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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 09:25

Libye, Syrie : La conquête du Moyen-Orient par les vieilles puissances impérialistes

 

 

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La Syrie 

 

 

 


La Syrie est un pays du Proche-Orient de 22,5 millions d'habitants qui occupe une position de carrefour. Suite à la décomposition de l'empire Ottoman au lendemain de la 1ere guerre mondiale, il a été placé sous mandat français jusqu'à son indépendance en 1946. C'est une mosaïque ethnique et confessionnelle:

 

-90% d'arabes, 9% de kurdes et 1% d'arméniens.

 

-70% de sunnites, 3% de chiites, 13% d'alaouites, 9% de chrétiens, 3% de druzes.

 

La communauté des alaouites, considérée comme hérétique par les autres courants musulmans, est l'ethnie dominante du pays et tient les postes clés. La famille Assad, qui tient le pouvoir depuis les années 1970 en est membre. La division entre alaouites et le reste de la population syrienne a été accentué durant la période coloniale. Les Français, pour contrer le nationalisme arabe ont particulièrement favorisé les alaouites et les ont convaincu qu'ils constituaient un groupe ethnique à part.

 

C'est un pays encore rural où l'agriculture réalise une part importante du PIB (23% pour 15% des actifs) mais qui dispose néanmoins de gisements d'hydrocarbures et d'un secteur manufacturier non négligeable dans le domaine du textile.

 

 

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Le pays a connu une vague de libéralisation économique lancée sous la présidence de Bashar al-Assad, le PIB ayant plus que doublé en 5 ans et le taux de croissance s'élevant autour de 4%. La libéralisation a eu aussi pour conséquence d'accroitre les disparités et les inégalités socio-économiques entre les territoires: le dynamisme des grandes villes contraste avec la pauvreté des régions rurales qui n'ont pas bénéficié du développement économique. Or ce sont ces territoires qui sont principalement peuplés par les sunnites. Ce n'est pas pour rien que la contestation a démarré le 15 mars 2011 à Deraa, ville agricole oubliée de la libéralisation de l'économie, pour ensuite se propager aux banlieues défavorisées.

 

Car il ne faut pas être complotiste à outrance, il y a eu depuis plusieurs années une véritable opposition au pouvoir baasiste de Bachar el Assad qui a été confronté à un réel mouvement populaire revendicatif qui s'opposait aux réformes économiques et qui exprimait des revendications sociales et démocratiques. Conscient des manœuvres de récupération, ce mouvement a toujours affirmé son orientation anti-impérialiste. Dans cette configuration, les impérialistes occidentaux ont alors impulsé sur des bases ethniques et religieuses une rébellion armée.

 

Les mouvements étaient au début pacifiques, ensuite certains se transformèrent en mouvements armés, qui ont reçu le soutien sur une vaste échelle de l'alliance qui a émergé comprenant les USA, la Turquie, le Qatar et l'Arabie Saoudite. La Turquie a occupé la frontière existante avec la Syrie, pour aider la contrebande des armes, l'entrée de milliers de mercenaires se nommant eux-mêmes Jihadistes. Ils ont instauré des camps pour l'entraînement de leurs soutiens et de leurs alliés. Ensuite, les prétendus groupes djihadistes ont agi pour détruire l'économie syrienne : Les stations génératrices d'électricité ont été dynamitées, les câbles des réseaux aériens transportant l'électricité ont été sabotés, les puits de pétrole ont été incendiés, les tankers transportant le pétrole ont été brûlés. Des milliers de tonnes d'acier ont été dérobés et passés en contrebande en Turquie. Environ un millier d'usines et ateliers à Alep ont été pillés. Les machines appartenant à ces usines ont été vendus en Turquie à de bas prix sous la forme d'accessoires, les projets d'irrigation et également les centres d'élevage des animaux  ont été attaqués, les routes reliant les villes et les cités entre elles à travers la Syrie ont été fermées ; les centres de santé, les écoles et les universités ont été ciblées.

