Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

autoc.png

 

 

La JCML est l'organisation de jeunesse du ROC-ML

 

Pour nous contacter: jeunessemarxistepau@hotmail.fr

 

Musica



 

 

Vidéos

ROCML

RETROUVEZ NOUS SUR LE SITE OFFICIEL

DE NOTRE ORGANISATION :

 

LE SITE DU ROC ML : http://rocml.org/

 

 

 

 

 

 

Tags

20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 10:10

Komintern_1935.jpg 

 I.     DOCUMENTS :

UN PRECEDENT HISTORIQUE

 

 

 

 

POLEMIQUE ENTRE LE PARTI SOCIALISTE
ET LE PARTI COMMUNISTE
SUR LE MOT D’ORDRE DES NATIONALISATIONS.

 

 

Les communistes, dans leur grande majorité (pour ne pas dire plus), ne connaissent pas l’histoire du Parti Communiste Français, y compris parmi ceux qui en revendiquent l’héritage révolutionnaire.

Dans cet article, le ROCML  remet en mémoire quelques aspects ignorés ou occultés de cette histoire et en particulier la position du PCF sur les nationalisations, dans les années 1930. Les textes apportés donnent un éclairage sur la valeur de ce mot d’ordre que le PCF révisionniste mit au centre de son programme après la seconde guerre mondiale. Ce mot d’ordre, aujourd’hui relégué par ce parti, est maintenant ressorti  par des organisations qui déclarent avoir rompu avec le révisionnisme et qui se réclament pour certaines du marxisme-léninisme. Nous ajoutons ici quelques pièces destinées à éclairer et à approfondir le débat.

Voici un premier texte dont nous laissons au lecteur le soin d’en découvrir l’auteur :

 

« Le Parti … réclame le pouvoir :

Pour éliminer les grands monopoles capitalistes, pour en restituer le profit à la nation, pour en remettre la gestion aux travailleurs et aux usagers associés sous le contrôle de l’Etat.

Mines, dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère, au moment où les besoins de la France l’obligent à importer le tiers de sa consommation charbonnière ;

Assurances privées, dont la gestion collective avec le concours des agents et des assurés libèrerait l’Etat de la souveraineté d’une oligarchie de financiers et permettrait sans frais ni impôts d’assurer le fonctionnement d’un système général d’assurances couvrant les risque-y compris le chômage et les calamités agricoles ;

Grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, qui pillent le budget de l’Etat et soufflent sur les conflits mondiaux dont ils profitent ;

Transports, dont le fonctionnement anarchique coûte quatre milliards par ans à l’Etat ;

Crédit et banques pour :

Protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs,

Assurer la répartition rationnelle du crédit aujourd’hui soumis à la capricieuse dictature du capital financier,

Pour préserver enfin du chantage et de la souveraineté des puissances financières, l’indépendance de l’Etat républicain, de la presse et du suffrage universel. »  Fin de citation.

Voilà un discours que l’on croirait directement sorti du PCF des années 70 ou de l’URCF, PRCF, PCOF… des années 2010…

 

Hé bien, qu’on se détrompe et que l’on s’étonne ! Il s’agit d’une partie du rapport prononcé par Paul Faure, secrétaire national du Parti Socialiste, au trentième congrès national du Parti Socialiste en mai 1934. Référence : Paris, Librairie Populaire, 12 rue Feydau, 1934.

 

Et le PCF alors, il devait applaudir des deux mains ?...

 

Hé bien non, encore une fois, qu’on se détrompe et que l’on s’étonne !

 

 

Voilà comment ce programme du PS était traité dans les CAHIERS DU BOLCHEVISME :

 

« Que disent le plan de Toulouse et le plan de la CGT : ils préconisent notamment la nationalisation du crédit et des grandes entreprises industrielles, le contrôle et la direction des branches maîtresses de l’économie.

Dire que de telles mesures peuvent être l’œuvre d’un gouvernement formé dans le cadre du régime actuel, ne pas voir qu’il s’agit là des mesures fondamentales consacrant le passage du régime capitaliste au régime socialiste et que par conséquent la dictature du prolétariat  est la condition politique préalable, c’est commettre une grande erreur.

