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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 09:32

LES GUERRES DE LA FRANCE EN AFRIQUE ONT UN BUT : MAINTENIR LE CONTROLE SUR LES RESSOURCES, LES ZONES GEOSTRATEGIQUE ET L’ECONOMIE AFRICAINE

 

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La Côte d’Ivoire, un pré-carré français

 

Ce pays est une ancienne colonie française qui n’a jamais brisé ses liens avec son ancienne métropole. Malgré une indépendance proclamée, les liens économiques par la présence extraordinaire d’entreprises françaises dans les secteurs stratégiques, les liens politiques, par le poids des conseillers français dans l’administration ivoirienne, les liens militaires par la présence de troupes françaises ou la formation par des français des cadres militaires ivoiriens démontrent que ce pays est resté et reste sous la domination de la France à tous point de vue. L’intervention française de

2011 est caractéristique de la volonté de ne pas laisser glisser sa domination. Nous sommes loin d’une intervention humaniste, pour rétablir la démocratie comme le ressassent les médias.

 

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Un héritage historique

 

De l’indépendance aux débuts des années 90’, le pays est dirigé par Houphouët-Boigny un dirigeant profrançais qui veille à préserver la domination française sur cette « République du Cacao » qui exporte en majorité vers l’Europe ses produits agricoles alors que le territoire national est parmi les plus pauvres du monde, au 168ème rang en terme de « développement humain », malgré ses richesses agricoles, son accès à la mer.

Les entreprises françaises sont clairement une cause de la pauvreté de ce pays, 600 entreprises sont présentes au total en Côte d’Ivoire et elles représentent 1/3 du PIB ivoirien, 50 % de ses recettes fiscales. La France est le premier partenaire économique du pays. Toute la vie économique des ivoiriens est dominée par la bourgeoisie française et ses grandes compagnies dans le domaine agricole, du BTP, du pétrole : on peut lister ces compagnies très présentes :  Bouygues par exemple dirige la Compagnie ivoirienne d’électricité, France Télécom dirige Côte d’Ivoire Télécom, Total-Elf la société ivoirienne de raffinage, tout le monde connait le rôle prédateur de ces monopoles, Bolloré, l’ami personnel de l’ancien président, contrôle les transports et la logistique de Côte d’Ivoire dont le port d’Abidjan, les voies ferrées, etc. Il réalise d’ailleurs 80 % de ses profits en Afrique.

Ce poids économique de la France en relation avec sa présence militaire ont permis de maintenir sa domination politique sur ce pays. Le peuple ivoirien n’est pas libre car sa souveraineté économique est accaparée par la France. Même les services publics ivoiriens privatisés par le biais de l’asservissant FMI sont passés sous la coupe d’entreprises françaises (Martin Bouygues !). Oui la France se sert des instances internationales pour opprimer les pays sous sa coupe.

Tant que ce pouvoir n’est pas remis en cause, l’exploitation et le pillage se font pacifiquement. Lorsqu’il y a des remises en causes, il faut songer à l’intervention militaire : deux choses peuvent pousser à ça : 1) la concurrence d’autres puissances qui veulent s’implanter 2) la remise en cause par le peuple qui veut prendre en main sa souveraineté.

 Dans le cas de la côte d’ivoire, c’est la concurrence d’autres pays et notamment de la Chine qui amène à remettre au pouvoir des hommes plus soumis.

 

 

Le pouvoir de Gbagbo cédait aux sirènes des pays émergents

 

Gbagbo qui devient président dans les années 2000 ne remet pas en cause véritablement les entreprises françaises même s’il cherche plus d’autonomie se vendant au plus offrant. Les pays qui en profitent sont les pays émergents comme la Chine, l’Inde, nouvelles puissances impérialistes qui rivalisent avec la France en Afrique.

 

Gbagbo avoue cette stratégie dans un entretien au Figaro : « Aujourd'hui, il est plus facile de discuter avec la Chine, l'Inde ou l'Iran pour l'industrie, et avec les pays arabes pour les prêts. Nous construisons l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro avec des prêts de la Banque islamique de développement et de la Banque arabe pour le développement en Afrique ».

 

        Durant les dix années de pouvoir, les impérialistes français s’accommodent de Gbagbo en le sauvant d’une tentative de coup d’Etat mais font face à des révoltes antifrançaises qui reçoivent la complicité du pouvoir.

        Les élections de 2010 sont l’occasion rêvée pour la France de placer un de ses hommes de confiance à la tête du pays. Gbagbo a beau être nommé vainqueur, la France se sert de l’ONU prétextant la défense des populations civiles (c’est toujours l’argument aux interventions) pour détruire le matériel de l’armée ivoirienne, capturer Gbagbo, et placer Ouattara au pouvoir. Ce dernier a des relations de longue date avec la France, ami d’Omar Bongo, l’homme des français et de Martin Bouygues.

