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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:30

Avec la fermeture anticipée/précipitée des bourses de Shanghai et Shenzhen pour cause de chute brutale des indices, la situation financière chinoise a récemment fait l’actualité, ravivant le spectre d'une panique bancaire, voire d'une déstabilisation économique mondiale. Depuis plusieurs mois, il est régulièrement question d'une "crise" de l'économie chinoise. Quel est le sens de cette "crise" ? L’économiste Mylène Gaulard propose ici une interprétation attentive aux spécificités chinoises, tout en les réinscrivant dans les contradictions génériques du développement capitaliste.

 

En 2014, la croissance économique chinoise atteignait son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, le pays étant confronté à un ralentissement indéniable depuis 2011 (Figure 1). Certes, un taux de croissance du PIB de 7,4% n’en est pas moins un excellent résultat relativement à ce qui est observé en Europe et aux États-Unis depuis la crise de 2008, avec par exemple une croissance française qui n’a pas dépassé les 2% depuis 2007. Mais la situation est sans doute bien plus grave, les données chinoises étant sans doute surévaluées, avec une croissance réelle de 2% en 2014 estimée par l’économiste Patrick Artus à partir de l’évolution des importations, de la production d’électricité et du fret1. Plus profondément, cette conjoncture reflète les difficultés structurelles de l’économie chinoise, qui pourraient remettre durablement en question le rattrapage économique de ce pays, et l’entraîner dans une profonde récession impliquant une sérieuse dégradation des conditions de vie de la majorité du peuple chinois.

 

Figure 1 : Taux de croissance du PIB en Chine, en %

 

Source : Banque mondiale, World Development Indicators

 

Il est incontestable qu’une crise majeure se produit en Chine. L’éclatement des bulles financières et immobilières, entraînant avec lui une grande partie du secteur bancaire, remet en question les analyses très optimistes que de nombreux économistes faisaient jusqu’à présent de l’économie chinoise. Après avoir rappelé dans cet article les faits marquants de ces deux dernières années, nous expliquerons les difficultés rencontrées, qui pourraient encore apparaître à certains comme purement conjoncturelles, par des faiblesses structurelles majeures très similaires à celles étudiées et théorisées au 19ème siècle par Karl Marx pour les économies capitalistes.

 

Depuis le mois de juin 2015, les bourses de Shanghai et Shenzhen sont confrontées à une chute des cours atteignant près de 40% en six mois malgré les soutiens apportés par le gouvernement chinois. Il existe bien évidemment une bulle spéculative avec des cours multipliés entre mai 2014 et juin 2015 par 2,5 à la bourse de Shanghai et par 2,7 à Shenzhen. Malgré la baisse amorcée en juin dernier, ces derniers sont cependant toujours deux fois plus élevés qu’au printemps 2014, et on peut supposer que grâce à la réactivité du gouvernement chinois, ayant imposé durant quelques jours en juillet des contraintes extrêmement strictes sur ces marchés, mais aussi grâce à la présence d’une centaine de millions de petits spéculateurs, les cours continuent d’être artificiellement gonflés. L’activité de ces spéculateurs continue d’ailleurs d’être encouragée par des opérations dites « sur marge », leur permettant d’emprunter une partie des capitaux placés en bourse ; si le gouvernement cherchait à limiter ces activités au début de l’année 2015, il s’est décidé à supprimer le contrôle des opérations sur marge durant l’été afin de tenter de contenir la baisse des cours.

Cette évolution des marchés financiers chinois et l’appui apporté par les autorités au gonflement de la bulle spéculative sont des conséquences immédiates de la chute des prix de l’immobilier subie depuis l’été 2014 par la majorité des grandes villes chinoises (Figure 2). Depuis le début de la décennie 2000, les prix de l’immobilier avaient été multipliés par trois dans des villes comme Shanghai ou Pékin, poussés à la hausse à la fois par l’endettement des ménages souhaitant se procurer un logement et par l’activité essentiellement spéculative des collectivités locales, entreprises et promoteurs immobiliers. Or, depuis un an et demi, la baisse des prix de l’immobilier pousse les agents économiques à se tourner vers un secteur plus rémunérateur, la finance, afin de dégager des revenus suffisants pour faire face à des situations proches du surendettement.

 

Figure 2 : Évolution des prix de l’immobilier dans les 70 plus grandes villes chinoises

 

Source : National Bureau of Statistics, “Sale Price Indices of Residential Buildings in 70 Large and Medium-Sized Cities”, 2015.

 

Gonflés par l’euphorie suscitée par le marché de l’immobilier puis par la finance, les crédits offerts par le système bancaire chinois sont passés de moins de 100% du PIB en 1996 à 170% en 2014, alors même que ce chiffre ne prend pas en compte les prêts accordés par la finance informelle, le fameux « shadow-banking », représentant au moins 50% des emprunts chinois effectués depuis le début de la décennie 2000. L’essor de la finance informelle fut causée aussi bien par les difficultés d’accès au crédit des ménages et des entreprises privées, les trois quarts des prêts des grandes banques publiques chinoises étant accordés à des entreprises publiques, que par le besoin des collectivités locales de contourner l’interdiction pour elles de s’endetter dans un contexte où 70% des dépenses publiques sont assurées par elles alors qu’elles ne reçoivent que 50% des recettes (ce qui explique que le gouvernement central présente un excédent budgétaire alors que ces collectivités sont largement déficitaires). Pour cette dernière raison, les collectivités furent également incitées durant la décennie 2000 à participer au gonflement de la bulle immobilière afin, d’une part, de profiter de prix de plus en plus élevés et de la vente des droits d’utilisation du sol permise par l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres (les revenus fonciers et immobiliers représentant aujourd’hui 40% des revenus des collectivités), et d’autre part d’attirer des entreprises et des catégories aisées sur leur territoire.