Plus encore le peuple Syrien doit payer un très lourd prix, des dizaines de milliers de civils ont été tués. Aujourd'hui la Syrie est exposée à une catastrophe humaine. Environ trois millions de citoyens Syriens ont fui leurs domiciles et deviennent des réfugiés constamment déplacés dans les pays voisins vivant dans des conditions misérables incroyables et ils ont des besoins en nourriture et médicaments

 

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Pourquoi un tel acharnement contre la Syrie?

 

La Syrie se retrouve en plein milieu de l'œil du cyclone qu'est l'affrontement impitoyable que se livrent les puissances impérialistes pour le contrôle des ressources, des axes stratégiques et des débouchés pour leurs monopoles. Pour les vieux pays impérialistes menacés par l'émergence des BRICS, qui constituent de nouveaux pays impérialistes, le seul moyen de perpétuer leur hégémonie c'est parfois de recourir au pillage et à la guerre. Aujourd'hui ils ont jeté leur dévolu sur la Syrie et, s'appuyant sur la contestation intérieure qu'ils ont complètement dévoyé, lui font la guerre pour l'instant par procuration (leur affidés, la Turquie et les pétromonarchies armant généreusement des bandes de mercenaires), préparant la voie à une intervention de plus grande ampleur.

 

Car la chute du régime Assad présenterait de nombreux avantages pour les rapaces impérialistes. La Syrie est un enjeu stratégique majeur pour l'acheminement du pétrole et du gaz du Moyen-Orient à destination de l'Europe. Faire transiter le pétrole du Moyen Orient par voie terrestre depuis la Syrie permettrait d'acheminer ces ressources à moindre coup et à moindre risque et d'éviter aux tankers et méthaniers le détroit d'Ormuz qui est sous la menace de l'Iran. Du même coup l'Iran perdrait un de ses alliés les plus précieux dans la région ainsi qu'un moyen de pression contre les visées expansionnistes d'Israël et des pays occidentaux. Après la Libye, la stratégie impérialiste occidentale associée aux buts colonialistes de l’Etat sioniste d’Israël se porte aujourd’hui sur l’Iran et la Syrie. Ces pays sont les deux derniers obstacles à leur contrôle du Proche et Moyen Orient. L’agenda impérialiste vise d’abord à soumettre la Syrie avant de s’en prendre à l’Iran.

 

Quand à ceux qui refusent de voir la situation en face qu'ils méditent cette citation de l'universitaire palestinien Joseph Massad: « Ceux qui voient la lutte populaire syrienne pour la démocratie déjà détournée par ces forces impérialistes et pro-impérialistes à l'intérieur et l'extérieur de la Syrie comprennent qu'une continuation de la révolte amènera un unique résultat, qui n'est pas démocratique, à savoir un régime imposé par les USA, docile et répressif comme en Irak et Libye. Si c'est pour cela que luttent les manifestants syriens, qu'ils poursuivent leur insurrection ; si tel n'est pas leur but, alors il leur faut accepter la très difficile conclusion qu'ils ont été effectivement défaits, non pas par l'épouvantable répression de leur dictature à laquelle ils ont vaillamment résisté, mais par les forces internationales qui se vouent autant que le régime syrien à dénier aux Syriens la démocratie qu'ils méritent tant. »

 

Le ROCML soutient le mouvement ouvrier et populaire syrien. Mouvement qui lutte pour ses revendications sociales et politiques. Mouvement qui s’oppose aux manœuvres réactionnaires intérieures et appelle le peuple syrien à se mobiliser et à s’unir contre l’agression impérialiste qui se prépare contre son pays.

 

 


 

 La Libye

 

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Toutes les guerres impérialistes commencent par une campagne de désinformation (le cas le plus connu est celui de l'Irak en 2003) . La fait que Kadhafi aurait bombardé son propre peuple était une info bidon. La chaîne Aldjaazira a même été (selon des sources) jusqu'à tourner des scènes de guerre en studio au Qatar avec des décors et des figurants. Dans tous les cas le CNT a confirmé que des informations fausses ont été propagé mais c'était soi disant pour démoraliser l'adversaire. On a donc trompé l'opinion pour avoir un prétexte afin d’intervenir militairement car en réalité on voulait voler le pétrole et les ressources du pays et non pas installer la démocratie.