                                                                                     

 

Le rétablissement d’un pouvoir pro-français et le renforcement de la domination économique, politique et militaire de la France

 

La guerre menée par la France qui attise depuis une dizaine d’années les tensions sur ce pays, finançant les rebelles, utilisant ses troupes, a fini par rétablir le pouvoir qui lui commençait à lui échapper sur son ex-empire. L’ancien porte parole de l’armée française lève d’ailleurs le silence à ce sujet : il dit : « c’est une guerre qui est larvée (…) on était dans une situation de crise tendue pendant une dizaine d’années et qui s’est concrétisée en quelque sorte en 2010 ».

    Aujourd’hui, le développement des monopoles français a repris et la domination française s’est renforcée contre le peuple ivoirien. La guerre ne les a pas fait partir, au contraire. Ouattara a mené des réformes allant dans le bon sens des multinationales françaises :

il a dédommagé les entreprises françaises pour les émeutes de 2004 de 10 millions d’euros,

Il accorde des contrats pharamineux aux entreprises françaises : dernièrement le groupe Louis Dreyfus a obtenu 100 à 200 000 ha pour cultiver des plantations à base d’OGM

Son Etat est organisé en fonction des intérêts du capitalisme français : des conseillers et experts, hauts fonctionnaires français sont présents en Côte d’Ivoire pour réformer les structures de l’Etat, former les cadres militaires et policiers du pays. Après avoir détruit l’armée, l’Etat, on la reconstruit à notre botte.

Passage de contrats de désendettement : la dette que la Côte d’Ivoire doit à la France est épongée par des contrats aux entreprises françaises : accentuant encore plus la dépendance économique du pays.

 

Servir les intérêts des impérialistes français

 

Cette intervention militaire comme les autres avait un intérêt géostratégique, rétablir la domination française sur un territoire où elle était remise en cause par de nouveaux concurrents. Face à la pression de la crise économique, la France cherche à s’approprier des matières premières et des débouchés. Cette intervention comme les autre sème le sang, la misère et la famine. L’Afrique est pourtant un continent de richesse, mais son pillage par la France empêche tout développement. Nous avons organisé des actions lors de ces guerres pour réclamer le retrait des troupes françaises, pour dénoncer l’ONU complice, la CEDEAO comme outil d’asservissement, d’armée sous traitante de la France. Pour nous l’émancipation ivoirienne réside dans la capacité du peuple ivoirien à se détacher de la pieuvre impérialiste, particulièrement de la France.

 

Laissons encore une fois la parole à l’ancien porte parole de l’armée française qui résume bien la situation : « la Françafrique, ceux qui disent qu’elle a disparu, ce sont des menteurs. La Françafrique a sans doute changé de visage entre les années 60, en particulier au moment de la décolonisation, et les années 2000. Mais la Françafrique est toujours là. Elle est omniprésente. Elle s’appelle des noms des grandes entreprises qui ont pignon sur rue ».

 

Le Mali : déstabilisé et envahi par la France

 

 

 

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La guerre menée par la France au Mali est une conséquence de celle menée en Libye. Hollande et sa clique prétendent combattre le terrorisme islamiste mais en vérité ils combattent les troupes avec qui ils étaient alliés et qu’ils ont armé en Libye contre Kadhafi. Ils arment les islamistes d’un côté : en Libye et en Syrie,  et ils les combattent de l’autre côté au Mali. Il n’y a donc aucune cohérence dans la lutte contre l’islamisme radical. En vérité, ce soit disant combat contre le terrorisme est un prétexte pour contrôler des zones géostratégiques, s’accaparer les ressources du sous-sol saharien.

 

Le gouvernement et les partis politiques de droite comme de gauche avec le soutien des grands médias aux mains du capital mènent une propagande féroce pour nous faire accepter cette guerre.

 

D’abord, ils diabolisent l’adversaire

 

La France combattrait les méchants et serait du côté du bien : l’ennemi est le terrorisme, tant pis si cet ennemi est notre amie en Syrie et en Libye.

En réalité, ce n’est pas un problème de gentils contre les méchants: il existe en Afrique des rivalités entre grandes puissances : la France est mise à mal dans sa domination par de nouveaux concurrents : la Chine on l’a vu en Côte d’Ivoire, mais aussi par les USA dans certaines régions.

Il semblerait que les USA agissent au Mali par le biais du Qatar qui a formé des forces spéciales contre la Libye qui se trouvent maintenant au Nord Mali pour aider les islamistes touaregs. Ça expliquerait aussi les reproches de la France aux USA pour son manque d’implication et d’empressement à soutenir logistiquement l’armée française.

Si le Mali est aujourd’hui en crise c’est en grande partie du à la France : c’est elle qui corrompt nombre de dirigeants maliens pour maintenir sa domination économique et géostratégique sur la région. Pour mieux régner et mieux intervenir aujourd’hui, elle attise les divisions internes aux maliens : c’est la stratégie du diviser pour mieux régner : d’un côté elle se porte soit disant au secours du gouvernement malien, de l’autre elle soutient les mouvement séparatistes touaregs comme le MNLA.

