juillet) met en ébullition les casernes et les usines de Petrograd. Le 1er régiment de mitrailleurs, totalement bolchévisé, décide de son propre chef de renverser le gouvernement provisoire. Il envoie des délégués à d’autres régiments bolchéviks et demandent de l’appui auprès des ouvriers. Les marins de Cronstadt répondirent aussi à l’appel. Les membres du comité central (Staline, Sverdlov) et les dirigeants de l’organisation de Petrograd tentent d’arrêter le mouvement mais rien n’y fait. Mis devant le fait accompli le Parti décide de se mettre à la tête du mouvement et de remplacer l’insurrection par une simple manifestation le 3 juillet en faveur du passage du pouvoir au Soviet. Ce mouvement suscite d’emblée une forte réaction de la part de Kérenski, il croit avoir trouvé le casus belli idéal pour se débarrasser des bolchéviks : répression, envoi de troupes fidèles à Petrograd, interdiction de la Pravda, rétablissement des châtiments dans l’armée (peine de mort), mandat d’arrêt contre Lénine le 7 juillet (il est exfiltré vers la Finlande par Staline), arrestation de Kamenev…etc. Le parti replonge dans la quasi illégalité mais ne perd pas ses positions bien au contraire (forte poussée à gauche et indignation contre le sort subi par les bolchéviks, scission des socialistes-révolutionnaires). Cependant l’avertissement est cinglant et la leçon rude : le temps des manifestations pacifiques est terminé, la prochaine fois que l’on appellera à la mobilisation des ouvriers et des soldats cela sera pour la prise de pouvoir. Le pouvoir ne peut se transmettre pacifiquement, il se prend par la force des armes.

 

-Le parti bolchévik revient sur le devant de la scène et montre sa force à l’occasion du putsch manqué du général Kornilov. Ce dernier était devenu l’idole de la contre-révolution. Fort du soutien des monarchistes, de la bourgeoisie, des magnats russes, des capitalistes anglo-français il voulait abattre les soviets et les comités, restaurer l’ordre, imposer un pouvoir autoritaire qui seul pourrait continuer la guerre. Le 25 août il lança le 3e corps de cavalerie contre Petrograd pour prendre le pouvoir. Les bolchéviks firent échec au coup d’Etat en mobilisant les ouvriers, syndicats, gardes rouges, troupes de la capitale, marins…etc. Des délégués et des agitateurs furent envoyés auprès des troupes putschistes et parvinrent à les convaincre de rebrousser chemin. Kérenski n’avait dû son salut qu’à l’intervention des bolchéviks, qui désormais devenaient la force principale.

 

A partir de cet instant le pouvoir du gouvernement provisoire s’effondre irrémédiablement. Des centaines de milliers de soldats (n’ayant plus confiance dans leurs chefs après le putsch) désertent et rentrent dans leur campagne. On assiste à la désintégration de l’armée. Le pouvoir perd son principal instrument de répression et de contrôle. Dans les campagnes ces flux de déserteurs amorcent des jacqueries contre l’aristocratie et les grands propriétaires fonciers. Les officiers sont pris à parti par leurs soldats et sont assassinés ou victimes de violences. Le chaos et l’anarchie commence à gagner le pays tout entier.

A Petrograd les bolchéviks poursuivent leur marche en avant vers le pouvoir. Ils s’assurent la majorité au soviet de Petrograd et de Moscou. Le nombre de délégués bolchéviks en province ne cessent de croître, preuve de la popularité grandissante du parti. Pour Lénine le moment était venu, « la majorité du peuple est pour nous ». Le 10 octobre 1917 le comité central adopte la résolution qui décida d’engager prochainement l’insurrection armée. Le 16 Octobre une réunion élargie du comité central et des organisations de Petrograd confirme la décision malgré l’opposition véhémente de Kamenev et Zinoviev. Un comité militaire révolutionnaire est constitué et s’installe (comme le comité central) à l’institut Smolny. Sous l’impulsion décisive de Lénine l’insurrection est lancée dans la nuit du 24-25 Octobre. Les soldats et les ouvriers s’emparent des points stratégiques, des gares, du central téléphonique sans résistance ni effusion de sang. Au matin du 25 la ville est aux mains des Bolchéviks sauf le palais d’Hiver (où siège le gouvernement provisoire) qui ne tombe que la nuit suivante. Pendant ce temps c’était ouvert le IIe congrès panrusse des Soviets où les bolchéviks, alliés aux socialistes-révolutionnaires de gauche, disposaient de la majorité. Le Congrès adopta dans la foulée un décret sur la paix (armistice de 3 mois pour engager les pourparlers de paix + appel aux ouvriers des autres pays pour secourir et imiter l’exemple de la Russie) et sur la terre : La propriété foncière est abolie, pas d’indemnité, toutes les terres de l’Etat et de l’Eglise passent dans les mains des comités agraires et des soviets locaux des députés paysans (reproduction du programme des socialistes-révolutionnaires), l’instauration du contrôle ouvrier. Le congrès valide aussi la liste du nouveau gouvernement, le « Conseil des commissaires du peuple », constitué au départ uniquement de bolchéviks.

