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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 22:08
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Published by La Jeunesse Marxiste de Pau
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 18:58

Après l’ANI, le pacte de compétitivité et la loi Macron, le gouvernement PS vient de sortir de son chapeau une nouvelle loi, la loi El Khomri en faveur du patronat. Préparée de longue date par plusieurs rapports, cette nouvelle loi baptisée Loi-Travail est un bulldozer lancé contre les travailleurs. Depuis quelques dizaines années, le monde ouvrier subit les attaques du capital mais depuis 2012, l’offensive capitaliste mise en place par le PS s’accentue et s’accélère. Aujourd’hui, il s’agit d’une attaque sans précédent contre les acquis obtenus aux siècles précédents par les travailleurs. C’est à un retour aux conditions de travail du XIXème siècle que veulent nous faire revenir gouvernement et patronat !

Tous les travailleurs doivent s’opposer et se mobiliser contre cette « loi Germinal » !

UN ATTENTAT CONTRE LE MONDE DU TRAVAIL

Cette contre-réforme est une attaque d’une violence inouïe lancée contre les travailleurs :

  • La priorité est mise sur les accords d’entreprise qui permettraient au patronat d’obtenir une augmentation du temps de travail ou une diminution des salaires. C’est la destruction d’un code national du travail au profit de codes d’entreprises.
  • Si un salarié refuse les changements de son contrat de travail, il pourra être licencié pour « motif personnel ».
  • Une entreprise peut mettre en place un plan de licenciements sans qu’elle ait de difficultés économiques.
  • La durée de travail maximale est augmentée de 44 heures sur 12 semaines à 46 heures sur 16 semaines.
  • Les jeunes travailleurs sont aussi touchés : les apprentis pourront désormais travailler 10 h par jour et 40 heures par semaine sans droit de regard de l’inspection du travail.
  • Le patronat devient intouchable s’il licencie illégalement : l’indemnité est plafonnée à 15 mois pour plus de 20 ans d’ancienneté.
  • Les syndicats sont attaqués car des syndicats minoritaires pourront organiser avec le patron un référendum pour faire passer des mesures : c’est la porte ouverte à toutes les régressions ! C’est un coup d’état permanent contre les syndicats combattifs.
  • Le travail d’astreinte peut être décompté des temps de repos. Cela aboutira à fractionner le temps de repos et signifiera la fin des 11 heures de repos quotidiens et réglementaires.

A LA VIOLENCE DE L’ATTAQUE,

OPPOSONS UNE ACTION COMBATIVE DE CLASSE !

Face à l’offensive du capital, les travailleurs ne peuvent pas rester les bras croisés. L’heure est plus que jamais à la mobilisation unitaire des travailleurs. Mais sur quelle base ? Celle d’une intersyndicale qui serait prête à marchander un recul inacceptable ? Non, la seule unité possible pour le mouvement doit-être le retrait de cette contre-réforme. Face à cette déclaration de guerre du capital contre les travailleurs, les possibilités de victoires sont liées à notre capacité à organiser une action unitaire, large et combattive. Il ne faut pas attendre mais organiser des assemblées générales de salariés dans les entreprises, informer les travailleurs en faisant signer la pétition, lancer des appels à la lutte dans son syndicat d’entreprise, dans les UL, UD et autres branches de syndicats. Chacun de nous a la responsabilité d’organiser autour de lui, dans son milieu la mobilisation nécessaire contre ce projet de loi afin que les premières journées de lutte (le 9 mars, le 31 mars) soient un succès.

Il est clair que seule une organisation nationale de la lutte utilisant des formes combattives d’action pourra faire plier le gouvernement. Rappelons-nous les leçons des luttes de 2006 ou de 2010. En 2006, seule l’action reconductible massive, dans la durée, avait forcé le gouvernement à céder en parti. En 2010, le gouvernement avait pris peur face au blocage des raffineries qui s’étaient malheureusement produits lors de l’essoufflement du mouvement. Prenons en compte ce qui avait fait le succès des mobilisations précédentes pour faire plier le gouvernement !

Le contexte actuel est tout de même différent. Le monde capitaliste et notamment la France, est confronté à une crise générale de son système économique. La bourgeoisie est sous tension face aux nécessités de préserver ses taux de profit. Cette contre-réforme est pour elle indispensable. L’état d’urgence appliqué depuis les ignobles attentats de Paris, les mesures répressives contre le mouvement ouvrier (condamnation des Goodyear, procès des Air France, mise en résidence surveillée de militants écologistes, garde à vues de nombreux militants CGT…) vont à n’en pas douter être utilisées par le gouvernement pour freiner la mobilisation. Il est donc nécessaire de lier la lutte contre la Loi-Travail à la fin de l’état d’urgence et aux répressions qui touchent le mouvement ouvrier. De même, les manœuvres du PS sur le « dialogue social », le report du projet de loi de 15 jours, sont des tentatives pour briser toute construction d’un mouvement populaire contre la loi El Khomri. Nous devons nous mobiliser jusqu’au retrait du projet de loi.

TRAVAILLEURS, ETUDIANTS, LYCEENS, MOBILISONS NOUS LE 9 ET 31 MARS

ET RECONDUISONS LES ACTIONS !

CE GOUVERNEMENT VEUT NOUS FAIRE REVENIR AU XIXème SIECLE ?

FAISONS PLIER CE GOUVERNEMENT !

RETRAIT DE LA LOI-TRAVAIL EL KHOMRI !

RETRAIT DES LOIS RABSAMEN ET MACRON !

ARRET DE L’ETAT D’URGENCE ET DES POURSUITES SUR LE MOUVEMENT OUVRIER !