L’éclatement de la bulle immobilière chinoise est donc extrêmement néfaste pour tous ces agents économiques qui avaient profité jusque-là de la hausse des prix, et qui se retrouvent actuellement dans des situations de surendettement inextricables. Christine Peltier2, économiste chez BNP Paribas, relevait ainsi l’année dernière une hausse des créances douteuses, accompagnant l’essor des crédits bancaires accordés, mais surtout une sous-évaluation des risques liée à la montée spectaculaire du financement informel qui se poursuit aujourd’hui pour pousser à la hausse les cours boursiers. Le surendettement des collectivités, le développement du shadow-banking et la multiplication des créances douteuses au sein du secteur bancaire traditionnel sont des signes aujourd’hui indéniables de l’imminence d’une crise financière sans précédent sur le sol chinois.

 

À côté de ces difficultés internes, la position économique de la Chine pourrait aussi être rapidement remise en question sur le plan international. Malgré une exploitation encore très forte des travailleurs, la hausse des coûts salariaux est depuis la fin de la décennie 1990 supérieure à celle de la productivité, ce qui relève le coût unitaire du travail (CUT), atteignant dans le secteur manufacturier 54% du coût américain en 2014 contre 20% au milieu de la décennie 1990 (Gaulard, 2015). Cette évolution pénalise la compétitivité de l’industrie chinoise alors même que le pays était devenu en 2009 le premier exportateur mondial. Accompagnant la baisse de l’excédent commercial, passé de 9% du PIB en 2007 à 3% en 2014, les investissements directs étrangers prennent une part de moins en moins importante dans l’économie chinoise, de nombreuses entreprises ayant choisi de relocaliser leur production aux États-Unis et en Europe de l’Ouest (le Boston Consulting Group évaluait en 2014 à 54% la part des managers américains souhaitant relocaliser leur production industrielle aux États-Unis), ou de déplacer leurs unités de production dans des pays offrant une main d’œuvre moins coûteuse (c’est le cas des firmes Nokia et Samsung qui se sont récemment implantées au Vietnam).

Cette perte de compétitivité fait craindre à de nombreux économistes (Cai, 2012 ; Eichengreen, 2013 ; Gaulard, 2015 ; etc.) que le pays ne soit entré récemment dans le « piège des revenus intermédiaires », expliquant l’impossibilité pour des pays en développement d’atteindre des revenus les plaçant dans la catégorie des pays développés (supérieurs à 12615 dollars par habitant) en raison de la perte progressive de leur principal avantage comparatif, le coût de leur main-d’œuvre, notamment lorsque des efforts suffisants ne sont pas effectués pour amorcer un vif rattrapage technologique.

Surtout, l’éclatement des bulles spéculatives et l’incapacité de la Chine d’effectuer une remontée en gamme suffisamment rapide de son appareil productif sont à l’origine d’une fuite des capitaux observée depuis 2011. Alors que le pays se trouvait au cœur de la stratégie de carry-trade des investisseurs étrangers, consistant notamment après la crise de 2008 à emprunter des capitaux en Europe, aux États-Unis et au Japon pour les placer dans les pays « émergents » proposant des taux d’intérêt plus rémunérateurs ainsi qu’une appréciation de leur monnaie, le débouclage de ce carry-trade amorcé en 2011 et accentué en 2013 par le changement de politique monétaire aux États-Unis est à l’origine d’une balance financière négative depuis le quatrième trimestre 2014. Outre leur impact sur la balance financière, les flux de « hot money » sortants peuvent aussi être détectés « indirectement » par une baisse des réserves de change inexpliquée par les seules interventions de la banque centrale, les flux d’IDE ou l’évolution de la balance des transactions courantes (Figure 3).

 

Figure 3 : Estimation des entrées et sorties de capitaux volatiles en Chine

 

Source : Fonds monétaire international, Balance of Payments Statistics Yearbook

 

Si le pays est l’un des rares émergents à ne pas faire face actuellement à une dépréciation brutale de sa monnaie, malgré quelques dépréciations temporaires telle que celle de février/mars 2014 ou celle de juillet/août 2015, c’est essentiellement grâce aux interventions de la banque centrale et à la vente de devises. En mars 2015, la banque centrale annonçait dans ce sens une vente de 25,3 milliards de dollars afin de maintenir le cours du yuan. En juillet, les ventes atteignaient 39 milliards, et en août, 112 milliards de dollars3

La baisse des réserves de change chinoises, passées de 4000 milliards de dollars en avril 2014 à 3500 milliards en novembre 2015, ne pourrait durablement se poursuivre sans créer un mouvement de panique chez les investisseurs étrangers. La dépréciation de juillet 2015 visait ainsi à soutenir la compétitivité des exportations chinoises, mais surtout à rassurer ces derniers ainsi que les grandes institutions internationales comme le Fonds monétaire international sur la volonté de la Chine de poursuivre l’internationalisation de sa monnaie en la rendant notamment plus flexible.

 

Tous ces signes assez récents de la présence de sérieuses difficultés financières et économiques en Chine, actuellement observées et analysées par tout un chacun, ne sont que les épiphénomènes de blocages plus structurels de l’économie chinoise. Comme je le montrais en 2014 dans mon ouvrage Karl Marx à Pékin, les analyses faites au 19ème siècle par Marx sur le ralentissement inéluctable des économies capitalistes s’appliquent actuellement parfaitement au cas chinois.