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 10:57
Histoire de la révolution d’octobre (1ère partie)

Ce texte est issu de nos Journées de Formation et de Rencontre de 2017.

En voici la première partie. Texte à retrouvé en intégralité. 

 

La naissance d’une situation révolutionnaire en Russie.

 

 

Comment expliquer la naissance d’une situation révolutionnaire ? Pourquoi la Russie et pas ailleurs ? Dans la Faillite de la Seconde internationale Lénine dégage trois indices pour identifier une situation révolutionnaire :

 

1. « Impossibilité pour les classes dominantes de maintenir leur domination sous une forme inchangée ; crise du sommet, crise de la politique de la classe dominante ; […] que la base ne veuille plus vivre comme auparavant et que le sommet ne le puisse plus. »

 

2. « Aggravation, plus qu’à l’ordinaire, de la misère et de la détresse des classes opprimées. »

 

3. « Accentuation de l’activité des masses. »

 

Sans ces trois éléments objectifs, dont l’apparition est indépendante de la volonté individuelle ou de celle des partis et des classes, la révolution est impossible. La présence de ces trois éléments et leur interdépendance (l’un ne peut s’envisager sans l’autre) permet de définir une situation révolutionnaire propice au bouleversement politique et au renversement de l’ordre établi. A plusieurs reprises cette situation inédite s’est produite en Russie (1905, à deux reprises en 1917), pour quelles raisons ? Comment expliquer que ce pays était à l’avant-garde de la lutte révolutionnaire ?

 

Dans le sillage de l’œuvre de Marx il était entendu dans le mouvement social-démocrate que le développement du capitalisme créant les conditions de son propre dépassement, la révolution ne pouvait se produire que dans un pays capitaliste dit « avancé ». Lénine, tout en insistant également sur la centralité de la révolution socialiste Européenne, a envisagé un processus révolutionnaire mondial interdépendant où même les pays les moins développés pourraient progresser par étapes successives vers le socialisme, aidés par la révolution socialiste Européenne, peu importe où la révolution aurait lieu en premier (la « chaîne » par laquelle l'impérialisme capitaliste a attaché le monde, disait-il, pourrait se briser en « son maillon faible »).

En effet, en tenant compte de la situation nouvelle crée par l’impérialisme et le développement inégal du capitalisme Lénine théorisa la possibilité du déclenchement de la révolution socialiste d’une part dans un seul pays (ou un petit groupe de pays) et d’autre part dans un pays où le capitalisme ne serait pas le plus développé et où le prolétariat ne forme pas la majorité de la population. Le fait que la Russie soit un pays faiblement industrialisé n’était donc pas un obstacle à ce quel soit le berceau de la révolution socialiste.

 

 

Pourquoi la Russie était le maillon faible ?

 

La Russie se révéla effectivement l’anneau le plus faible de la chaîne impérialiste car elle était le point central de toutes les contradictions de l’impérialisme. C’était un pays particulier, où la toute puissance du capital côtoyait le despotisme tsariste, les vestiges du système féodal et l’oppression coloniale à l’égard des peuples non russes. La Russie était un terrain d’investissement particulièrement favorable pour les capitalistes britanniques et français qui contrôlaient une bonne partie de l’industrie nationale. Le tsarisme était la « réserve » de l’impérialisme occidental, les intérêts du Tsar se confondant avec ceux des « démocrates » occidentaux.

 Le développement du capitalisme était fulgurant en Russie, ce qui a fait émerger la classe ouvrière en tant que principale force révolutionnaire. La bourgeoisie russe, étant arrivé tard sur le devant de la scène, et menacée par la classe ouvrière, était incapable de réaliser la révolution démocratique, en particulier le renversement du Tsarisme et la soumission des seigneurs féodaux, comme la bourgeoisie l'a fait en France par exemple pendant la Révolution Française. Ainsi, la classe ouvrière avait à faire le travail de la bourgeoisie, mener la révolution démocratique, et progresser vers le socialisme, en ralliant à soi, à chaque étape, des couches importantes de la paysannerie.