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 09:30

Extrait du n°13 de la VDC

 

80 initiatives et par milliers, les travailleurs sont sortis de leurs lieux de travail jeudi 4 février en solidarité avec les 8 de Goodyear et tous les autres militants syndicaux réprimés par le patronat ou l’Etat capitaliste. 10 000 personnes en Ile de France, 1 000 à Toulouse et Bordeaux, 600 à Pau. Clairement au vu du contexte dans lequel nous nous trouvons (reflux depuis 2010 du mouvement, état d’urgence, « unité nationale »), cette initiative est un succès. Est-elle à la hauteur des enjeux, de l’offensive de l’Etat et du patronat ? Bien sûr que non, il reste encore à faire. Mais c’est un vrai succès dans la mesure où les militants syndicaux se sont mobilisés et ont mobilisé autour d’eux : de nombreux travailleurs ont fait grève, non pas pour eux directement, mais en solidarité avec leurs camarades, pour dénoncer la répression de l’Etat. Il s’agit véritablement d’un acte de classe : ce 4 février, ceux qui se sont mobilisés ont scandé: une attaque contre un membre de la classe ouvrière est une attaque contre toute la classe ! La grève de solidarité s’est étendue dans tout le pays et a touché notamment le RER qui s’est arrêté en « solidarité avec le mouvement social ». Cette grève du RER a montré la force de la classe ouvrière qui, si elle s’unit, se fortifie, peut paralyser le pays pour faire entendre ses intérêts et revendications. Aussi la conscience de classe se développe puisque le lien est fait entre les luttes partielles, la répression et l’état d’urgence. De plus en plus de militants syndicaux ont conscience que l’Etat n’est pas leur allié et qu’il est un ennemi de classe. C’est très positif.

 

Le gouvernement, la justice ne sont pas neutres ! Ils défendent le capital ! La bourgeoisie ne s’y est pas trompée : elle craint par-dessus tout que les luttes partielles, isolées et locales ne se transforment en un grand torrent national qui emporte tout sur son passage. Elle a donc mobilisé ses médias pour dénoncer cette « prise d’otage ». Les spécialistes réactionnaires ont aussi été invités pour expliquer que les grèves de solidarité seraient interdites (Le Figaro). Le porte-parole du gouvernement, Le Foll y va de son discours de classe, abject : « Je demande à ce que la CGT ait la mesure des décisions qu’elle prend. Parce que soutenir les salariés de Goodyear pour mettre des milliers de gens et de salariés dans la difficulté, je ne vois pas comment on peut expliquer ça » (Le Monde). C’est vrai qu’il s’y connait lui en difficultés puisqu’il est le porte-parole de l’impuissance des capitalistes à sortir de la crise, il est l’annonceur de l’augmentation du chômage, de la pauvreté et des guerres qui assassinent les peuples du monde. Aucune déclaration de ces représentants ne saurait effacer le courant de sympathie et de soutien envers les travailleurs de Goodyear. 160 000 personnes ont d’ores et déjà signé la pétition réclamant le retrait des poursuites et ce mouvement ne cesse de s’amplifier. Comme l’a signifié le représentant des Goodyear, « arrêtons de reculer, (…) Ne lâchons rien, faisons plier ce gouvernement » (vidéo du rassemblement à paris, site du ROCML).

 

Les mobilisations doivent s’amplifier et surtout gagner en coordination. Le point de départ pour qu’un mouvement national de classe ait lieu pourrait bien être les luttes des Air France et des Goodyear. D’ailleurs le procès des Air France du 27 mai sera une bonne occasion pour faire une démonstration ouvrière ! Préparons partout où nous sommes ce futur succès !

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 11:48

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, l’État utilise la menace terroriste pour renforcer les mesures réactionnaires. L’État d’urgence est prolongé de 6 mois. Dans cette situation, le gouvernement en profite pour accentuer l’offensive du capital contre les travailleurs. Que ce soit un gouvernement de gauche qui orchestre cette offensive n’est pas un paradoxe. La fonction même de l’État capitaliste, qu’il soit géré par la droite ou par la gauche est de servir la classe économiquement dominante de la société. Le PS assure ce rôle avec application. Aujourd’hui l’illusion d’un « Etat providence » soucieux des intérêts des travailleurs vole ainsi en éclat.

La situation internationale et nationale conduit en effet la bourgeoisie à renforcer son oppression socio-économique et son emprise politique et idéologique. Elle n’a pas d’autre logique que de faire supporter aux travailleurs le fardeau de la crise de son système d’exploitation de l’homme par l’homme. Les prolétaires, l’ensemble des travailleurs peuvent et doivent s’y opposer en tant que seule classe révolutionnaire et arrêter le bras meurtrier du capital.

Une aggravation réelle de la situation internationale

Contrairement à une idée que veulent diffuser les médias bourgeois, la guerre ne s’est pas déclenchée le 13 novembre 2015, au soir des attentats. Cela fait bien longtemps que ceux qui dirigent la France font la guerre en Afrique et au Moyen Orient. Ce qui est en jeu, ce ne sont pas les droits de l’Homme ou l’amour de la liberté. Ces prétextes servent à faire accepter la guerre auprès du peuple de France. Qui accepterait en effet les guerres si les dirigeants impérialistes en avouaient leurs véritables objectifs ? En réalité, la France est en guerre afin de défendre les intérêts de l’État impérialiste (des grands monopoles d’État et privés présents en Afrique et au Moyen Orient) pour les sphères d’influence, les ressources de matières premières, la sécurité et le contrôle des routes commerciales. Ces ressources de plus en plus convoitées font l’objet d’une lutte pour leur partage entre les grandes puissances qui dominent économiquement le monde : États-Unis, Chine, Russie, France, Angleterre… Intervention au Mali pour protéger les intérêts d’Areva et de l’uranium, intervention en Libye pour obtenir du pétrole, des contrats de reconstruction (le pays est d’ailleurs laissé à feu et à sang) et affirmer la puissance politique, économique, culturelle de l’État impérialiste français. La liste est longue.

