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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 18:26

 

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Aujourd’hui, vendredi 18 juin 2010, l’Etat français fête en grande pompe le 70ème anniversaire de l’appel du Général de Gaulle à Londres. Cet appel fait la Une de tous nos médias ; télés, journaux, radios, internet…etc. On nous présente le Général comme un défenseur de la République française écrasée par l’armée nazi et l’armistice du gouvernement de Pétain. En gros De Gaulle serait « le sauveur de la France », « l’inventeur de la Résistance » !

Qu’en est il vraiment dans son appel du 18 juin ? De Gaulle enlève la responsabilité de la défaite des élites en prétendant que c’est la faute du gouvernement formé par les chefs des armées françaises. Pourtant le gouvernement de Pétain a été légalement élu  par le parlement de la IIIème République.


Le Général prétend que l’armée allemande par sa supériorité a « surpris » l’armée française. Comment un homme aussi haut placé dans l’Etat major peut il prétendre qu’on ne connaissait pas la menace allemande et son réarmement ? Depuis l’arrivée des Nazis au pouvoir, le Reich n’a fait que mener une politique de réarmement et d’agression à l’égard de ses voisins. Le danger extérieur était réel mais les politiques et journalistes à la solde de la grande bourgeoisie française, du Comité des Forges préféraient plutôt que de mener une politique de défense nationale et d’alliance extérieure s’en prendre au soit disant « danger intérieur », à la menace communiste. Leur lutte anticommuniste les poussait à délaisser la défense face au fascisme : abandon de la république espagnole, financement des mouvements fascistes français, allemands et italiens… Face à la crise et un mouvement ouvrier qui avait pris conscience de lui-même avec le Front populaire, le gouvernement et le patronat étaient conduits à choisir le fascisme, et à trahir leurs propres institutions, c’est qu’on nomme le choix de la défaite et c’est ce qui conduit à l’arrivé du fascisme français teinté au couleur de Vichy. Durant cette période, le PCF n’avait pas arrêté de dénoncer les menaces d’agressions fascistes et le réarmement allemand.

De même, les élites françaises avaient refusé dans les années trente un accord militaire avec l’URSS contre l’Allemagne nazie. Ce refus de s’opposer au Reich a conduit la France à signer les pitoyables accords de Munich laissant la démocratie tchécoslovaque aux mains d’Hitler et a aussi laissé l’URSS signer un pacte de non agression avec l’Allemagne parce que la France et l’Angleterre ne voulaient pas d’une alliance militaire.

La France d’avant guerre, c’est aussi une France qui se méfie de l’arrivée des juifs d’Europe de l’Est, c’est la France qui a construit le camps de Gurs contre les indésirables républicains espagnols…

Cet appel du 18 juin affirme aussi que la France de la résistance peut compter sur le soutien de l’empire britannique et sur « l’immense industrie des Etats-Unis ». De Gaulle montre qu’il a choisit le camp d’un impérialisme différent, qui certes n’utilise pas le fascisme sur ses populations. L’empire britannique n’a pas reconnu De Gaulle chef français pour rien le 22 juin 1940. Churchill avait bien compris que l’Allemagne nazie allait menaçait ses intérêts économiques, notamment dans ses colonies, et rêvait aussi grâce à De Gaulle de mettre la main sur la France. 


Enfin l’appel du Général n’appelle pas le peuple de France à la résistance mais seulement « les officiers et soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou viendrait à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver à se mettre en rapport avec moi ». Il s’agit donc d’appeler les spécialistes de guerre, mais ce n’est en aucune façon un appel populaire à la défense des travailleurs face aux restrictions, aux difficultés que va entraîner l’occupation. De Gaulle n’a d’ailleurs jamais appelé les travailleurs de France à prendre les armes avant le débarquement allié. …Au contraire, il a dénoncé les résistants qui ont osé utiliser la tactique de guérilla pour résister aux allemands. Il s’est opposé à la tactique préconisée par le Parti communiste qui a créé le Front national et les groupes de résistance armée, les Francs Tireurs Partisans. 


D’ailleurs, le Parti communiste est la seule grande force intérieure qui ait résisté face à l’occupant et aux collabos. Son appel est lancé par Charles Tillon le 17 juin 1940. Appelant à « un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses », et à l’action des masses, il est le premier à appeler le peuple travailleur à la Résistance. Le Parti communiste était déjà dans la clandestinité depuis septembre 39, date à laquelle Daladier l’a dissous pour « trahison nationale », alors qu’il avait été bien seul auparavant à défendre une ligne antifasciste. Les communistes ont payé un lourd tribu dans cette lutte antifasciste en Europe et dans le monde entier : des milliers de communistes ont été fusillé par l’occupant ou les collabos pour leurs actions de résistance. Les communistes ont mené la Libération du Sud Est de la France, libérant par leurs propres forces Carcassonne, Toulouse, ils ont lancé l’insurrection de Paris. Et contre cela, le gaullisme s’est fait connaître dans l’action par son attentisme vis-à-vis des Etats-Unis et britanniques.


Cet appel du 18 juin n’est pour nous communistes, et pour tous les travailleurs qui subissent l’exploitation qu’un appel de la frange la plus à gauche de l’armée et la frange pro britannique de la bourgeoisie. Le véritable appel populaire est lancé le 17 juin 40, le 10 juillet 40 avec la résistance intérieure et les Francs Tireurs Partisans.


De Gaulle représente donc une frange de la bourgeoisie qui n’a pas intérêt à l’occupation allemande mais qui avait pourtant au départ préconisé « un gouvernement fort », fasciste, pour sortir de la crise économique et écraser un mouvement ouvrier qui pouvait trop revendiquer. Issu d’une famille ultra réactionnaire, De Gaulle allait retrouver au fil des années de résistance à Londres les forces sociales de son milieu, ces forces qui étaient poussaient par « leur instant grégaire (…) à s’unir contre les forces révolutionnaires qui, chaque jour se montraient plus actives dans la métropole. »  Et il n’est pas étonnant non plus que nombre de ces personnes soient d’anciens vichystes ou pétainistes qui se sont ralliées à De Gaulle soient ensuite rassemblés dans le mouvement Gaulliste, le RPF : « on peut se demander si les Vichystes ne se rallièrent pas en si grand nombre parce que De Gaulle, tout en représentant la carte gagnante, était, socialement parlant, « de leur espèce » »  . Ces anciens opportunistes voyaient donc en lui un homme d’ordre qui allait restaurer les mêmes formes d’organisation qui, en période de crise, avaient emmené le pays au fascisme : à savoir le système capitaliste et ses institutions. Le problème n’était donc pas réglé et ne l’est d’ailleurs toujours pas aujourd’hui.

Nous communistes, nous ne reconnaissons pas dans l’Appel du 18 juin un appel pour les classes populaires à lutter contre l’occupant et les fascistes ; nous reconnaissons l’appel du 17 juin et la lutte intérieure sous l’égide du Parti des fusillés ! Mais nous en soulignons les limites et nous posons des questions : pourquoi le PC a-t-il rejoint le CNR et a-t-il reconnu De Gaulle ?


La cellule du ROC ML de Pau et la cellule JCML de Pau

 

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Published by La Jeunesse Marxiste de Pau - dans Travail historique et théorique
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