 

Si la Russie pouvait être un terreau favorable au développement des situations révolutionnaires, il convient de souligner le rôle d’évènements historiques imprévisibles, tels que la Première Guerre mondiale, qui allait donner l’occasion aux bolchéviques de prendre le pouvoir et de renverser le tsarisme. C’est en effet la première guerre mondiale qui a permis le développement des conditions objectives de la situation révolutionnaire. Lénine voyait la première guerre mondiale comme le chant du cygne du capitalisme, qui annonçait que la révolution mondiale était désormais à l'ordre du jour historique. Elle a offert aux travailleurs une alternative difficile : soit ils tuaient leurs camarades travailleurs dans les tranchées d'en face, soit ils retournaient leurs fusils contre leurs exploiteurs capitalistes (d'où le slogan Bolchévique « transformer la guerre impérialiste en guerre civile »).

La lutte entre les deux blocs impérialistes pour un nouveau partage du monde ébranla le monde capitaliste jusqu’à ces racines. Si elle fut une source d’enrichissements pour certains monopoles elle agrandit à l’extrême la misère et les souffrances des masses, elle rendit plus aigu les antagonismes de classes et intensifia la lutte révolutionnaire. La guerre affaiblissait le capitalisme mondial qui se trouvait confronté à une crise historique d’une rare intensité. C’est cet affaiblissement qui devait être exploité par tous les révolutionnaires conséquents. La Russie était particulièrement vulnérable à la poussée révolutionnaire du fait que la guerre disloqua, plus rapidement qu’ailleurs, l’organisation de la société, la vie économique et l’Etat même. Comme le faisait remarquer Lénine dans « La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer » (Septembre 1917) : « Pour de multiples raisons historiques-retard plus considérable de la Russie, difficultés particulières résultant de la guerre, décomposition extrême du tsarisme, vitalité extraordinaire des traditions de 1905, la révolution russe a devancé celle des autres pays »

 

La Russie tsariste était le maillon faible dans la grande boucherie impérialiste de la Première guerre mondiale. Aucune préparation ne fut faite pour un conflit de longue haleine. L’industrie couvrait à peine un tiers des besoins en artillerie et en munitions, les armées russes mal équipées et mal commandées furent écrasées à plusieurs reprises par les Allemands et durent céder de nombreux territoires en 1914-1915. A l’arrière la situation était encore pire : pénurie générale, inflation, disettes, incurie des transports et de l’administration…. La déliquescence du tsarisme était telle que c’était des associations privées qui gérait la vie quotidienne des civils. Les consommateurs s’organisèrent, donnant une extension extraordinaire au mouvement coopératif. Sans le savoir, les Russes commençaient à se gouverner eux-mêmes.

Ainsi en 1917 toutes les conditions étaient réunies pour l’explosion sociale : un régime tsariste en décomposition, une dégradation des conditions d’existence, une montée en puissance du mouvement des masses (un million de gréviste en 1916 pour l’augmentation des salaires, une aspiration de plus en plus grande à la paix).

 

La maturité de cette situation révolutionnaire se mesure à l’aune de la facilité à laquelle le régime de Nicolas II s’est effondré. Le 23 février 1917 (8 mars), la grève des ouvrières de Vyborg enclenche un cycle de manifestations, contestations généralisées qui balayent en une semaine l’empire Russe. L’armée se mutine et refuse de réprimer le mouvement, toute discipline disparait, dans les campagnes l’agitation grandit, la police et la gendarmerie sont désarmées, des milices ouvrières apparaissent…. Le pouvoir, dans une majorité de villes et de localités passa à de nouvelles formes d’organisation originales, les soviet (déjà apparu en 1905), qui étaient à la fois les organes de l’insurrection armée mais aussi l’embryon d’un nouveau pouvoir en gestation, révolutionnaire. Encore à une échelle plus fine une multitude de comités d’usines, de quartiers se constituèrent. Un pouvoir à deux têtes se mit en place avec d’un côté le gouvernement provisoire (formé avec les partis représentés à la Douma tsariste) et le Soviet de Petrograd, véritable fédérateur de la contestation et des aspirations des soviet de province.