Le Moyen-Orient (Syrie, Irak) et l’Europe de l’Est (Ukraine) sont les deux régions où la lutte pour les zones d’influence devient de plus en plus intense. Ces tensions sont d’autant plus accentuées par les effets de la crise capitaliste : chaque puissance cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières, à vendre ses marchandises surproduites… Cette concurrence de plus en plus aiguë voit s’affronter deux « camps » impérialistes : d’un côté, la Russie et la Chine (avec leurs alliés locaux : la Syrie, l’Iran), de l’autre, les États-Unis, l’Union Européenne (dont la France) avec leurs alliés locaux : la Turquie, l’Arabie Saoudite, Israël… Ces guerres montent en tension. Non seulement le camp des impérialistes occidentaux a cru bon d’utiliser les forces islamistes pour renverser Assad. En finançant et en armant les islamistes, les Occidentaux ont créé des monstres qui servent leurs intérêts (encore aujourd’hui avec le Front Al Nosra, branche d’Al Qaïda) ou ont échappé en partie à leur contrôle (DAESH). Contrairement à des idées reçues, il ne s’agit pas d’une guerre entre islamistes soutenus par l’Occident, et laïcs dont la Russie serait le défenseur. Les impérialistes financent ceux qui servent leurs intérêts et ne se soucient pas des questions religieuses ou de laïcité. Seuls comptent pour eux les profits que vont produire l’installation de leurs entreprises. Ainsi, alors qu’ils finançaient les talibans contre les Soviétiques, les États-Unis ont aussi soutenu le régime laïc de Saddam Hussein dans les années quatre-vingt pour contrer l’influence de la « révolution » islamique iranienne.

Les puissances impérialistes ont fait du Moyen Orient leur terrain de d’affrontement. Pour cela, elles sont prêtes à manipuler les peuples pour parvenir à leurs fins. Aujourd’hui, le risque d’embrasement, d’une « troisième Guerre Mondiale » comme le dit Sarkozy est bien réel. Mais il ne s’agit pas comme il le fait croire d’une guerre contre le djihadisme. La presse le relate quotidiennement : les tensions montent au Moyen Orient avec le risque de dégénérer en guerre car il se produit des incidents entre les deux camps impérialistes. Lorsque la Turquie a abattu un avion russe, lorsque l’Iran a intercepté deux navires US, les risques se sont accentués. En réalité, toutes les grandes puissances ont rassemblé leurs flottes en Méditerranée. Cela n’est pas annonciateur de bonnes nouvelles pour les travailleurs et les peuples.

C’est en partie pour ces raisons que le gouvernement Hollande entretient depuis les attentats de novembre un climat de guerre et de suspicion à l’intérieur du pays. L’état d’urgence et les mesures qu’il porte permettent de donner les mains libres au gouvernement et à l’armée pour agir à l’extérieur, sans contestation intérieure. Il a aussi besoin de mobiliser des forces pour poursuivre ses guerres à l’extérieur car ces guerres nécessitent la présence en France d’une chair à canon, c’est-à-dire de jeunes prêts à mourir pour la « cause ». Peu de jeunes sont actuellement prêts à mourir « pour la nation ». L’État utilise son appareil idéologique pour mobiliser après les attentats, avec des pubs guerrières ou encore son « service civique ». Pour l’instant, il n’a pas réussi à créer un esprit de caserne dans la jeunesse.

Une offensive du capital à l’intérieur de la France

Le gouvernement ne se contente pas d’agir sur la situation extérieure. La crise que traverse le capitalisme oblige la bourgeoisie à renforcer sa domination sur les travailleurs. Au vu du contexte international, du ralentissement (épuisement) de la croissance chinoise qui tirait l’ensemble du monde capitaliste, cette tendance se renforcera encore davantage. Les transnationales françaises pour rester compétitives et préserver leurs profits à l’échelle mondiale, comptent sur les mesures de Hollande, Macron, Valls. Les contre-réformes de l’État visent à augmenter l’exploitation des travailleurs (accroître l’extorsion de plus-value absolue et donc les profits) : augmenter la durée de travail, son intensité, diminuer les salaires et prestations sociales. C’est le sens de l’ANI, du CICE, de la loi Macron. Hollande fait bien son travail… pour les intérêts du capital ! Les partis bourgeois (PS, UMP, FN) au service du capital assument leur mission. Les économistes disant le contraire sont « atterrants » ou alors cela reviendrait à dire qu’un autre capitalisme est possible. C’est une tromperie. Il ne faut pas partir du monde tel qu’on voudrait qu’il soit mais tel qu’il est pour le transformer. Ce constat est primordial aujourd’huipour tout communiste afin de comprendre et trouver des solutions pour notre camp.

Seulement, face au train de mesures en faveur de la bourgeoisie, le prolétariat, certes n’oppose pas une résistance à la hauteur des enjeux, mais ne reste pas non plus les bras croisés. Si les grèves restent à un niveau faible quant à la participation des masses ouvrières en 2015, l’intensité et la force des grèves menées se sont accrues là où elles sont apparues. Surtout, la base militante syndicale qui mène les luttes refuse les mesures nationales du gouvernement et interpelle les partis réformistes comme le PCF sur leurs liens avec le PS. L’épisode de la lutte des Air France a rappelé à la bourgeoisie que son pouvoir ne serait pas éternellement maintenu. Ce dynamisme de classe inquiète le pouvoir. Cependant, il manque encore une coordination des luttes pour faire des luttes partielles, isolées, une lutte générale contre le capitalisme. La lutte des Air France et Goodyear donnent néanmoins une impulsion en ce sens. Pour ces raisons, l’offensive économique du capital s’accompagne désormais d’une attaque idéologique et répressive envers la classe ouvrière. Les attentats ont servi de prétexte pour briser toute volonté de contestation : unité nationale derrière le drapeau de la bourgeoisie, état d’urgence, déchéance de la nationalité…Le gouvernement a deux cordes à son arc. La première est la division de classe par la répression. Les militants écologistes mis en résidence surveillée lors de la COP21, la condamnation à de la prison ferme pour les syndicalistes CGT de Goodyear, l’attaque systématique contre la CGT servent à intimider le mouvement ouvrier, à casser dans l’œuf toute tentative de résister sur une base de classe. Le but recherché est de sanctionner les luttes de la classe afin d’empêcher les luttes. La déchéance de nationalité s’inscrit quant à elle dans un contexte de dynamique chauvine, raciste et réactionnaire du capital. C’est la deuxième corde à l’arc de la bourgeoisie. Ils’agit de diviser les travailleurs en créant des différences juridiques entre Français et immigrés et leurs enfants. Cette dynamique existe par le renforcement idéologique du Front National et la faiblesse de la classe ouvrière. L’appareil d’Etat et les médias à son service utilisent les préjugés des masses pour mobiliser derrière eux le peuple. Cela avait marché le 11 janvier, notamment dans les couches petites bourgeoises. Cependant, malgré tous leurs efforts, ils ont aussi constaté qu’ils peinaient à mobiliser les foules derrière leurs perspectives : Qui a attaché son drapeau à la fenêtre chez les travailleurs ? Ils pouvaient se compter sur les doigts de la main…