Nous pensons, toujours fidèle à la doctrine de Marx et de Lénine, que la socialisation des moyens de production et d’échange ne peut être que l’œuvre du pouvoir prolétarien instauré après une bataille victorieuse contre les forces du vieux régime.

Oh, nous connaissons les arguments des partisans de la méthode qu’on nous propose. Ils disent :« Nous savons très bien que la classe capitaliste opposera des résistances, mais nous sommes décidés alors à les briser par tous les moyens. » (alors est en italique dans le texte)

ALORS…, c’est-à-dire qu’on reconnaît en somme que l’heure de la guerre civile sonnera quand il s’agira d’imposer le plan.

Quelle garantie a-t-on de la victoire des travailleurs à ce moment ? Qui peut affirmer que les conditions du succès des exploités dans la guerre de classes seraient précisément réalisées au moment où, le gouvernement ayant été légalement occupé par des adversaires des privilèges, la bourgeoisie engagerait le combat ?

Toute la question est là. Il n’y a aucune raison  (et on ne peut citer aucun exemple historique à, cet égard) pour qu’un parallélisme existe, d’une part, entre l’accession au gouvernement d’hommes disposés à prendre des mesures socialistes, et d’autre part, la réalisation des conditions requises pour le triomphe du prolétariat dans la guerre civile. »

Fernand Fontenay

LES CAHIERS DU BOLCHEVISME, N° 13, 1er Juillet 1935.

 

 

Le PS pour les nationalisations, le PCF contre, ça devrait faire réfléchir, non ?

Dans un numéro précédent des CAHIERS DU BOLCHEVISME, l’un des dirigeants de l’Internationale Communiste, Clément GOTTWALD  avait démonté dans le détail l’illusion que représentent les nationalisations avant la prise du pouvoir par le prolétariat.

Voici cet article… qui laisse à penser que le PCF, à l’époque, a dû être « aidé » par l’Internationale Communiste pour engager la lutte contre cette mystification.

 

K. GOTTWALD

Ma réponse  aux socialistes français

Cahiers du Bolchevisme – Numéro 4

15 Février 1935

 

 

En novembre 1934, notre Parti frère, le Parti communiste français, a proposé au Parti socialiste un programme d'action du « front populaire du travail, de la paix et de la liberté ». La réponse du Parti socialiste fut très évasive. Je l'ai lue et voici comment j'aurais répondu aux social-démocrates français :

 

Voici quel est notre raisonnement : Parler de la « réali­sation progressive du socialisme » dans les limites du capita­lisme, tant que les capitalistes sont au pouvoir et disposent de tous les moyens de production, c'est une utopie.

(…) Nous doutons beaucoup de la justesse de cer­tains points de votre programme. Vous y parlez de la « nationa­lisation du crédit, des banques et des assurances ». Dans un autre point, vous promettez «l'ordre et la justice à la production par la socialisation des grands monopoles capitalistes, la propriété collective des grands moyens de production et d'échange qui mettra fin au règne du profit et à l'exploitation du travail sala­rié ». Comme vous ne mentionnez même pas dans votre projet le renversement de la bourgeoisie, il faut supposer que vous concevez toutes ces mesures dans le cadre du capitalisme, c'est-à-dire dans une situation où le pouvoir est aux mains de la bour­geoisie.

(…)