 

En vérité la France n’agit pas dans cette région pour la paix, le développement du Mali mais simplement pour le contrôle des ressources.

 

L’objectif de la propagande des médias est de cacher les intérêts de la France au Mali.

 

François Hollande prétend que la France agit sans intérêt au Mali. Pourquoi alors les forces spéciales protègent directement les mines d’uranium d’Areva au Niger qui se situent tout près de la frontière Nord du Mali ? En vérité cette intervention cherche à faire main basse des ressources qui se situent au sous-sol dans l’intérêt des grandes multinationales françaises : Areva en tête puisque l’uranium de cette région est indispensable à la France pour faire tourner ses centrales nucléaires. Hollande poursuit donc bien la politique de Sarkozy qui disait de manière plus crue mais réaliste : « il y a le monde à conquérir en matière d’énergie ».

Au Mali même, les firmes françaises ne sont pas aussi présentes qu’en Côte d’Ivoire malgré la présence d’Orange, de BNP Paribas. Le Mali est surtout une zone géostratégique pour la France car d’une part, il produit de l’or et on y a trouvé de l’uranium dans son sous-sol, encore non-exploité, et d’autre part, le Mali se situe au carrefour de pays où la France est très présente : avec la Mauritanie où Total exploite le pétrole, en Algérie qui est premier partenaire commercial de la France, en Côte d’Ivoire, nous avons vu pourquoi, et au Niger qui fournit plus du 1/3 d’uranium aux centrales nucléaires françaises.

 

En intervenant au Mali, la France sécurise la zone mais ne vient en aucun cas au secours des populations maliennes. Durant la colonisation et après, la France n’a jamais apporté son aide ou de la solidarité avec le peuple Malien qui est parmi les plus pauvres du monde, juste devant son voisin le Niger pourtant ultra riche en uranium. Le pillage par l’impérialisme français affame les populations et cette guerre soit disant contre le terrorisme n’est que le dernier avatar de l’asservissement des peuples africains.

 

Les médias français essaient pourtant de présenter Hollande et la France comme l’ami du peuple malien

 

 

Il s’agit là d’une contre-vérité absolue. La France a colonisé, mis à feu et à sang le Mali, a exploité sa population. Au moment de son indépendance, le Mali a essayé de briser ses liens avec la France. Mobito Keita premier dirigeant malien a été renversé par De Gaulle et remplacé par un dictateur au service des grandes compagnies françaises. De nombreux dirigeants anti-coloniaux et anti-impérialistes maliens ont été assassinés par les services spéciaux français. Dans cette guerre la France se présente comme l’ami du Mali, en vérité elle n’a pas le droit de se dire l’ami du peuple malien qu’elle a humilié hier et qu’elle continue à humilier aujourd’hui.

 

Les médias essaient de mettre en avant le rôle militaire de la CEDEAO : mais cette organisation n’est qu’une marionnette au service des intérêts français : les pays qui envoient des troupes au Mali sont dirigés par des dictateurs au service de la France : Idriss Déby pour le Tchad, Ouattarra pour la CI… Ils sont donc uniquement là pour servir les intérêts français. D’ailleurs ces troupes sont sous commandement de l’état major français.

 

Avec cette intervention, le Mali va encore rester à genou un bon bout de temps, exit sa souveraineté populaire, sa capacité à se diriger à contrôler ses ressources, son économie, puisque cette conquête va servir à sécuriser cette région stratégique afin de stabiliser les profits de multinationales françaises faisant face à la crise économique et à la concurrence des monopoles des grandes puissances.

 

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Les médias ne mettent jamais en avant les buts réels de cette guerre. Ils se contentent plutôt d’inviter des gens qui sont tous d’accord pour soutenir la guerre et mentir à la télévision, des africains qui viennent nous vanter les bienfaits de l’intervention comme au temps des colonies et de la Françafrique.

 

On étouffe bien entendu les manifestations populaires à Bamako contre l’intervention française ou la campagne lancée en Europe par l’ancienne ministre malienne de la culture Aminata Traoré. Le gouvernement lui a par exemple interdit de venir en France.

 

Pour son courage et puisque la France lui interdit sa présence, nous lui laissons le mot de la fin : elle dit ceci de la guerre au Mali : « la guerre qui a été imposée aujourd’hui au Mali n’est pas une guerre de libération nationale du peuple malien mais une guerre de pillage des ressources. Je regrette que nombre de militants se trompent de défi en soutenant une guerre qui est une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale ».

 

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Vershave X., La Françafrique, Silence noir.

Peillon, ancien porte parole de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, Le nouveau courrier, 17/12/12.

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Published by La Jeunesse Marxiste de Pau - dans ROC ML
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