Cependant, le Soviet de Pétrograd, dominé jusqu’en septembre par des militants menchéviks (Dan, Martov) ou socialistes révolutionnaires (Tchernov, Kérenski), se contenta de se poser en organisme de contrôle de l’action du gouvernement provisoire, à qui était reconnu une sorte de primauté. Il refusa à plusieurs reprises de prendre le pouvoir, malgré sa légitimité. Cela s’explique par une erreur d’analyse du caractère de la révolution en cour. Pour les modérés la révolution russe ne pouvait être qu’une révolution bourgeoise « classique ». Il fallait donc laisser à la bourgeoisie le soin de gouverner et lui laisser les coudées franches pour réformer à sa guise le pays. Il ne fallait surtout pas l’effrayer par des mesures sociales radicales et la pousser dans le camp de la contre-révolution. Ces hommes étaient donc prêts à tous les compromis y compris à participer au gouvernement ! Ces conceptions conciliatrices et modérées rejoignent finalement les idées économistes et populistes qui avaient longtemps gangrénées le mouvement social-démocrate en Russie. Pour les menchéviks les ouvriers ne devaient pas s’occuper de politique, pour les socialistes-révolutionnaires, les ouvriers ne pouvaient représenter la force dirigeante du mouvement.

 

Ce faisant, le gouvernement provisoire trahi rapidement la révolution en s’asseyant sur les aspirations démocratiques d’un peuple épuisé par trois ans de conflit :

- Aux soldats qui voulaient rentrer chez eux ou du moins que cesse la discipline barbare de leurs officiers aristocrates le gouvernement répondit en continuant la guerre avec vigueur.

-Aux paysans (souvent enrôlé dans l’armée, 85% des 14 millions d’hommes mobilisés) qui aspiraient au partage des terres des grands domaines fonciers le gouvernement adressa une fin de non-recevoir.

-Aux ouvriers il refusa la journée de huit heures et les augmentations de salaires.

-Aux « allogènes » (peuples minorisés et colonisés par l’Empire Russe) il ferma toute possibilité d’autonomie ou d’indépendance.

Les hommes du gouvernement provisoire ne voulaient en rien bouleverser l’ordre économique et social, seulement rénover l’Etat et gagner la guerre. Par leur refus de satisfaire aux revendications du peuple ils hâtèrent sans le savoir leur fin rapide et démontrèrent par la même que la bourgeoisie russe était incapable de mener à bien les réformes démocratiques. La bourgeoisie cherchait uniquement à réaliser ses propres objectifs de classe, souvent opposés à ceux des classes laborieuses : elle voulait la poursuite de la guerre impérialiste, elle n’entendait pas fléchir l’effort de guerre. Craignant une contre-révolution monarchique elle s’opposa à toute réforme progressiste. Poussant les classes populaires à l’exaspération elle fut balayée.

 

Rapidement la popularité du gouvernement provisoire s’effondre dès avril avec la note de Milioukov. Cependant les ministres « socialistes » tentent de ranimer la flamme en rentrant directement au gouvernement (Cernov, Ceretelli, Kerenski). Ils promirent la paix sans annexions, la démocratisation de l’armée, la défense des droits des travailleurs et une réforme agraire. Cependant ils furent incapables de mener à bien ce programme irréaliste et illusoire. Prisonnier de leur engagement envers les alliés ils poursuivirent la guerre sans apporter une quelconque amélioration au peuple. Progressivement le gouvernement provisoire cessa d’exercer la réalité du pouvoir, tandis que le pays sombrait dans l’anarchie et le chaos. Des hordes de déserteurs se répandaient dans les campagnes, l’économie s’effondrait, les paysans commençaient déjà à s’emparer des terres, les villes se gouvernaient par elles-mêmes grâce à leur soviet, les hauts gradés complotaient pour le retour à un pouvoir fort et autoritaire (le gouvernement provisoire ne dut son salut face à Kornilov que grâce à l’intervention des ouvriers et des bolchéviques). Même les classes possédantes cessèrent de croire en son succès et refusèrent de souscrire aux emprunts d’Etat.

 

C’est donc un pouvoir en complète décomposition et impuissant, qui tombe presque sans résistance, dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917.

 

 

 

Histoire de la révolution d’octobre (1ère partie)

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 10:53

Plusieurs organisations (Association France Palestine Solidarité, CFDT, CGT, FIDH, Al Haq, LDH, Solidaires, Plateforme des ONG pour la Palestine) publient aujourd’hui un rapport, « Tramway de Jérusalem : des entreprises françaises contribuent à la colonisation israélienne du territoire palestinien occupé ». Il met en lumière la participation de trois entreprises françaises, EGIS et SYSTRA, deux filiales d’établissements publics (SNCF et RATP ; Caisse des Dépôts et Consignations) et ALSTOM, dans la construction du tramway de Jérusalem.