Figure 4 : Évolution du taux de profit en Chine

 

Source: China Statistical Yearbook
Taux de profit: (PIB – Masse salariale)/Stock de capital fix
e

 

La baisse du taux de profit observée dans l’appareil productif depuis la fin de la décennie 1990 (Figure 4) et analysée par de nombreux économistes (Felipe et Xiaoqin Fan, 2008 ; Piovani et Li, 2011 ; Gaulard, 2015), est parfaitement appréhendée par la théorie de Marx, pourtant longtemps caricaturée et rejetée, sur la baisse tendancielle du taux de profit. Malgré la légère contre-tendance observée depuis 2009, expliquée par une remontée purement temporaire et artificielle de la valeur ajoutée dégagée par des secteurs spéculatifs comme l’immobilier et la finance, l’augmentation de la composition organique du capital, correspondant grossièrement à une utilisation plus forte de biens d’équipement, à des dépenses en capital fixe et en matières premières employées par l’appareil productif de plus en plus élevées relativement à la masse salariale, provoque effectivement une valeur ajoutée de plus en plus faible relativement aux investissements effectués.

Cette baisse de la productivité du capital s’expliquerait selon Marx par le fait que seul le travail est en mesure de créer de la valeur. Qu’on accepte ou non la théorie de la valeur travail, la baisse de la productivité du capital non compensée par une hausse équivalente de la productivité du travail est un phénomène observé dans toutes les économies capitalistes, et étudié y compris par un économiste néoclassique comme Solow dans son fameux modèle de croissance accordant une place majeure au progrès technique pour empêcher l’arrivée d’un état stationnaire.

La Chine n’est donc pas un cas de figure exceptionnel, et la baisse du taux de profit dans son appareil productif est simplement le signe annonciateur d’un ralentissement économique rencontré inéluctablement par toutes les économies capitalistes. En raison d’une rentabilité de plus en plus faible de l’industrie manufacturière, les investisseurs, étrangers et nationaux, publics et privés, ont été rapidement contraints, suivant en cela le même cheminement que l’Europe de l’Ouest, le Japon et les États-Unis depuis la décennie 1980, de trouver de nouvelles sphères de valorisation du capital, comme l’immobilier ou la finance, permettant de créer au moins une « plus-value fictive » liée à l’ampleur des mouvements spéculatifs et disparaissant lors de l’éclatement des bulles spéculatives. Cette évolution explique la légère remontée du taux de profit observée depuis le milieu de la décennie 2000 (Figure 4), qui n’en reste pas moins purement artificielle.

Les gonflements des bulles financières et immobilières chinoises sont ainsi directement liés aux difficultés de l’appareil productif, ce qui explique que de nombreuses entreprises publiques aient préféré depuis la fin de la décennie 2000 se détourner de leur métier de base pour s’orienter vers ces secteurs malgré les fréquents rappels à l’ordre du gouvernement chinois (Gaulard, 2014).

 

Conscient des problèmes rencontrés par l’appareil productif, à l’origine d’une perte de compétitivité internationale et d’une volonté des investisseurs d’orienter leurs capitaux vers des secteurs essentiellement spéculatifs, le gouvernement central prône une « réorientation de la croissance » depuis le début de la décennie 2000 pour diriger le pays vers une « société harmonieuse » dans laquelle la classe moyenne en plein essor rendrait l’économie chinoise moins dépendante des exportations. Pour cette raison, le système de sécurité sociale a subi une profonde rénovation ces dernières années, avec l’objectif de couvrir l’intégralité de la population sur le plan de la santé et des retraites d’ici 2025. De même, les salaires minimums des différentes provinces ont augmenté en moyenne de 30% depuis 2009, alors que le salaire moyen des travailleurs chinois s’élevait annuellement de 15% sur la même période. Enfin, le plan de relance de 400 milliards de dollars lancé en 2008 cherchait également à soutenir la demande et l’investissement national dans un contexte de crise internationale ; notons que ce plan pourtant massif fut encore complété en 2015 par le déblocage de 1100 milliards de dollars visant à financer des projets d’infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires et surtout à donner de l’emploi à des travailleurs risquant de subir de plein fouet le ralentissement de la croissance.

Cependant, si cette « réorientation de la croissance » permet surtout de rassurer les investisseurs nationaux et étrangers, on peut douter de son efficacité et de sa pertinence quant à l’objectif affiché de stimuler la demande intérieure. Concernant son efficacité, rappelons effectivement que 80% des dépenses sociales sont aujourd’hui assurées par les collectivités locales, et la contrepartie de la mise en place d’une véritable couverture sociale impliquerait forcément un accroissement insoutenable de leurs dépenses alors même que leur niveau d’endettement atteint déjà les limites du raisonnable : d’après un audit effectué par le National Audit Office (NAO) dans 18 provinces, 16 villes et 36 cantons, la majorité des entités territoriales étudiées présentaient déjà un taux d’endettement supérieur à 400% de leurs revenus en 2013... Cette incapacité financière à faire face à une réforme profonde du système de sécurité sociale et à stimuler ainsi la consommation nationale, en encourageant notamment les Chinois à réduire leur épargne de précaution, explique que les résultats ne soient pas forcément au rendez-vous. Notamment, alors que le taux promis de remboursement des dépenses d’hospitalisation est officiellement de 70 %, le taux constaté est de seulement 23 %. De même, bien que seulement 45 % de la population totale (25 % des ruraux) soit couverte par le régime des retraites, le taux de remplacement moyen est proche de 33 % (contre 77 % en 1990)…