Avec son arsenal répressif et sa pression idéologique contre le camp des travailleurs, le gouvernement espère avoir les mains libres pour mener ses guerres à l’extérieur et pour imposer ses conditions d’exploitation capitaliste à l’intérieur.

REPOUSSER L’OFFENSIVE DU CAPITAL

DONNER DES PERSPECTIVES ANTICAPITALISTES A NOS MOBILSIATIONS

C’est le capitalisme qui entraîne le peuple dans la misère et la guerre. Le PS au pouvoir prend les mesures qui permettent à la bourgeoisie française de préserver ses profits dans le cadre de ce système. Les travailleurs comprennent de plus en plus que le gouvernement mène une politique à l’encontre de leurs intérêts. Tout comme Les Républicains, le PS sert lui aussi la classe capitaliste. Cela fait d’ailleurs bien longtemps. D’ailleurs ce n’est pas la première fois que les socialistes mettent des syndicalistes en prison. En 1948, alors que le PS est aux affaires, le ministre de l’intérieur, Jules Moch, de l’époque avait envoyé les CRS et même l’armée pour mater la grève des mineurs. Des syndicalistes avaient alors été condamnés à de la prison. Le capital sait depuis longtemps que le parti socialiste ne gêne pas ses intérêts. Au contraire, il est un bon gestionnaire du capitalisme pour attaquer les travailleurs et renforcer les positions de l’impérialisme français. C’est pour cela que les travailleurs doivent riposter à chaque réforme réactionnaire mise en place par ce gouvernement, dénoncer son rôle et sa nature bourgeoise.

L’épouvantail du fascisme brandi à chaque élection n’est pas d’actualité car le jeu du parlementarisme n’est pas épuisé. La bourgeoisie a encore des solutions dans le cadre de la démocratie bourgeoise pour maintenir sa domination. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas combattre le FN. Il faut le combattre mais sur des positions de classe. La meilleure réponse à l’offensive du capital est dans le développement des luttes, non dans le vote pour les partis qui nourrissent le FN depuis 30 ans. Le réformisme qui capitule devant l’état d’urgence étant incapable de créer une force politique indépendante et alternative laisse le champ libre à cette offensive réactionnaire et désarme les travailleurs : Il laisse le terrain aux forces réactionnaires et donc n’est pas la solution. Celle-ci réside dans les initiatives qui commencent à s’organiser contre l’état d’urgence, la guerre et la répression. Les militants communistes doivent participer à ces initiatives. Ils doivent y porter des positions de classe anticapitalistes en y expliquant la situation politique actuelle et en combattant les idées réformistes qui n’ont jamais rien produit pour combattre le capitalisme. Les communistes doivent occuper le terrain de la lutte sur des bases anticapitalistes.

La CGT, est une des cibles de l’offensive du capital. Dans la situation concrète actuelle, elle est la seule organisation des travailleurs, poussée par les syndicalistes et les syndicats des entreprises, où peut s’organiser la résistance. Pour réussir à avoir du poids, être écoutés, les communistes doivent être engagés dans la lutte quotidienne de la classe ouvrière et plus particulièrement dans les syndicats. C’est en liaison avec les luttes de la classe que les communistes pourront amener des propositions politiques et anticapitalistes. C’est donc en créant un courant d’idées communistes dans la classe, dans le travail quotidien, dans les luttes, les débats, que les communistes peuvent progresser vers la création d’un Parti communiste. Les communistes doivent être conscients des tâches immenses qui les attendent. Ils doivent garder confiance dans les capacités de la classe ouvrière à surmonter ses faiblesses. Il n’existe pas d’autre chemin pour empêcher la bourgeoisie de mener son offensive. De l’organisation et de la riposte de la classe ouvrière, dépend la réussite ou l’échec de l’offensive réactionnaire du capital.

PARTOUT OU NOUS SOMMES, COMBATTONS LA GUERRE ET LES EFFETS DE LA CRISE DU CAPITALISME !

REFUSONS TOUTE UNITÉ NATIONALE AVEC NOS EXPLOITEURS !

À L’OFFENSIVE DU CAPITAL, IMPOSONS NOS INTÉRÊTS DE CLASSE!

ORGANISONS LA RIPOSTE, CLASSE CONTRE CLASSE !

ROCML, le 1er février 2016

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 08:53

Le n°13 de la voix des Communistes est dans les kiosques, n'hésitez pas à commander la version papier à rocml@laposte.net

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:30

Avec la fermeture anticipée/précipitée des bourses de Shanghai et Shenzhen pour cause de chute brutale des indices, la situation financière chinoise a récemment fait l’actualité, ravivant le spectre d'une panique bancaire, voire d'une déstabilisation économique mondiale. Depuis plusieurs mois, il est régulièrement question d'une "crise" de l'économie chinoise. Quel est le sens de cette "crise" ? L’économiste Mylène Gaulard propose ici une interprétation attentive aux spécificités chinoises, tout en les réinscrivant dans les contradictions génériques du développement capitaliste.