 

http://www.france-palestine.org/Colonisation-israelienne-de-Jerusalem-Est-Trois-societes-francaises-impliquees

 

Paris le 13 juin 2018 – Alors que le gouvernement français s’oppose à la décision américaine de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, nos organisations publient aujourd’hui un rapport mettant en lumière la participation de trois entreprises françaises, EGIS et SYSTRA, deux filiales d’établissements publics (SNCF et RATP ; Caisse des Dépôts et Consignations) et ALSTOM, dans la construction du tramway de Jérusalem. Outil de la politique de colonisation et d’annexion israélienne, cette construction emblématique vise à relier Jérusalem Ouest aux colonies israéliennes implantées sur le territoire palestinien de Jérusalem Est, en violation flagrante du Droit international, avec la prolongation d’une ligne existante et la création de deux nouvelles lignes ayant toutes pour terminus des colonies.

 

L’occupation de Jérusalem Est et son « annexion » par l’état israélien, violent le droit international, comme l’ont rappelé de multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU (notamment n°478 de 1980 et n°2334 de 2016)

 

Trois sociétés françaises, dont 2 à capitaux publics très majoritaires, participent à la mise en œuvre de ce projet :

la société EGIS RAIL, branche du groupe EGIS, filiale à 75% de la Caisse des Dépôts et Consignations.

la société SYSTRA, filiale conjointe de la SNCF et de la RATP qui détiennent chacune 42% de son capital.

Ces deux sociétés d’ingénierie participent activement aux études de ces nouvelles lignes, et à la coordination des différents acteurs chargés de leur mise en œuvre.

La 3ème société est ALSTOM, déjà acteur majeur de la première phase de construction du tramway, et qui a répondu aux appels d’offres de la seconde.

« Cette implication de deux filiales d’entreprises publiques et d’Alstom parait d’autant plus scandaleuse que ces entreprises sont soumises à la loi sur le devoir de vigilance et ont pris des engagements pour le respect des droits de l’homme, en signant le « Pacte mondial des Nations Unies ». Ces textes ne sont pas facultatifs mais les engagent à ne pas se rendre complices de violations flagrantes du droit international ! » remarque Maryse Artiguelong, Vice Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme et de la FIDH.

 

La responsabilité du gouvernement français est doublement engagée :

En vertu de l’obligation de droit international« de protéger contre les violations des droits de l’homme par des tiers », ici les entreprises concernées.

Comme tutelle des 3 établissements publics actionnaires majoritaires de deux des sociétés concernées.

« Comment comprendre l’inaction du gouvernement devant la participation d’acteurs publics à la colonisation israélienne - totalement illégale - qu’il dénonce par ailleurs de façon récurrente ? Il est temps de passer de la parole aux actes », déclare Bertrand Heilbronn, Président de l’Association France Palestine Solidarité.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 16:12
SOUTIEN A LA MOBILISATION DES CHEMINOTS ! LA SEULE ARME EST L’EXTENSION DU RAPPORT DE FORCE !
SOUTIEN A LA MOBILISATION DES CHEMINOTS ! LA SEULE ARME EST L’EXTENSION DU RAPPORT DE FORCE !

24ème jour de grève. Les cheminots sont toujours mobilisés et déterminés. Plus de 200 cheminots de tout le département ont défilé ce mardi 29 mai à Orthez après une Assemblée Générale en gare. Des dizaines de militants syndicalistes et politiques étaient venus soutenir les cheminots en lutte. Tout le monde est conscient de l’enjeu : il s’agit de renforcer le rapport de force pour faire barrage au pacte ferroviaire qui est voté actuellement au sénat. Malgré les annonces du gouvernement, aucune proposition favorable aux cheminots n’a vu le jour. La colère et la détermination des cheminots ne s’essoufflent pas. Ils sont déterminés à aller jusqu’au bout.

 

Unir tous les travailleurs

Pour infliger une défaite à Macron

 

            Le ROCML a apporté à cette occasion tout son soutien à la lutte des cheminots. La lutte doit s’étendre dans toute la société car tous les travailleurs sont concernés. En soutenant cette lutte, les travailleurs défendent à la fois leurs camarades cheminots mais en même temps leurs propres conditions de travail. De la victoire ou de la défaite des cheminots dépend la suite des mesures de Macron. N’en doutons pas, si Macron sort victorieux de ce conflit, il s’attaquera aux retraites, aux autres travailleurs du secteur public. Il accélérera le train des mesures antiouvrières et antipopulaires. C’est donc à partir de l’unité des travailleurs dans la lutte, aux côtés des cheminots, des étudiants, des carrefour et des autres secteurs en lutte que viendra la victoire sur l’offensive menée par Macron !