Quant à la hausse des salaires, expliquée surtout par le besoin de répondre à des tensions sociales croissantes dans un contexte où la population active a par ailleurs commencé à diminuer, on peut douter aussi de sa pertinence lorsque la baisse de la productivité du capital pèse déjà sur les profits et que l’appareil productif national voit chuter sa compétitivité internationale. Phénomène souvent oublié, rappelons que la hausse des salaires observée en Corée du Sud lors de la décennie 1980 fut à l’origine d’une accentuation de la baisse du taux de profit au sein de son appareil productif (Bell et Rosenfeld, 1990), débouchant sur la crise de 1997 expérimentée par tous les pays de la région confrontés à des difficultés similaires. Selon Marx :

« Il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois préparées précisément par une phase au cours de laquelle la hausse des salaires est générale, où la classe ouvrière obtient effectivement une part plus large du produit annuel destiné à la consommation. Si l’on écoutait ces chevaliers du sain et "simple" bon sens humain, il faudrait admettre que cette phase éloigne au contraire les crises. En somme, il apparaît que la production capitaliste renferme des conditions tout à fait indépendantes de la bonne ou la mauvaise volonté des capitalistes, et que ces conditions n’admettent que momentanément cette relative prospérité de la classe ouvrière, et ce, toujours comme le prélude d’une crise » (Marx, Le Capital, Livre II, 1968, p. 781).

 

La réorientation de la croissance chinoise n’est visiblement pas une solution pour éviter le piège des revenus intermédiaires dans lequel finissent inévitablement par tomber tous les « pays en développement ». La crise actuelle de l’économie chinoise fait craindre un sévère ralentissement dont ce pays aura sûrement beaucoup de mal à se remettre.

Alors qu’il était d’usage suite à la crise de 2008 d’évoquer un « découplage » entre la croissance des pays développés et celle de pays dits émergents comme la Chine ou le Brésil, très peu d’économistes maintiennent aujourd’hui leur optimisme face à la dégradation des fondamentaux observée dans ces pays. Cependant, alors que le ralentissement chinois est présenté comme un phénomène purement conjoncturel marquant l’établissement d’une « nouvelle normalité » selon l’expression du président Xi Jinping, avec des taux de croissance plus faibles, l’éclatement des bulles spéculatives précédemment formées, et une consommation intérieure qui se substituerait à la demande externe, nous persistons à affirmer que l’économie chinoise se confronte actuellement à des blocages beaucoup plus sérieux que ce que de nombreuses analyses laissent transparaître.

Le capitalisme, qui connaît pourtant des adaptations majeures en Chine, n’en est pas moins fragile dans ce pays qu’en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord ou au Japon. Mais malgré ses faiblesses, à l’origine d’une dégradation toujours plus forte des conditions de vie, il ne disparaîtra pas de lui-même. Plutôt que de s’affronter sur l’efficacité supposée des politiques à adopter pour sortir de l’impasse ici ou là-bas, il serait donc sans doute plus pertinent de remettre directement en question ce mode de production dans lequel nous vivons tous et de proposer enfin de nouvelles façons de produire et de consommer dans une société alternative qui en finirait avec les fondements du capitalisme, qu’il s’agisse du besoin de dégager des profits pour accumuler toujours plus, mais aussi du salariat ou de la présence d’un État central chargé d’assurer le bon fonctionnement de cette accumulation.

 

Bibliographie

Bello Walden, Rosenfeld Stephany, 1990, Dragons in Distress, Asia’s Miracle Economies in Crisis, a food first book, San Francisco.

Cai Fang, 2012, « Is There a Middle Income Trap ? Theories, Experiences and Relevances to China”, China and World Economy, vol. 20, n°1.

Eichengreen Barry, Park Donghyun, Shin Kwanho, 2013, « Growth Slowdowns Redux: New Evidence on the Middle Income Trap », NBER Working Paper, n° 18673.

Felipe Jesus, Xiaoqin Fan Emma, 2008, « The Diverging Patterns of Profitability, Investment and Growth of China and India during 1980-2003 », World Development, vol. 36, n° 5, p. 741-774.

Gaulard Mylène, 2014, Karl Marx à Pékin, Les racines de la crise en Chine capitaliste, Demopolis, Paris.

Gaulard Mylène, 2015, « Le “piège des revenus intermédiaires” : un danger pour la Chine? », Economie Appliquée, Tome LXVIII, n°2, pp. 89-120.

Marx Karl, 1968, Le Capital, Livre II et III, in Œuvres II, Gallimard, Paris, pp. 499-1488.