 

Quant aux insurgés ils ne représentaient qu'une part infime de la population au contraire de la Tunisie et de l'Egypte où le peuple était unanime pour se débarrasser de tyrans détestés. Ici on est devant une insurrection minoritaire (surtout localisé dans l'est du pays, ancien bastion de la monarchie libyenne et repaire des islamistes) qui si elle n'avait pas été armée, encadrée, renforcée par des mercenaires et soutenue par les bombardements de l'OTAN n'aurait jamais pu s'emparer du pouvoir. Le soutien n'était pas que terrestre, l'Italie en rivalité commerciale avec la France et mécontente de l'intervention a « balancé » la présence sur le terrain des services secrets français.

 

Alain Juppé a affirmé que la guerre en Libye était « un investissement sur l'avenir ». Dès la chute de Tripoli les puissances européennes comme des vautours se sont jetées sur la dépouille libyenne pour se partager les contrats de reconstruction (le MEDEF les a évalué à 200 milliards de dollars) et le gâteau du pétrole: la France, en première ligne s'est taillé la part du lion avec 35% du pétrole.

 

Quant au respect de la légalité internationale l'ONU a encore montré, s'il fallait encore le monter, quelle n'était qu'une tribune pour les grandes puissances impérialistes et une farce démocratique. La résolution 1973 prévoyait :

un cessez le feu, on a largué des tonnes de bombes (qui ont fait 60 000 victimes soit 1000 fois plus que la répression de Kadhafi).

un embargo sur les armes, on a livré des armes (dont une partie, ironie de l'histoire a servi aux groupes islamistes au Mali),

une zone d'exclusion aérienne, l'OTAN l'a utilisé comme bon lui semblait.

une interdiction d'intervenir au sol, on l'a fait.

 

 

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Pour se rendre compte de la nature de cette intervention il faut avoir en tête la situation actuelle de la Libye (dont les médias ne nous parlent plus étant curieusement focalisés sur le Mali ou la Syrie). C'est le chaos généralisé, il n'y a pas de pouvoir central, le pouvoir est aux mains des milices armées, des seigneurs de guerres et des tribus. Ces milices ont même tenté récemment de prendre d'assaut le ministère des affaires étrangères et de l'intérieur à Tripoli. Dans cette situation d'anarchie les multinationales et les impérialistes se disputent les juteux contrats de la reconstruction et surtout le pétrole:

La qualité du pétrole extrait en Libye - quatrième producteur africain - est l'une des meilleures au monde et présente l’avantage d’être proche de l’Europe. Avant le début de la guerre civile, la Libye produisait 1,6 million de barils de pétrole (elle a même atteint 3,2 millions avant les embargos occidentaux), contre 350 000 au 21 octobre. 79% de la production Libyenne est exportée vers l’Europe.

Les principaux protagonistes du marché sont dans l’ordre: ENI (Italie), Wintershall (filiale de l’allemand BASF), CNPC (Chine), Total et Repsol (Espagne).

Le marché de la reconstruction de la Lybie, estimé à plus de 200 milliards $, fait l’objet d’une concurrence exacerbée entre les grandes puissances et les émergents d’autant plus que le 4eme producteur de pétrole en Afrique dispose d’un stock d’actif financier et de liquidités évalués à près 170 milliards $ qui peuvent servir de garanties pour les exportateurs ou à financer directement le programmes de reconstruction.

 

Par exemple, l’Allemagne traditionnellement présente en Libye dans les secteurs de l’énergie, du transport, des infrastructures et des machines industrielles, a centré son plan de reconquête du marché libyen sur la réputation de ses produits et services et sur les instruments de garanties financières. Les entreprises françaises espèrent aussi une part considérable du marché de la reconstruction en raison du rôle moteur de la France dans la coalition militaire et politique qui a défait le régime Kadhafi. Le Medef, patronat français a réuni plus de 400 entreprises pour définir un plan de conquête.

 

Sans titre 

 

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Published by La Jeunesse Marxiste de Pau - dans monde arabe
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