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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 17:14
Pau - Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution

Vendredi 20 octobre, la cellule "Guy Moquet" de Pau du ROCML et du PCOF ont organisé une conférence publique sur les ordonnances Macron. Voici le discours de présentation avant le débat. 

 

Bienvenue camarades, à ce meeting/débat contre les ordonnances XXL qui viennent modifier complètement le paysage social pour les salariés en France, mais aussi sur toutes les conséquences d’une « politique d’austérité » dont Macron poursuit les logiques initiées par les gouvernements précédents, de gauche comme de droite.

Durant le 20ème siècle, le patronat français et la bourgeoisie dans son ensemble devaient faire face à une classe ouvrière organisée puissamment dans la Cgt et politiquement dans le PCF. Il existait ce qu’on appelait un camp socialiste. Cela créait des conditions favorables à de grandes luttes en France : celles de 1936, de 1945 et de 1968 principalement. Sans s’arrêter à une année en  particulier, ces périodes ont donné aux travailleurs une série de réformes sociales visant à l’amélioration considérable des conditions de travail, de rémunération et de diminution du temps de travail.

La bourgeoisie française a dû reculer et lâcher de nombreuses conquêtes sociales. Depuis les années 80, la Cgt a perdu du terrain et le PCF s’est fourvoyé d’abord avec le programme commun mais ensuite avec de nombreuses participations au gouvernement (avec lesquelles il n’a obtenu aucune avancée notable). Plus récemment, avec une partie de ses députés qui a voté l’état d’urgence par exemple. La bourgeoisie française n’est pas innocente dans cette dégringolade des organisations de la classe ouvrière.

Les partis de la bourgeoisie, y compris le parti socialiste, ont semé la division, ont fait monter le front national, ont réussi, et ce dès les années 80 à créer le statut intérimaire et l’emploi précaire mais aussi le chômage de masse. En 1995, la bourgeoisie tente son premier gros coup avec le plan Juppé. La classe ouvrière réagit massivement, bloque l’économie et fait reculer le gouvernement. Ce sera la dernière grande victoire du salariat en France.

Au 21ème siècle, les politiques dites d’austérité ont pignon sur rue dans tous les gouvernements européens. En France, les différents gouvernements attaquent une à une les conquêtes sociales des travailleurs. En 2006, le gouvernement De Villepin tente d’introduire le Contrat Premier Embauche. Là le peuple fait en partie reculer le gouvernement. En 2010, le gouvernement Fillon allonge la durée travail en reculant l’âge de départ à la retraite, malgré une forte mobilisation, la lutte syndicale se solde par une défaite. L’élection de Hollande viendra ajouter de nouvelles destructions avec les lois Macron, Rebsamen, l’ANI, etc. et la dernière, la loi el khomri, qui malgré une opposition puissante dans les entreprises et dans la rue, passera. C'est une nouvelle défaite pour la classe ouvrière.

Depuis le mois de mai, l’élection de Macron vient accélérer la cadence de ces contre-réformes car pour les monopoles (le grand capital) cela n’allait pas assez vite. Alors que le « président des riches »  vient de conclure la loi travail XXL, il veut d’ores et déjà s’attaquer à la formation professionnelle, à l’assurance chômage et dès l’été prochain aux retraites.

Il y a clairement une accélération de mesures réactionnaires, une avalanche désastreuse de mesures anti-ouvrières et d’avantages prodigieux pour la bourgeoisie !

Baisse des APL et des subventions pour les habitats populaires ; la fin des contrats aidés ; la loi travail XXL bien sûr ; l’augmentation de la CSG ; le gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de 120 000 d’entre eux; de nouveaux contrats précaires et tout ce qui va arriver !

Dans le même temps pour le patronat : fin des cotisations sociales avec le transfert du CICE ; fin de l’Impôt Sur la  Fortune ; la liberté de déréguler le code du travail entreprise par entreprise etc.

S'ajoute à tout cela un mépris dans les paroles de Macron et son gouvernement à l’encontre des travailleurs et particulièrement contre ceux qui luttent qui dépasse l’entendement !

Nous serions des fainéants, des extrémistes, des cyniques, des gens qui veulent rester dans le passé attachés à des mesures d’un autre temps, des jaloux des riches, qui foutent le bordel au lieu de chercher du boulot. Nous sommes insultés et Macron tente de nous monter les uns contre les autres, de diviser encore plus les travailleurs ! C’est un mépris honteux de la classe ouvrière et il nous incombe à nous, militants, de lui démontrer que renverser sa société pour instaurer le pouvoir des travailleurs n’a rien de vieillot mais va au contraire dans le sens de l’histoire pour enfin mettre un terme à cette escalade réactionnaire et donc à l’exploitation de l’Homme par l’Homme !