 

En 2014, la croissance économique chinoise atteignait son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, le pays étant confronté à un ralentissement indéniable depuis 2011 (Figure 1). Certes, un taux de croissance du PIB de 7,4% n’en est pas moins un excellent résultat relativement à ce qui est observé en Europe et aux États-Unis depuis la crise de 2008, avec par exemple une croissance française qui n’a pas dépassé les 2% depuis 2007. Mais la situation est sans doute bien plus grave, les données chinoises étant sans doute surévaluées, avec une croissance réelle de 2% en 2014 estimée par l’économiste Patrick Artus à partir de l’évolution des importations, de la production d’électricité et du fret1. Plus profondément, cette conjoncture reflète les difficultés structurelles de l’économie chinoise, qui pourraient remettre durablement en question le rattrapage économique de ce pays, et l’entraîner dans une profonde récession impliquant une sérieuse dégradation des conditions de vie de la majorité du peuple chinois.

 

Figure 1 : Taux de croissance du PIB en Chine, en %

 

Source : Banque mondiale, World Development Indicators

 

Il est incontestable qu’une crise majeure se produit en Chine. L’éclatement des bulles financières et immobilières, entraînant avec lui une grande partie du secteur bancaire, remet en question les analyses très optimistes que de nombreux économistes faisaient jusqu’à présent de l’économie chinoise. Après avoir rappelé dans cet article les faits marquants de ces deux dernières années, nous expliquerons les difficultés rencontrées, qui pourraient encore apparaître à certains comme purement conjoncturelles, par des faiblesses structurelles majeures très similaires à celles étudiées et théorisées au 19ème siècle par Karl Marx pour les économies capitalistes.

 

Depuis le mois de juin 2015, les bourses de Shanghai et Shenzhen sont confrontées à une chute des cours atteignant près de 40% en six mois malgré les soutiens apportés par le gouvernement chinois. Il existe bien évidemment une bulle spéculative avec des cours multipliés entre mai 2014 et juin 2015 par 2,5 à la bourse de Shanghai et par 2,7 à Shenzhen. Malgré la baisse amorcée en juin dernier, ces derniers sont cependant toujours deux fois plus élevés qu’au printemps 2014, et on peut supposer que grâce à la réactivité du gouvernement chinois, ayant imposé durant quelques jours en juillet des contraintes extrêmement strictes sur ces marchés, mais aussi grâce à la présence d’une centaine de millions de petits spéculateurs, les cours continuent d’être artificiellement gonflés. L’activité de ces spéculateurs continue d’ailleurs d’être encouragée par des opérations dites « sur marge », leur permettant d’emprunter une partie des capitaux placés en bourse ; si le gouvernement cherchait à limiter ces activités au début de l’année 2015, il s’est décidé à supprimer le contrôle des opérations sur marge durant l’été afin de tenter de contenir la baisse des cours.

Cette évolution des marchés financiers chinois et l’appui apporté par les autorités au gonflement de la bulle spéculative sont des conséquences immédiates de la chute des prix de l’immobilier subie depuis l’été 2014 par la majorité des grandes villes chinoises (Figure 2). Depuis le début de la décennie 2000, les prix de l’immobilier avaient été multipliés par trois dans des villes comme Shanghai ou Pékin, poussés à la hausse à la fois par l’endettement des ménages souhaitant se procurer un logement et par l’activité essentiellement spéculative des collectivités locales, entreprises et promoteurs immobiliers. Or, depuis un an et demi, la baisse des prix de l’immobilier pousse les agents économiques à se tourner vers un secteur plus rémunérateur, la finance, afin de dégager des revenus suffisants pour faire face à des situations proches du surendettement.

 

Figure 2 : Évolution des prix de l’immobilier dans les 70 plus grandes villes chinoises

 

Source : National Bureau of Statistics, “Sale Price Indices of Residential Buildings in 70 Large and Medium-Sized Cities”, 2015.

 

Gonflés par l’euphorie suscitée par le marché de l’immobilier puis par la finance, les crédits offerts par le système bancaire chinois sont passés de moins de 100% du PIB en 1996 à 170% en 2014, alors même que ce chiffre ne prend pas en compte les prêts accordés par la finance informelle, le fameux « shadow-banking », représentant au moins 50% des emprunts chinois effectués depuis le début de la décennie 2000. L’essor de la finance informelle fut causée aussi bien par les difficultés d’accès au crédit des ménages et des entreprises privées, les trois quarts des prêts des grandes banques publiques chinoises étant accordés à des entreprises publiques, que par le besoin des collectivités locales de contourner l’interdiction pour elles de s’endetter dans un contexte où 70% des dépenses publiques sont assurées par elles alors qu’elles ne reçoivent que 50% des recettes (ce qui explique que le gouvernement central présente un excédent budgétaire alors que ces collectivités sont largement déficitaires). Pour cette dernière raison, les collectivités furent également incitées durant la décennie 2000 à participer au gonflement de la bulle immobilière afin, d’une part, de profiter de prix de plus en plus élevés et de la vente des droits d’utilisation du sol permise par l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres (les revenus fonciers et immobiliers représentant aujourd’hui 40% des revenus des collectivités), et d’autre part d’attirer des entreprises et des catégories aisées sur leur territoire.

L’éclatement de la bulle immobilière chinoise est donc extrêmement néfaste pour tous ces agents économiques qui avaient profité jusque-là de la hausse des prix, et qui se retrouvent actuellement dans des situations de surendettement inextricables. Christine Peltier2, économiste chez BNP Paribas, relevait ainsi l’année dernière une hausse des créances douteuses, accompagnant l’essor des crédits bancaires accordés, mais surtout une sous-évaluation des risques liée à la montée spectaculaire du financement informel qui se poursuit aujourd’hui pour pousser à la hausse les cours boursiers. Le surendettement des collectivités, le développement du shadow-banking et la multiplication des créances douteuses au sein du secteur bancaire traditionnel sont des signes aujourd’hui indéniables de l’imminence d’une crise financière sans précédent sur le sol chinois.