 

            Les cheminots sont le fer de lance des mobilisations en cours. Ils participent à construire la convergence des luttes. A Orthez, les cheminots ont apporté leur soutien à la mobilisation des travailleurs d’ENEDIS, dont 2.500 postes sont menacés dans tout le pays, pour des raisons de rentabilités. Jeudi 7 juin, ces mêmes cheminots organisent une marche du rail et des blouses blanches à Bayonne qui ralliera la gare de Bayonne à l’hôpital pour montrer que tous les travailleurs mènent le même combat pour sauver leurs conquêtes sociales et les services à la population. Tous les militants communistes, révolutionnaires et progressistes doivent être à leurs côtés.

 

La réponse à Macron doit être politique

et remettre en cause le capitalisme

 

            La politique menée par Macron, l’accumulation des mesures anti-ouvrières avec les gouvernements successifs incitent à une réponse politique. Allons-nous regarder détruire nos conditions de travail, l’accès aux soins, à l’éducation, ou au contraire, allons-nous résister à cette offensive ? Si nous choisissons la deuxième option, il est clair qu’il va falloir s’organiser et pas seulement syndicalement, car le camp des patrons et de l’Etat est lui très bien rodé. Il dispose de ses partis et de ses organisations (médias, associations, leviers financiers, « syndicats »…). Cette lutte ne pourra pas non plus s’arrêter à Macron et à ce gouvernement, ou encore à aménager quelques aspects du système car ce sont les monopoles qui ont le pouvoir réel. Cette lutte devra s’attaquer à tout ce système capitaliste qui nous exploite chaque jour davantage. Il n’existe pas d’autre alternative.

           

Défendons et élargissons nos mobilisations

pour défendre les conquêtes sociales et démocratiques

 

Abrogation de toutes les lois anti-ouvrières et anti-populaires !

 

Contre le gouvernement du capital, organise toi avec les marxistes-léninistes !

 

Cellule ROCML Pau

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 19:58

Les travailleurs portuaires du Pirée ont convoqué une nouvelle grève pour le mercredi 6 juin. Le gouvernement a une grande responsabilité de l'attaque contre le droit de grève

Les travailleurs sur les Quais II et III du Terminal à Conteneurs (SEMPO) au port du Pirée, après environ 3 jours de grève, ont retourné à leur travail d'une manière coordonnée, la tête haute, vendredi soir le 1 juin. Dans les jours précédents avec des décisions consécutives identiques et par des procédures rapides, le vendredi le tribunal a déclaré illégale à la fois la grève déclenchée par le Centre du Travail du Pirée et leur syndicat.

Cependant, lors de leur assemblée générale les travailleurs ont décidé de suspendre la mobilisation et ont appelé à une nouvelle grève, à partir de 6h00 mercredi 6 juin. La décision a été approuvée à l'unanimité lors d'une nouvelle assemblée générale qui a eu lieu à l'entrée des installations du monopole COSCO au port.

Avec leur lutte, les travailleurs ont envoyé un message clair aux employeurs et le gouvernement, qu’ils sont unis et déterminés à poursuivre leur lutte pour la signature d'une convention collective de travail qui répond à la demande d'un emploi stable avec droits du travail, pour leur inclusion dans la liste des occupations dangereuses et insalubres et pour l'adoption de mesures de santé et de sécurité au travail.

La détermination des travailleurs a brisé tous les efforts déployés pour mettre en place un mécanisme visant à entraver la grève, transformant les décisions judiciaires qui caractérisaient leurs grèves comme «illégales» en document sans valeur, suscitant une vague de solidarité et révélant devant les yeux de tous les travailleurs ce que le gouvernement et le capital veulent dire quand ils parlent du «développement juste».

Le président du Centre du travail du Pirée, Nikos Xourafis, dans ses salutations à la grande grève menée par les travailleurs, a averti les patrons de ne pas « toucher à un seul des cheveux des grévistes ». L'assemblée générale s'est conclue dans un climat d'enthousiasme, avec des slogans et de vifs applaudissements.

Du côté des employeurs, ils ont proposé vendredi aux travailleurs «d'entamer un dialogue» et de tenir une première réunion le 25 juin, à condition qu'ils arrêtent la grève. Les travailleurs ont rejeté la proposition.