Supposons que l'État: capitaliste réalise la « nationalisa­tion » que vous proposez, soit, à,  vrai dire, l'étatisation des banques, des sociétés de crédit et des assurances. Dans ce cas, une question surgit immédiatement: Que deviendront les anciens actionnaires et propriétaires des banques, des établissements de crédit et des compagnies d'assurances ? Personne ne croira que l'Etat capitaliste est capable d'exproprier ces capitalistes. Ce qu'il fera tout au plus,  c'est leur acheter les établissements financiers « nationalisés » au comptant ou à crédit (souligné par nous).  En tout cas, l'Etat capitaliste ferait payer par les petits contribuables les frais d'une telle « nationalisation ». De sorte que le premier effet de cette « nationalisation » sera, avant tout, d'augmenter les impôts qui pèsent sur les grandes masses de la population. Ensuite, ad­mettons que les banques, les instituts de crédit et les compagnies d'assurances passent aux mains de l'Etat capitaliste, leur caractère capitaliste disparaîtra-t-il de ce fait ? Certes, non. Nous le voyons par l'exemple de l'Allemagne et de l'Autriche où la ma­jeure partie du capital-actions des grandes banques contrôlant la plupart des entreprises industrielles de ces pays est aux mains de l'Etat capitaliste. Or, il ne viendra jamais à l'idée de personne d'affirmer que la Deutsche Dikonts Bank de Berlin ou le Kre­ditanstalt sont des établissements socialistes. Pourquoi les Etats capitalistes autrichien et allemand ont-ils acheté la majorité des actions de ces banques ? Tout le monde le sait : simplement pour les « assainir » aux frais de l'Etat. Peut-on convaincre les mas­ses que précisément l'Etat capitaliste français pourrait ou vou­drait un jour «nationaliser » les banques dans un autre but que pour les « assainir » aux dépens des contribuables ? Cela signi­fie donc que la seconde conséquence d'une telle « nationalisa­tion » serait de rejeter sur les grandes masses des contribua­bles les pertes subies par les banques capitalistes.

Il en est de même pour la « socialisation des grands mono­poles-capitalistes », que vous proposez. Vous avez manifestement en vue l'étatisation de ces monopoles, leur transfert aux mains de l'Etat capitaliste. Mais, dans ce domaine, nous avons déjà une foule d'exemples â l'échelle internationale. Il existe des mono­poles d'Etat dans différents Etats : tabac, allumettes, sucre, pé­trole, alcool, etc. Quelle est la chose qui saute aux yeux en ce qui les concerne ? C'est que ces monopoles d'Etat spéculent sur les objets de grande consommation encore plus que les monopoles privés. La signification de ces monopoles d'Etat est en réalité celle-ci : ils permettent à l'Etat capitaliste de frapper les gran­des masses, avec plus de facilité et de commodité, d'impôts supplémentaires et indirects. Est-ce pour cela que nous devons nous battre en France ? Je doute qu'on puisse le proposer sérieusement aux travailleurs, aux paysans et aux artisans français.

Enfin, vous parlez de la a propriété collective des grands moyens de production et d'échange ». Là encore, nous ne pou­vons interpréter cela autrement que comme une proposition vi­sant l'étatisation des grandes entreprises et du commerce de gros. Nous nous voyons de nouveau dans l'obligation de croire que vous envisagez leur passage aux mains de l'Etat capitaliste, leur étatisation. De même que pour les banques, se pose la question d'une indemnisation des, anciens propriétaires de ces entreprises. Doivent-ils être indemnisés ou non? En se plaçant au point de vue de l'État capitaliste et dans les cadres du capitalisme, on ne peut faire autrement que répondre par l'affirmative â cette ques­tion, si on ne veut pas se leurrer soi-même et tromper les mas­ses travailleuses. Alors surgit la question : « Qui doit payer cette indemnité ? » Ii va de soi que ce ne sont pas les capitalistes puisque ce sont eux qui la recevront. De sorte que c'est la popu­lation travailleuse des villes et des campagnes qui doit acquitter la facture d'une telle « collectivisation » de la grande industrie et du commerce de gros. C'est un côté de la médaille inaccep­table, évidemment, pour les masses. Mais il y a encore l'autre côté. Les ouvriers et les employés se poseront, certes, cette ques­tion très pratique : Notre situation s'améliorera-t-elle, nos droits politiques seront-ils plus grands dans les grosses entreprises et maisons commerciales d'État que vous nous proposez ? Là en­core, c'est la pratique qui nous donne la meilleure réponse ? Par exemple, nous avons déjà en France des arsenaux de l'Etat, il y existe des chemins de fer de l'Etat, des fabriques de tabac, des mines, des forêts, des domaines, etc., appartenant à l'Etat. Or, la seule différence en ce qui concerne les conditions de travail dans ces entreprises et les entreprises privées, c'est que l'Etat refuse à ses salariés le droit de défendre leurs intérêts par la grève, -- moyen qu'ils ont la faculté d'employer dans leur lutte contre les patrons privés. Ne lutte-t-on pas précisément en France contre l'attaque gouvernementale visant le droit de grève et de coalition des fonctionnaires?  De sorte que conseiller aux ouvriers français de se battre pour l'étatisation des grandes en­treprises par l'Etat capitaliste cela revient à leur recommander de remplacer l'exploiteur individuel par l'exploiteur collectif. Non, les ouvriers français n'accepteront pas de pareilles choses. Ils ne tiennent nullement à tomber de Charybde en Scylla. Voilà en quoi votre projet de programme commun provoque princi­palement nos craintes et nos doutes. Si vous insistez sur la nécessité d'énumérer dans le programme d'action du « front populaire », sous forme de déclaration, les mesures les plus importantes que la classe ouvrière réalisera dans l'intérêt de tout le peuple travailleur lorsqu'elle sera devenue la classe diri­geante, c'est-à-dire lorsqu'elle aura conquis le pouvoir, alors nous sommes évidemment d'accord avec vous. Mais il aurait fallu en tout cas développer logiquement dans ce programme la pensée suivante :