 

À côté de ces difficultés internes, la position économique de la Chine pourrait aussi être rapidement remise en question sur le plan international. Malgré une exploitation encore très forte des travailleurs, la hausse des coûts salariaux est depuis la fin de la décennie 1990 supérieure à celle de la productivité, ce qui relève le coût unitaire du travail (CUT), atteignant dans le secteur manufacturier 54% du coût américain en 2014 contre 20% au milieu de la décennie 1990 (Gaulard, 2015). Cette évolution pénalise la compétitivité de l’industrie chinoise alors même que le pays était devenu en 2009 le premier exportateur mondial. Accompagnant la baisse de l’excédent commercial, passé de 9% du PIB en 2007 à 3% en 2014, les investissements directs étrangers prennent une part de moins en moins importante dans l’économie chinoise, de nombreuses entreprises ayant choisi de relocaliser leur production aux États-Unis et en Europe de l’Ouest (le Boston Consulting Group évaluait en 2014 à 54% la part des managers américains souhaitant relocaliser leur production industrielle aux États-Unis), ou de déplacer leurs unités de production dans des pays offrant une main d’œuvre moins coûteuse (c’est le cas des firmes Nokia et Samsung qui se sont récemment implantées au Vietnam).

Cette perte de compétitivité fait craindre à de nombreux économistes (Cai, 2012 ; Eichengreen, 2013 ; Gaulard, 2015 ; etc.) que le pays ne soit entré récemment dans le « piège des revenus intermédiaires », expliquant l’impossibilité pour des pays en développement d’atteindre des revenus les plaçant dans la catégorie des pays développés (supérieurs à 12615 dollars par habitant) en raison de la perte progressive de leur principal avantage comparatif, le coût de leur main-d’œuvre, notamment lorsque des efforts suffisants ne sont pas effectués pour amorcer un vif rattrapage technologique.

Surtout, l’éclatement des bulles spéculatives et l’incapacité de la Chine d’effectuer une remontée en gamme suffisamment rapide de son appareil productif sont à l’origine d’une fuite des capitaux observée depuis 2011. Alors que le pays se trouvait au cœur de la stratégie de carry-trade des investisseurs étrangers, consistant notamment après la crise de 2008 à emprunter des capitaux en Europe, aux États-Unis et au Japon pour les placer dans les pays « émergents » proposant des taux d’intérêt plus rémunérateurs ainsi qu’une appréciation de leur monnaie, le débouclage de ce carry-trade amorcé en 2011 et accentué en 2013 par le changement de politique monétaire aux États-Unis est à l’origine d’une balance financière négative depuis le quatrième trimestre 2014. Outre leur impact sur la balance financière, les flux de « hot money » sortants peuvent aussi être détectés « indirectement » par une baisse des réserves de change inexpliquée par les seules interventions de la banque centrale, les flux d’IDE ou l’évolution de la balance des transactions courantes (Figure 3).

 

Figure 3 : Estimation des entrées et sorties de capitaux volatiles en Chine

 

Source : Fonds monétaire international, Balance of Payments Statistics Yearbook

 

Si le pays est l’un des rares émergents à ne pas faire face actuellement à une dépréciation brutale de sa monnaie, malgré quelques dépréciations temporaires telle que celle de février/mars 2014 ou celle de juillet/août 2015, c’est essentiellement grâce aux interventions de la banque centrale et à la vente de devises. En mars 2015, la banque centrale annonçait dans ce sens une vente de 25,3 milliards de dollars afin de maintenir le cours du yuan. En juillet, les ventes atteignaient 39 milliards, et en août, 112 milliards de dollars3

La baisse des réserves de change chinoises, passées de 4000 milliards de dollars en avril 2014 à 3500 milliards en novembre 2015, ne pourrait durablement se poursuivre sans créer un mouvement de panique chez les investisseurs étrangers. La dépréciation de juillet 2015 visait ainsi à soutenir la compétitivité des exportations chinoises, mais surtout à rassurer ces derniers ainsi que les grandes institutions internationales comme le Fonds monétaire international sur la volonté de la Chine de poursuivre l’internationalisation de sa monnaie en la rendant notamment plus flexible.

 

Tous ces signes assez récents de la présence de sérieuses difficultés financières et économiques en Chine, actuellement observées et analysées par tout un chacun, ne sont que les épiphénomènes de blocages plus structurels de l’économie chinoise. Comme je le montrais en 2014 dans mon ouvrage Karl Marx à Pékin, les analyses faites au 19ème siècle par Marx sur le ralentissement inéluctable des économies capitalistes s’appliquent actuellement parfaitement au cas chinois.

Figure 4 : Évolution du taux de profit en Chine

 

Source: China Statistical Yearbook
Taux de profit: (PIB – Masse salariale)/Stock de capital fix
e

 

La baisse du taux de profit observée dans l’appareil productif depuis la fin de la décennie 1990 (Figure 4) et analysée par de nombreux économistes (Felipe et Xiaoqin Fan, 2008 ; Piovani et Li, 2011 ; Gaulard, 2015), est parfaitement appréhendée par la théorie de Marx, pourtant longtemps caricaturée et rejetée, sur la baisse tendancielle du taux de profit. Malgré la légère contre-tendance observée depuis 2009, expliquée par une remontée purement temporaire et artificielle de la valeur ajoutée dégagée par des secteurs spéculatifs comme l’immobilier et la finance, l’augmentation de la composition organique du capital, correspondant grossièrement à une utilisation plus forte de biens d’équipement, à des dépenses en capital fixe et en matières premières employées par l’appareil productif de plus en plus élevées relativement à la masse salariale, provoque effectivement une valeur ajoutée de plus en plus faible relativement aux investissements effectués.

Cette baisse de la productivité du capital s’expliquerait selon Marx par le fait que seul le travail est en mesure de créer de la valeur. Qu’on accepte ou non la théorie de la valeur travail, la baisse de la productivité du capital non compensée par une hausse équivalente de la productivité du travail est un phénomène observé dans toutes les économies capitalistes, et étudié y compris par un économiste néoclassique comme Solow dans son fameux modèle de croissance accordant une place majeure au progrès technique pour empêcher l’arrivée d’un état stationnaire.