Pourtant, malgré toutes ces mesures contre le peuple, la lutte ne prend pas, ne s’élargit pas, ne se massifie pas et l’unité ne se met pas en place. Depuis la rentrée on peut lister :

  • Le 12 et le 21 septembre : journées interprofessionnelles à l’appel de la Cgt, Sud, FSU.
  • La 3ème semaine de septembre : appel à la grève reconductible intersyndicale chez les routiers.
  • Le 28 septembre : les retraités
  • Le 10 octobre : journée des fonctionnaires en intersyndicale
  • Le 13 octobre : la métallurgie
  • Le 19 octobre : journée interprofessionnelle à l’appel de la Cgt, Sud.
  • À partir du 23 octobre : grève reconductible dans le pétrole à l’appel de la Cgt.

On observe un émiettement complet, certaines fédérations de métier qui appellent seules dans leur coin, aucune possibilité de trouver des journées interprofessionnelles qui réunissent l’ensemble des grands syndicats, un nombre de manifestant très loin de certaines mobilisations antérieures, des journées éparses sans continuité militante entre elles.

Camarades, comme c’est parti, ce n’est pas une mobilisation gagnante qui se met en place, au contraire…

La jalousie des avantages de certains on ferait de la « justice » en mettant tout le monde sur le pire.

Le patronat et le gouvernement ont savamment organisé la division par l’achat par exemple de certains représentants syndicaux nationaux.  La lutte politique absente depuis des décennies donc retranchement syndical/corporatiste/local.

À l’époque où le capitalisme rentre dans une crise sans précédent et s’y enfonce inexorablement, le prolétariat a un besoin vital de trouver son indépendance politique.

Pour se débarrasser du capitalisme nous pensons que les travailleurs doivent se débarrasser de leurs illusions ou des concepts imposés par la propagande du capitalisme car il n’y a jamais eu des morales de maîtres et des morales d’esclaves mais que des morales établies par les maîtres pour les esclaves.

Pour se débarrasser de cette servitude, les travailleurs doivent d’intéresser à la question politique générale (et non pas uniquement aux questions syndicales). Est-ce que je suis exploité ? Pourquoi ? Comment mettre fin à cette exploitation ? Etc. Certains pensent déléguer leur pouvoir politique à un super président tous les cinq ans. Pourtant, si le prolétariat ne fait pas de politique il est contraint de subir celle des autres, celle qui conduit à l’austérité, à la régression, d’une façon ou d’une autre à une politique pro-capital. Il y a ceux, dégoutés par la "politique politicienne", qui se trouvent hors jeu des questions politiques, qui sont lassés et préfèrent à ce titre l’apolitisme.

Pourtant, si nous voulons avancer sur les questions essentielles comme celles de la révolution, c’est à nous de faire de la politique, de la politique révolutionnaire. N’attendons pas que cela tombe du ciel ou que cela vienne d’un messie quelconque. Faisons notre politique qui sera en rupture révolutionnaire avec toutes les autres politiques.

Au final, les salariés dans la lutte syndicale ou dans la lutte contre le capitalisme doivent opérer une rupture révolutionnaire, c'est-à-dire rompre avec toutes ces idées qui amènent à penser qu’un autre capitalisme est possible, que l’on pourrait le reformer, le rendre « social », ce qui nous oblige dans les luttes actuelles à rester dans les limites, les frontières du capitalisme. Si au contraire, nous opérons dans nos consciences et notre pratique cette rupture révolutionnaire, nous pourrons dépasser ces limites du capitalisme et proposer à l’ensemble des masses populaires une nouvelle solution, radicale : une nouvelle société.

La rupture révolutionnaire conduit à rompre avec le réformisme, le parlementarisme, etc. comme théories qui ne font pas avancer la lutte du prolétariat en la laissant dans l’impasse du capitalisme. La rupture révolutionnaire oblige les travailleurs en lutte à ne plus se limiter aux revendications dites économiques (d’augmentation de salaire, etc.) mais à revendiquer le pouvoir même, pas seulement celui dans l’entreprise mais celui de toute la société. La rupture révolutionnaire contraint les ouvriers conscients à s’organiser, plus uniquement dans les syndicats (structures indispensables mais qui ne sont pas celles suffisantes pour la conquête du pouvoir) mais dans le Parti politique de la classe ouvrière.

La lutte ou les luttes actuelles, celles que l’on mène actuellement et celles qu’il va falloir mener dans les prochaines années aux vues du calendrier de Macron, ne pourront, à la lumière de ces derniers éclaircissements, n’apporter au mieux que des victoires sporadiques. Elles n’apporteront pas, parce que la classe ouvrière en France n’a pas opéré encore cette rupture révolutionnaire, le pouvoir à la classe ouvrière, seule issue qui permettra de mettre un terme à la misère, au chômage, à la barbarie, la guerre, aux problèmes du logement, etc.

Pau - Discours du 20 octobre 2017 Meeting contre les ordonnances XXL – 100 ans de la Révolution
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