 

Dans son communiqué, le Front militant de tous les travailleurs (PAME) a dénoncé la décision de jeudi du Tribunal de première instance du Pirée, qui a déclaré illégale la grève de 24 heures des travailleurs du monopole « COSCO » et de l'Autorité portuaire du Pirée, ainsi que du Centre du Travail du Pirée.
Comme il le souligne dans le communiqué: « Une nouvelle page noire a été ajoutée au livre anti-ouvrier de la Justice dite « indépendante ». La décision du Tribunal de première instance du Pirée qui a exigé en quelques heures des mesures provisoires contre la juste lutte des travailleurs, après avoir déclaré la grève « illégale et abusive », est odieuse et honteuse, en ajoutant que: « Le gouvernement est complice, car il met en œuvre toutes les décisions du capital. Il porte une lourde responsabilité parce qu'il promeut de nouvelles lois et propose de nouveaux arguments, il protège les grandes entreprises, il les renforce contre les travailleurs et leurs luttes. ».

De nombreux Centres du travail et des organisations de masse de toute la Grèce ont exprimé leur soutien à la grève, ainsi que les travailleurs portuaires de USB du Port de Trieste (Italie), le Centre du travail de Marseille (France), le Centre du travail du Cher (France), l'organisation syndicale OSCMS (République tchèque), le Syndicat des travailleurs de la construction du Nord du Danemark.

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 19:52

Les ouvriers dans le Port du Pirée, qui est la propriété de l’entreprise chinoise COSCO, poursuivent leur grève pour une deuxième journée d’affilée après que l’entreprise a tenté d’entraver la participation des ouvriers à la Grève Générale Nationale du 30 mai.

Dans la soirée du 29 mai, la veille de la grève, COSCO a procédé à des tentatives d’intimidation des ouvriers pour qu’ils ne participent pas à la grève, par le biais d’une déclaration qui disait que toute personne qui essaierait de bloquer le fonctionnement de l’entreprise lors de la grève serait arrêtée et persécutée. COSCO a traité le syndicat des ouvriers d’organisation promouvant la violence et utilisant des menaces afin d’exercer de la pression sur les ouvriers. Dans le même temps, COSCO a forcé les ouvriers qui étaient en poste à ce moment de rester là après la fin de l’horaire pour que le travail n’arrête pas. De cette façon COSCO a voulu intimider les ouvriers et faire arrêter toute tenue de piquet de grève. De cette façon, COSCO a voulu bloquer les efforts du syndicat pour lutter pour une convention collective et pour faire arrêter l’exploitation féroce que les ouvriers subissent de la part de l’entreprise.

Les ouvriers du Pirée et PAME ont donné une réponse militante à COSCO en tenant le rassemblement principal de grève pour le Pirée devant les portes de COSCO ! Des milliers d’ouvriers sont arrivés au port du Pirée et ont exprimé leur solidarité aux ouvriers de COSCO et à leur syndicat.

Sous la pression des milliers d’ouvriers, COSCO s’est vue contrainte d’arrêter toute opération même pour la poignée d’ouvriers qui ont été forcés de rester dans leur poste. Pour la première fois lors d’un jour de grève, le travail à COSCO a été arrêté à 100% !

Les ouvriers de COSCO ont répondu à l’appel de leur syndicat et ont tout de suite tenu une AG en masse, où ils ont décidé unanimement de poursuivre la grève pour une deuxième journée le 31 mai et de demander une convention collective avec de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

Les développements chez COSCO démontrent que les grands groupes d’entreprises font usage de nouvelles lois contre le syndicalisme qui ont été imposées par le gouvernement de SYRIZA-ANEL dans le but d’attaquer l’organisation des ouvriers et leur lutte. Or, la solidarité de classe et l’action militante peuvent être un soutien des ouvriers et répondre à l’agressivité des gouvernements et des groupes d’entreprises.

Nous appelons tous les syndicats à exprimer leur Solidarité de Classe aux dockers du Port du Pirée et à leur grève.

Stop aux intimidations de COSCO

Pour une convention collective avec de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Des postes de travail en plein temps et pérennes. Suppression des relations de travail flexibles. Réglementation pour la Sécurité et l’Hygiène au travail. 