En luttant pour la réalisation de toutes ces revendications pressantes des ouvriers, des paysans, le front unique du prolé­tariat déclare à toutes les couches travailleuses de la population qu'on ne peut garantir d'une façon certaine leur existence et leurs intérêts qu'en arrachant le pouvoir des mains de la bour­geoisie et qu'en instaurant le pouvoir de la classe ouvrière et des paysans travailleurs; sous la direction du prolétariat, et seuls les moyens révolutionnaires permettent de le réaliser. Une telle révolution aboutira à la création d'un gouvernement ouvrier et paysan qui s'appuiera sur les Soviets des ouvriers, des paysans, des artisans et des soldats et sur la force du prolétariat armé. Le gouvernement ouvrier et paysan expropriera sans indemnité toutes les banques et établissements financiers, mettra sous séquestre les comptes courants des riches, mais laissera intactes les épargnes des petits déposants. Le gouver­nement ouvrier et paysan expropriera sans indemnité toutes les fabriques, les usines et le commerce de gros, et en fera, selon leur importance, soit la propriété de l'Etat ouvrier, soit des mu­nicipalités, soit des coopératives ouvrières et paysannes, tout en laissant intacte la propriété privée des petits commerçants et artisans. Le gouvernement ouvrier et paysan expropriera sans aucune indemnité toutes les terres appartenant aux gros pro­priétaires et à l'Eglise et les distribuera gratuitement, avec l'ou­tillage, aux paysans travailleurs, tout en protégeant la propriété de ces derniers. Le gouvernement ouvrier et paysan annulera toutes les dettes des paysans travailleurs, des artisans et des petits commerçants envers les banques et les sociétés de crédit. Le gouvernement ouvrier et paysan réduira considérablement les impôts des paysans travailleurs, des artisans, etc. Nous pen­sons que c'est ainsi seulement que peut être posée, dans le pro­gramme d'action, la question de ce que fera la classe ouvrière immédiatement après la prise du pouvoir et que c'est ainsi seule­ment qu'on peut y répondre. »

 

 

 

 

 

         Il ne suffit pas d’affirmer avoir rompu avec le révisionnisme ou le réformisme. Des camarades communistes sincères qui ont rompu tardivement ou qui rompent actuellement avec le PCF social-démocratisé n’ont pas complètement analysé les causes idéologiques qui ont mené le PCF hors de la voie révolutionnaire. Ils en reproduisent aujourd’hui les fautes politiques.

 

Le ROCML considère que la lutte de principe contre ces vestiges de la social-démocratie et du révisionnisme est une de ses contributions principales à la construction d’un véritable parti communiste marxiste-léniniste en France.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by La Jeunesse Marxiste de Pau - dans Travail historique et théorique
commenter cet article

commentaires