Piovani Chiara, LiMinqi, 2011, « One Hundred Million Jobs for the Chinese Workers! Why China’s Current Model of Development is Unsustainable and How a Progressive Economic Program Can Help the Chinese Workers, the Chinese Economy, and China’s Environment », Review of Radical Political Economics, vol. 43, n°1, p. 77-94.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:58

Journée de mobilisation et de grève, 4 février 2016

La CGT appelle à une grande journée de mobilisation et de grève avec des initiatives sur l'ensemble du territoire le 4 février 2016.
Un rassemblement se tiendra à paris, place du trocadero, à 11h00 avec prises de parole.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:49

SOUS FORMAT TRACT ICI

 

Sur le site du ROCML ICI

 

La condamnation à de la prison ferme des 8 travailleurs de Goodyear a une signification clairement politique. Elle veut montrer à tous les ouvriers en France qu’on ne remet pas en cause son système, sa sacro-sainte propriété privée et les cadres dirigeants des entreprises : « On ne peut pas dissocier ce jugement du recul sans pareil des acquis sociaux décidés par le gouvernement. Et désormais, dans toutes les luttes sociales, il y aura le jugement d’Amiens en toile fond. » (Paroles de l’avocat des Goodyear cité dans Le Monde). Parce que l’État sait qu’il va devoir aggraver les conditions de travail et de vie des prolétaires, les rendre 100 % flexibles et permettre à la bourgeoisie de remettre en cause tous ces « acquis sociaux », ces freins à la « liberté d’entreprendre » ou plutôt d’exploiter. Et pour cela il doit réprimer, rendre inoffensifs tous les travailleurs « rebelles » à l’ordre établi.

 

La répression contre la résistance des travailleurs s’accentue aujourd’hui et s’exprime dans la loi, on l’a vu avec celle de Macron et Rebsamen, mais dans les faits aussi avec les Goodyear et dans de nombreuses entreprises où les syndicats, et particulièrement les syndicats CGT, se battent pour les salaires, les conditions et le temps de travail.

 

Laisser faire, permettre à la bourgeoisie et tous ses appendices de répressions de mettre les huit Goodyear derrière les barreaux c’est accepter de renoncer à toutes les actions ouvrières qui sortent du cadre permis par la bourgeoisie, c’est laisser le champ libre à l’État pour aller plus loin dans la répression et empêcher toute expression, action indépendante du prolétariat.

 

Aussi exprimer concrètement notre solidarité avec les Goodyear c’est unir la classe derrière les camarades réprimés, c’est combattre les divisions en son sein, c’est dénoncer la vraie nature répressive, anti-ouvrière, de l’État. L’État n’est pas neutre ou bienveillant de l’« intérêt général », mais est un instrument dans les mains du capital. Voilà pourquoi s’opposer aux mesures répressives contre nos camarades est un combat anticapitaliste. Tant que le capitalisme vivra, les travailleurs seront condamnés à en subir ses lois les plus violentes.

 

Les militants communistes participent aux différentes actions et rassemblements en y dénonçant le rôle de l’État, en démontrant que les travailleurs doivent s’unir politiquement indépendamment de ceux qui veulent encore nous faire croire que le capitalisme à de l’avenir si on le rend « social » ! Nous sommes tous des Goodyear ! La solidarité de classe prend tout son sens quand elle se matérialise par une riposte organisée qui entraîne l’ensemble de la classe.

 

 

 

PARTICIPONS A TOUS LES MEETINGS ET RASSEMBLEMENTS SOLIDAIRES DU 4 FÉVRIER

PARTICIPONS A TOUTES LES ACTIONS ORGANISÉES PAR LA CGT ET LES TRAVAILLEURS EN FAVEUR DE NOS CAMARADES DE LA CGT GOODYEAR

DÉMONTRONS LE RÔLE LA VRAIE NATURE DE CLASSE DE L’ÉTAT ET DU CAPITAL, ORGANISONS LA RIPOSTE ŒIL POUR ŒIL DENT POUR DENT.

Le ROCML, le 26 janvier 2016.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 19:23

Le mardi 12 janvier 2016, le Tribunal d’Amiens vient de rendre son jugement concernant les 8 camarades « ex Goodyear » poursuivis par le Procureur de la République pour « séquestration ».
24 mois de prison dont 9 mois fermes ! C’est un véritable scandale et une atteinte grave à la liberté de défendre ou conquérir des droits sociaux !

Le gouvernement est plus apte à faire condamner des ouvriers, des syndicalistes CGT, qui n’ont comme seul reproche que d’avoir défendu leurs emplois pendant plus de 7 ans, alors que les patrons délinquants en col blanc qui bafouent le Code du Travail au quotidien, fraudent le fisc au travers de paradis fiscaux, licencient en toute impunité, ne sont jamais inquiétés !

Les camarades qui ont défendu l’emploi pour éviter à des familles de sombrer (les divorces, les suicides, le chômage, les dépressions…comme l’ont vécu, les ex continental de Clairoix) se voient traiter comme des gangsters.

L’union départementale CGT est indignée. Elle apporte tout son soutien fraternel aux 8 camarades et au syndicat CGT Goodyear dans cette terrible injustice qu’ils subissent.

Rien ne peut justifier un tel acharnement, si ce n’est que de vouloir museler les salariés, en profitant d’un état d’urgence pour casser les acquis sociaux et le Code du Travail.

L’Union départementale CGT de Paris se joindra à toutes les initiatives pour défendre les 8 camarades dans leurs libertés syndicales.

Dans le même temps le jugement était rendu pour les 5 camarades d’énergie Paris et là, la justice aura été plus clémente, avec 3 relaxes et 2 condamnations à des amendes avec sursis. Même si ce n’est pas une victoire car nous visions une relaxe totale, cette décision est une avancée et la mobilisation autour des 5 camarades d’énergie aura permis une relaxe partielle.

La mobilisation est plus que jamais d’actualité. L’UD CGT de Paris défendra systématiquement toutes les libertés syndicales.