PHOTOS de la Grève et de l’Assemblée Générale : https://plus.google.com/photos/111424066969409429174/album/6561642442714935473? authkey=CLvKoYzbupj9iwE

Grèce, Athènes May 31 2018

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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 11:58

La «saison croisée France-Israël» va regrouper, de juin à novembre, des dizaines d’événements en Israël et en France. Pour Israël, il s’agit de reconstruire une image positive, de tenter, à travers la science, l'art et la culture, de le blanchir de ses crimes. Cette «saison croisée» doit être inaugurée à Paris le 5 juin par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, conjointement avec le président de la République Emmanuel Macron.

 

En quelques semaines, les tirs de l’armée israélienne contre les manifestants de Gaza, non armés, qui protestent contre un blocus inhumain qui dure depuis 11 ans, ont fait 120 morts et plus de 13 000 blessés, dont 3 500 par balles, conçues pour infliger des mutilations et handicaps à vie.

 

Pendant ce temps, en toute impunité, Israël et les États-Unis fêtaient le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, en contradiction totale avec le droit international et les résolutions de l’ONU.

 

La France a condamné l’un et l’autre. Mais que peuvent les paroles contre un pouvoir israélien qui se croit tout permis, fort du soutien inconditionnel des États-Unis de Trump, et l'absence de sanction ? Il est grand temps de passer de la parole aux actes.

 

Nous demandons l’annulation de cette saison croisée et de son inauguration le 5 juin :

• une fois encore, les crimes de guerre commis récemment par Israël sont d'une extrême gravité, et la tentative de les blanchir par cette « saison croisée » est d'une indécence absolue. Cet événement serait en contradiction totale avec le signal clair et le ferme avertissement qu'il faut adresser à Israël.

• Netanyahou, criminel de guerre, n’a rien à faire en France,

• la date du 5 juin, l’anniversaire du déclenchement par Israël de la « guerre des 6 jours », qui a conduit à l’occupation de nouveaux territoires par la force et une nouvelle catastrophe, la Naksa, pour le peuple palestinien, ajoute un facteur supplémentaire à cette provocation.

 

Partout, nous porterons l’exigence de la reconnaissance des droits du peuple palestinien, dont le droit au retour, et de la reconnaissance par Israël des crimes qu’il a commis. Nous demandons que, déjà, la France reconnaisse l’État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale, comme l'ont demandé au gouvernement nos élu-e-s des deux chambres.

C’est l’impunité d’Israël qui autorise à tuer les Palestiniens comme elle tue toute humanité de la part du pouvoir israélien : il est urgent d’y mettre fin, et d’appliquer des sanctions contre l’État d’Israël et particulièrement la Suspension de l'Accord d'Association UE/Israël.

 

Non à la venue de Netanyahou en France, c’est un criminel de guerre !

Annulation immédiate de la saison croisée France-Israël !

 

Nous appelons à un grand rassemblement à Pau

devant la Préfecture à 18h30, le mardi 5 juin

 

Le Collectif Palois pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Rassemblement à Pau: Le criminel de guerre Netanyahu doit être interdit de séjour en France Manifestons partout en France le 5 juin !

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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 20:30
Film :Le Mai 1968 de la CGT en Béarn

Mai – Juin 1968 en France

8 à 10 millions de grévistes sur les deux mois, un salarié sur deux

Ouvriers – Employés – Cadres – Enseignants

 

Usines – Fonctions Publique souvent avec occupation des lieux de travail

Étudiants – Lycéens

En Béarn aussi

 

Notre Institut d'Histoire Sociale CGT 64, vient de réaliser un film de témoignage des luttes syndicales (50 minutes) que vous pourrez voir :

A PAU au cinéma » le Méliès » le lundi 4 juin 20h (5€)

Le 25 Mai à « Ciné Garlin » 20h30.

le 31 Mai à Bordes « salle des fêtes » 17h30.

Le 14 Juin à Mourenx « ciné M. » 20h 30 (4€)

D'autres dates en préparations.

 

Un dizaine de témoins qui avaient entre 18 et 42 ans

Militants, du Bâtiment, de l'Union Locale de Pau, de la banque, de la poste, d'Aquitaine Chimie, Mourenx, SNPA, Garage Renault PAU, Messier Oloron, Cheminot, Hôpital Psychiatrique, Turboméca .

 

Vente du DVD , avec en bonus « Cent Ans de CGT en Pyr.Atl. 1905-2004 » 12 minutes: Prix public 15 €

En souscription 10 € avant le 30 Juin, chèque à l'adresse et à l'ordre de l'Institut IHS CGT 64 ;9 Av Dufau 64000 PAU.

Film :Le Mai 1968 de la CGT en Béarn

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