La Chine n’est donc pas un cas de figure exceptionnel, et la baisse du taux de profit dans son appareil productif est simplement le signe annonciateur d’un ralentissement économique rencontré inéluctablement par toutes les économies capitalistes. En raison d’une rentabilité de plus en plus faible de l’industrie manufacturière, les investisseurs, étrangers et nationaux, publics et privés, ont été rapidement contraints, suivant en cela le même cheminement que l’Europe de l’Ouest, le Japon et les États-Unis depuis la décennie 1980, de trouver de nouvelles sphères de valorisation du capital, comme l’immobilier ou la finance, permettant de créer au moins une « plus-value fictive » liée à l’ampleur des mouvements spéculatifs et disparaissant lors de l’éclatement des bulles spéculatives. Cette évolution explique la légère remontée du taux de profit observée depuis le milieu de la décennie 2000 (Figure 4), qui n’en reste pas moins purement artificielle.

Les gonflements des bulles financières et immobilières chinoises sont ainsi directement liés aux difficultés de l’appareil productif, ce qui explique que de nombreuses entreprises publiques aient préféré depuis la fin de la décennie 2000 se détourner de leur métier de base pour s’orienter vers ces secteurs malgré les fréquents rappels à l’ordre du gouvernement chinois (Gaulard, 2014).

 

Conscient des problèmes rencontrés par l’appareil productif, à l’origine d’une perte de compétitivité internationale et d’une volonté des investisseurs d’orienter leurs capitaux vers des secteurs essentiellement spéculatifs, le gouvernement central prône une « réorientation de la croissance » depuis le début de la décennie 2000 pour diriger le pays vers une « société harmonieuse » dans laquelle la classe moyenne en plein essor rendrait l’économie chinoise moins dépendante des exportations. Pour cette raison, le système de sécurité sociale a subi une profonde rénovation ces dernières années, avec l’objectif de couvrir l’intégralité de la population sur le plan de la santé et des retraites d’ici 2025. De même, les salaires minimums des différentes provinces ont augmenté en moyenne de 30% depuis 2009, alors que le salaire moyen des travailleurs chinois s’élevait annuellement de 15% sur la même période. Enfin, le plan de relance de 400 milliards de dollars lancé en 2008 cherchait également à soutenir la demande et l’investissement national dans un contexte de crise internationale ; notons que ce plan pourtant massif fut encore complété en 2015 par le déblocage de 1100 milliards de dollars visant à financer des projets d’infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires et surtout à donner de l’emploi à des travailleurs risquant de subir de plein fouet le ralentissement de la croissance.

Cependant, si cette « réorientation de la croissance » permet surtout de rassurer les investisseurs nationaux et étrangers, on peut douter de son efficacité et de sa pertinence quant à l’objectif affiché de stimuler la demande intérieure. Concernant son efficacité, rappelons effectivement que 80% des dépenses sociales sont aujourd’hui assurées par les collectivités locales, et la contrepartie de la mise en place d’une véritable couverture sociale impliquerait forcément un accroissement insoutenable de leurs dépenses alors même que leur niveau d’endettement atteint déjà les limites du raisonnable : d’après un audit effectué par le National Audit Office (NAO) dans 18 provinces, 16 villes et 36 cantons, la majorité des entités territoriales étudiées présentaient déjà un taux d’endettement supérieur à 400% de leurs revenus en 2013... Cette incapacité financière à faire face à une réforme profonde du système de sécurité sociale et à stimuler ainsi la consommation nationale, en encourageant notamment les Chinois à réduire leur épargne de précaution, explique que les résultats ne soient pas forcément au rendez-vous. Notamment, alors que le taux promis de remboursement des dépenses d’hospitalisation est officiellement de 70 %, le taux constaté est de seulement 23 %. De même, bien que seulement 45 % de la population totale (25 % des ruraux) soit couverte par le régime des retraites, le taux de remplacement moyen est proche de 33 % (contre 77 % en 1990)…

Quant à la hausse des salaires, expliquée surtout par le besoin de répondre à des tensions sociales croissantes dans un contexte où la population active a par ailleurs commencé à diminuer, on peut douter aussi de sa pertinence lorsque la baisse de la productivité du capital pèse déjà sur les profits et que l’appareil productif national voit chuter sa compétitivité internationale. Phénomène souvent oublié, rappelons que la hausse des salaires observée en Corée du Sud lors de la décennie 1980 fut à l’origine d’une accentuation de la baisse du taux de profit au sein de son appareil productif (Bell et Rosenfeld, 1990), débouchant sur la crise de 1997 expérimentée par tous les pays de la région confrontés à des difficultés similaires. Selon Marx :

« Il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois préparées précisément par une phase au cours de laquelle la hausse des salaires est générale, où la classe ouvrière obtient effectivement une part plus large du produit annuel destiné à la consommation. Si l’on écoutait ces chevaliers du sain et "simple" bon sens humain, il faudrait admettre que cette phase éloigne au contraire les crises. En somme, il apparaît que la production capitaliste renferme des conditions tout à fait indépendantes de la bonne ou la mauvaise volonté des capitalistes, et que ces conditions n’admettent que momentanément cette relative prospérité de la classe ouvrière, et ce, toujours comme le prélude d’une crise » (Marx, Le Capital, Livre II, 1968, p. 781).

 

La réorientation de la croissance chinoise n’est visiblement pas une solution pour éviter le piège des revenus intermédiaires dans lequel finissent inévitablement par tomber tous les « pays en développement ». La crise actuelle de l’économie chinoise fait craindre un sévère ralentissement dont ce pays aura sûrement beaucoup de mal à se remettre.