Il ne peut y avoir de défense des droits conquis ni de nouvelles conquêtes sociales sans liberté syndicale.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:33

 

Accord-Paris

 

Article issu de la VDC de décembre:  ICI

« En comparaison de que cela aurait pu être, cet accord est un miracle. En comparaison de ce qu’il aurait dû être, c’est un désastre » écrit le Guardian. Voilà un raccourci saisissant des tenants et aboutissants de cette conférence. Les précédentes conférences furent des échecs qu’il ne fallait à tout prix pas renouveler pour augmenter le discrédit des responsables politiques auprès des populations et ajouter des raisons de s’attaquer au  système capitaliste. Donc après une véritable mise en scène et dramatisation médiatique, un accord a été trouvé, Le metteur en scène, Laurent Fabius en a eu les larmes aux yeux. Les divers commentateurs tant soit peu objectifs font remarquer qu’il en reste à un constat et des déclarations de bonne intention. Il reste muet sur les objectifs et moyens à mettre en œuvre d’une manière contraignante pour les pays et surtout les multinationales principales pollueuses de la planète(1). Mieux il est conforme à ce que les multinationales de l’énergie extractive et autres attendaient :

Un accord basé sur les plans nationaux  (ce sont les peuples qui doivent payer), incluant tous les pays (au moins tous les grands émetteurs) ; un accord à long terme, sans engagements chiffrés de réduction des émissions à court et moyen terme, mais avec révision périodique.

La COP21 a signifié un soutien aux marchés internationaux du carbone (un secteur juteux pour faire des profits « écologiques » sans aucune contrainte pesant sur les transports maritimes et aériens). Et cerise sur le gâteau il détourne l’attention de leur responsabilité.

Bref rien de bon pour les  travailleurs du monde entier. L’analyse que nous faisions avant la COP21 reste d’actualité.

Notes

1 Voici les principaux reproches au texte : aucune échéance pour le pic des émissions, aucune échéance précise pour l’équilibre émissions/absorptions (« dans la seconde moitié du siècle ») aucun objectif non plus en matière de taux annuel de réduction des émissions, muet sur la sortie des combustibles fossiles, pas un mot de la nécessité d’un système énergétique basé sur les renouvelables, le concept de décarbonisation est absent de l’accord.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 21:42

Le dernier épisode électoral des régionales est clos. Les électeurs ont départagé les candidats et les partis. Vu le système électoral actuel (scrutin majoritaire sur deux tours) le PS et l’alliance LR (ex-UMP) –UDI-Modem se partagent toutes les nouvelles régions. Cinq pour le PS et sept pour la droite LR-UDI dans la France métropolitaine. Cette rafle se fait au détriment du Front National qui n’est pas parvenu à s’imposer dans les deux grandes régions où il aurait pu l’emporter si le jeu politique entre la droite et la gauche ne l’avait mis en minorité. Au total, la droite sort gagnante, la gauche est en échec, le FN reste coincé au portillon. Ainsi, se réalise le scénario classique de l’alternance droite gauche tel qu’il est programmé par le système électoral de la Vème république.

 

Malgré leur caractère ordinaire, ces élections méritent quand même quelques observations, car elles constituent un baromètre des tendances politiques dans la période actuelle.

La première observation, c’est la déroute, au premier tour, des listes du parti socialiste. Deux ans et demi après la victoire du PS aux présidentielles et aux législatives de 2012, et malgré les postures présidentielles de François Hollande suite aux attentats de janvier et novembre, le PS a déjà perdu une grande partie de sa crédibilité. « Ils n’ont rien changé », « ils ne tiennent pas leurs promesses » sont les réactions des gens du peuple qui avaient espéré un changement en votant Hollande en 2012.

 

La seconde observation, c’est qu’au premier tour, la droite LR-UDI-Modem n’a pas tiré profit de la déroute du PS en n’arrivant en tête que dans quatre régions. Les électeurs déçus par le PS n’ont pas oublié le temps où c’est Sarkozy qui gouvernait.

La troisième observation, c’est la montée importante du Front National, arrivé en tête dans sept régions, atteignant plus de 41% des voix en région Nord-Pas de Calais Picardie et en Provence Côte d’azur. C’est le FN le grand gagnant du premier tour. En l’absence d’une alternative anticapitaliste, le FN a rassemblé avec sa démagogie populiste les voix de beaucoup de déçus de l’alternance droite-gauche, sur une base réactionnaire et xénophobe.

 

La quatrième observation : Au deuxième tour, tout rentre dans l’ordre… institutionnel : Le FN est battu partout. Le PS et l’alliance LR-UDI-Modem se partagent les grandes régions selon leur rapport de force politique actuel.

Que s’est-il passé entre les deux tours ? Tous les partis, de la gauche de la gauche à la droite, toutes les institutions politiques, économiques, médiatiques, religieuses, morales… ont activé leurs forces publiques et occultes pour battre le FN et faire gagner le PS ou l’alliance de la droite et du centre. Le FN a joué son rôle de repoussoir. Les partis qui se partagent le pouvoir politique depuis plus d’un demi-siècle et qui jouissent de la confiance du capital conservent les rênes. Et le FN pourra continuer à attirer les mécontents alors qu’il ne remet jamais en cause le capitalisme et ses conséquences.

 

Et maintenant ?

 

C’est simple : les gérants du système capitaliste vont poursuivre leurs politiques dictées par le MEDEF au profit des patrons. Gattaz savait dans quel panier il mettait ses œufs en supportant le camp droite-gauche. De plus, la poussée du FN favorise un glissement vers la droite : acceptation de l’état d’urgence, mesures de sécurité renforcées qui vont s’appliquer au mouvement ouvrier.

La classe ouvrière elle, continuera à subir les politiques de chômage, de licenciements, de casse de ce qui reste de la protection sociale, de dégradation accélérée de ses conditions d’existence. Le tout légitimé par le suffrage universel !

 

En 1917, dans son ouvrage L’ETAT ET LA REVOLUTION Lénine écrivait : Décider périodiquement, pour un certain nombres d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques.

Ces dernières élections régionales ne font que confirmer cette règle. Ce n’est pas par les urnes que le peuple travailleur imposera sa volonté aux exploiteurs et à leurs fondés de pouvoir. Il y a urgence à ce que la classe ouvrière développe son combat classe contre classe sur le terrain et reconstruise son organisation capable de la mener à la victoire, un Parti Communiste véritable.

 

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 20:27

Retrouvez le numéro de décembre de la VDC ICI

Dans ce numéro

- Les élections régionales

- La COP 21 et la question écologique

- Le Front de gauche et l'état d'urgence

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 12:30

Lien  http://rocml.org/lessor-du-mouvement-ouvrier-en-chine/

 

 

Le nombre de mouvements sociaux a quasiment doublé en un an. Avec les fermetures d'usines et les relocalisations en réponse à une hausse des salaires, de nombreux travailleurs se retrouvent avec des mois de salaires impayés.

Effervescence dans le monde ouvrier en Chine. Entre janvier et novembre, on dénombre 2.354 grèves ou mouvement de protestations de travailleurs. Elles ont quasiment doublé comparativement à celles recensées en 2014 (1.207), a indiqué le China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong.

Et novembre a été le mois le plus agité, assure l'ONG. Durant cette période, 301 grèves et incidents ont été dénombrés. Plus qu'en janvier, alors que traditionnellement, ce mois précédant le nouvel an chinois. connait un pic traditionnellement, note le China Labour Bulletin. Dans le détail, le mois dernier, les secteurs où les mouvements de travailleurs ont été les plus nombreux sont la construction avec 133 mouvements observés, devant l'industrie manufacturière (91).

Source : Reuters

Grève dans une usine de Fuzhou

Plusieurs milliers de travailleurs se sont mis en grève pour protester contre la décision du groupe Qing Lu Group , entreprise de Taïwan, de résilier les contrats de travail et diminuer les salaires.

Le groupe Qing Gushan fondé en 1969 à Taïwan est sépcialisé dans la sous-traitance pour les groupes Adidas, FootJoy, Mizuno, Nike, Reebook, etc, et possède plusieurs usines en Chine continentale. C’est la 2eme plus grande entreprise du monde de fabrication de chaussures.

Chengdu

Le patron de l’usine de chaussures ne verse plus les salaires depuis 3 mois. AG, Grève et manifestations pour le versement des salaires.

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 22:04

LES OUVRIERS ET LES TRAVAILLEURS EXPLOITES N’ONT AUCUNE RAISON DE CHOISIR TEL OU TEL PARTI DE LA BOURGEOISIE.

ENTRE LA PESTE ET LE CHOLERA, ON NE CHOISIT PAS !

 

Le 6 décembre, au premier tour des élections régionales, le PS et la droite LR, UDI ont subi un important revers électoral. Ces partis gouvernent en alternance depuis des dizaines d’années et les gens du peuple ont fait leur expérience : celle des promesses non tenues et celle de l’aggravation générale de leurs conditions de vie et de travail. La débâcle de ces charlatans serviteurs du capital est une bonne chose !

Principal bénéficiaire de cet effondrement mérité du LR PS, et en absence d’un autre choix crédible, c’est le Front National qui a remporté ce premier tour. Beaucoup d’électeurs écœurés par le PS et l’ex-UMP ont voulu leur donner une leçon. Ils ont cédé aux discours populistes de Marine Le Pen. Ce succès du Front National, promu 1er parti de France, n’est pas une bonne chose ! C’est celui du Parti qui propage le plus ouvertement les positions les plus réactionnaires de la bourgeoisie française.

En fait, le premier parti de France, c’est celui des abstentionnistes. Un électeur inscrit sur deux n’est pas allé aux urnes. Une partie d’entre eux, relégués dans des banlieues pourries parce qu’ils sont pauvres, chômeurs, sans perspective, ou d’origine émigrée ne se sentent en rien concernés par les jeux politiques électoraux. Une autre partie, dégoutée par l’escroquerie politique des partis qui n’ont cessé de leur mentir s’abstient volontairement, consciemment sans pour autant se détourner de la réflexion politique. Ces abstentionnistes seront de plus en plus nombreux.

 

Le 13 décembre aura lieu le second tour. Alors qu’ils ont créé eux-mêmes les conditions du succès du Front National le PS et la droite « républicaine » vont battre le tambour pour tenter de sauver ce qu’ils peuvent encore espérer sauver. Ils vont être aidés pour cela par « la gauche de la gauche » qui va tout faire pour entraîner les travailleurs les plus engagés dans la lutte anticapitaliste et qui s’opposent à la politique anti populaire de la gauche et de la droite à voter pour l’un de ces partis. Ils vont agiter comme jamais l’épouvantail FN pour faire élire une liste PS ou LR.

Le ROCML ne souhaite pas la victoire électorale du FN. Mais il appelle les ouvriers et les travailleurs à ne pas tomber dans le piège de voter pour un ennemi de classe pour battre un autre ennemi de classe. Leurs querelles ne sont pas les nôtres.

Aucun de ces trois grands partis ne s’oppose aux mesures d’austérité et ne met en cause le véritable responsable de la crise : le capitalisme. Les travailleurs qu’ils soient « français » ou immigrés ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leurs capacités à lutter, à s’organiser pour construire leur expression politique indépendante, un véritable parti communiste. Ils pourront ainsi combattre les manœuvres politiques du FN, du PS et des Républicains et s’opposer à la dégradation de leurs conditions de vie et de travail.

 

Dans ces élections personne ne défend les intérêts de la classe ouvrière. En conséquence, nous appelons les travailleurs à ne pas se rendre aux urnes. Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas !

ROCML
9 Décembre 201
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 22:02

Ce mois de décembre, la France a accueilli la conférence sur le climat de l’ONU (COP21). Cette conférence a été précédée d’une intense campagne médiatique et idéologique. Les dirigeants politiques et les classes dirigeantes ne peuvent plus gouverner sans tenir compte de l’inquiétude grandissante qui affecte de larges couches et classes de la société concernant les dérèglements écologiques à l’échelle de la planète qui mettent en danger l’existence même de l’humanité à plus ou moins long terme. Ils ne cachent plus la gravité du problème et même savent se montrer alarmistes. Nous serions dans le même bateau, tous responsables, nous devrions tous faire des efforts, prendre des mesures au niveau de chaque individu, oublier la lutte de classe, la lutte des travailleurs contre les remises en cause de leur conditions de vie et de travail, car il y aurait plus grave à régler…

 

Au cours des dernières décennies se sont organisées de nouvelles forces politiques, les « verts », mettant la défense de l’environnement comme prioritaire, reléguant au second plan les problèmes sociaux. Mais dans les pays où ils ont participé au pouvoir en particulier en France et en Allemagne, respectueux de l’ordre établi, leur influence a été quasi nulle sur les questions environnementales. Certains écologistes « plus radicaux » désignent clairement le capitalisme comme étant à l’origine des dérèglements environnementaux. Mais ils ne vont pas jusqu’au bout de leur raisonnement, ils n’envisagent pas la seule solution possible : abattre ce système économique qui entraîne l’humanité dans la barbarie sur tous les plans. Leur propositions morales, sont inapplicables, inacceptables pour le capital, ou alors le capitalisme n’est plus le capitalisme !

 

Le mode de production capitaliste porte fondamentalement en lui (dans son ADN pourrait-t-on dire) les causes de la destruction du milieu naturel qui abrite l’humanité. Dans sa quête sans trêve de son auto expansion pour toujours plus de profits, le capital, aiguillonné par la concurrence, pour le contrôle des marchés doit produire toujours plus à grande échelle, donc gaspiller d’énormes quantités de ressources naturelles, polluer les sols, les océans et l’atmosphère. Et avec comme autre conséquence inévitable de jeter dans la pauvreté de plus en plus d’êtres humains.

 

C’est pour tenter de résoudre la quadrature du cercle : sauver le capitalisme tout en préservant l’environnement que les dirigeants de la planète se réunissent régulièrement en conférences internationales. La COP 21 est la dernière en date mais ne sera sûrement pas la dernière. Pour les dirigeants de la planète qui se sont réunis à Paris il s’agit en fait de trouver un accord qui ne remette pas en cause le capitalisme.

 

Le rêve d’un « capitalisme vert » hante les grands de ce monde. Ils seront inventifs à trouver une solution pour utiliser « l’écologie » à des fins mercantiles, pour faire de l’argent ! Rappelons l’accord de Kyoto qui visait à la réduction de 5% de la concentration de gaz à effet de serre en 2012, or depuis 1990 année de référence de l’accord il a augmenté de 45% selon le GIEC. Et il ne pouvait en être autrement car le mécanisme de taxe carbone mis en place permet aux monopoles et aux pays pollueurs d’acheter sur le marché le droit à polluer. Ainsi, la spéculation sur ce marché de la taxe carbone peut rapporter des milliards de dollars. Ce principe du commerce d’émissions permet de produire plus de CO2 dans sa propre entreprise en rachetant des droits d’émissions à une autre entreprise ou encore en mettant en place un « projet écologique » dans les pays sous-développés. L’auteure (1) du livre « Le mythe de l’économie verte » cite l’exemple de la société Camco, spécialisée dans la production de biogaz à partir des déchets de plantations de palmiers en Asie du sud-est - plantations entre autre responsables d’une déforestation énorme- « qui a obtenu tellement de droits d’émission qu’elle les revend en bourse en engrangeant ainsi de très gros bénéfices ».

 

La course aux profits implique l’augmentation de la productivité qui conduit à produire toujours plus et donc à utiliser sans limite toutes les ressources humaines et de la nature. Le capitalisme ne peut exister que par la destruction systématique de l’environnement.

 

Faut-il se résigner à ce que le capitalisme décadent entraîne l’humanité dans une course accélérée vers sa fin ?

 

Ce sont les ouvriers, les prolétaires qui détiennent la solution. Seuls les travailleurs, à cause de leur position économique spécifique au sein du capitalisme, ont le pouvoir de changer le monde. Dans le contexte du changement climatique, ce sont seulement eux qui, en s’engageant dans leur lutte pour un monde nouveau, socialiste, débarrassé de la course au profit, ont le pouvoir de sauver notre planète et notre avenir. Les communistes mettent toute leur énergie pour que le socialisme s’impose sur la planète avant que l’irréversible se produise, la destruction de l’humanité.

 

 

 

(1)Anneleen Kenis. De mythe van de groene économie. 2012 éditions EPA en Néerlandais.

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