Alors qu’il était d’usage suite à la crise de 2008 d’évoquer un « découplage » entre la croissance des pays développés et celle de pays dits émergents comme la Chine ou le Brésil, très peu d’économistes maintiennent aujourd’hui leur optimisme face à la dégradation des fondamentaux observée dans ces pays. Cependant, alors que le ralentissement chinois est présenté comme un phénomène purement conjoncturel marquant l’établissement d’une « nouvelle normalité » selon l’expression du président Xi Jinping, avec des taux de croissance plus faibles, l’éclatement des bulles spéculatives précédemment formées, et une consommation intérieure qui se substituerait à la demande externe, nous persistons à affirmer que l’économie chinoise se confronte actuellement à des blocages beaucoup plus sérieux que ce que de nombreuses analyses laissent transparaître.

Le capitalisme, qui connaît pourtant des adaptations majeures en Chine, n’en est pas moins fragile dans ce pays qu’en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord ou au Japon. Mais malgré ses faiblesses, à l’origine d’une dégradation toujours plus forte des conditions de vie, il ne disparaîtra pas de lui-même. Plutôt que de s’affronter sur l’efficacité supposée des politiques à adopter pour sortir de l’impasse ici ou là-bas, il serait donc sans doute plus pertinent de remettre directement en question ce mode de production dans lequel nous vivons tous et de proposer enfin de nouvelles façons de produire et de consommer dans une société alternative qui en finirait avec les fondements du capitalisme, qu’il s’agisse du besoin de dégager des profits pour accumuler toujours plus, mais aussi du salariat ou de la présence d’un État central chargé d’assurer le bon fonctionnement de cette accumulation.

 

Bibliographie

Bello Walden, Rosenfeld Stephany, 1990, Dragons in Distress, Asia’s Miracle Economies in Crisis, a food first book, San Francisco.

Cai Fang, 2012, « Is There a Middle Income Trap ? Theories, Experiences and Relevances to China”, China and World Economy, vol. 20, n°1.

Eichengreen Barry, Park Donghyun, Shin Kwanho, 2013, « Growth Slowdowns Redux: New Evidence on the Middle Income Trap », NBER Working Paper, n° 18673.

Felipe Jesus, Xiaoqin Fan Emma, 2008, « The Diverging Patterns of Profitability, Investment and Growth of China and India during 1980-2003 », World Development, vol. 36, n° 5, p. 741-774.

Gaulard Mylène, 2014, Karl Marx à Pékin, Les racines de la crise en Chine capitaliste, Demopolis, Paris.

Gaulard Mylène, 2015, « Le “piège des revenus intermédiaires” : un danger pour la Chine? », Economie Appliquée, Tome LXVIII, n°2, pp. 89-120.

Marx Karl, 1968, Le Capital, Livre II et III, in Œuvres II, Gallimard, Paris, pp. 499-1488.

Piovani Chiara, LiMinqi, 2011, « One Hundred Million Jobs for the Chinese Workers! Why China’s Current Model of Development is Unsustainable and How a Progressive Economic Program Can Help the Chinese Workers, the Chinese Economy, and China’s Environment », Review of Radical Political Economics, vol. 43, n°1, p. 77-94.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:58

Journée de mobilisation et de grève, 4 février 2016

La CGT appelle à une grande journée de mobilisation et de grève avec des initiatives sur l'ensemble du territoire le 4 février 2016.
Un rassemblement se tiendra à paris, place du trocadero, à 11h00 avec prises de parole.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:49

SOUS FORMAT TRACT ICI

 

Sur le site du ROCML ICI

 

La condamnation à de la prison ferme des 8 travailleurs de Goodyear a une signification clairement politique. Elle veut montrer à tous les ouvriers en France qu’on ne remet pas en cause son système, sa sacro-sainte propriété privée et les cadres dirigeants des entreprises : « On ne peut pas dissocier ce jugement du recul sans pareil des acquis sociaux décidés par le gouvernement. Et désormais, dans toutes les luttes sociales, il y aura le jugement d’Amiens en toile fond. » (Paroles de l’avocat des Goodyear cité dans Le Monde). Parce que l’État sait qu’il va devoir aggraver les conditions de travail et de vie des prolétaires, les rendre 100 % flexibles et permettre à la bourgeoisie de remettre en cause tous ces « acquis sociaux », ces freins à la « liberté d’entreprendre » ou plutôt d’exploiter. Et pour cela il doit réprimer, rendre inoffensifs tous les travailleurs « rebelles » à l’ordre établi.

 

La répression contre la résistance des travailleurs s’accentue aujourd’hui et s’exprime dans la loi, on l’a vu avec celle de Macron et Rebsamen, mais dans les faits aussi avec les Goodyear et dans de nombreuses entreprises où les syndicats, et particulièrement les syndicats CGT, se battent pour les salaires, les conditions et le temps de travail.

 

Laisser faire, permettre à la bourgeoisie et tous ses appendices de répressions de mettre les huit Goodyear derrière les barreaux c’est accepter de renoncer à toutes les actions ouvrières qui sortent du cadre permis par la bourgeoisie, c’est laisser le champ libre à l’État pour aller plus loin dans la répression et empêcher toute expression, action indépendante du prolétariat.

 

Aussi exprimer concrètement notre solidarité avec les Goodyear c’est unir la classe derrière les camarades réprimés, c’est combattre les divisions en son sein, c’est dénoncer la vraie nature répressive, anti-ouvrière, de l’État. L’État n’est pas neutre ou bienveillant de l’« intérêt général », mais est un instrument dans les mains du capital. Voilà pourquoi s’opposer aux mesures répressives contre nos camarades est un combat anticapitaliste. Tant que le capitalisme vivra, les travailleurs seront condamnés à en subir ses lois les plus violentes.

 

Les militants communistes participent aux différentes actions et rassemblements en y dénonçant le rôle de l’État, en démontrant que les travailleurs doivent s’unir politiquement indépendamment de ceux qui veulent encore nous faire croire que le capitalisme à de l’avenir si on le rend « social » ! Nous sommes tous des Goodyear ! La solidarité de classe prend tout son sens quand elle se matérialise par une riposte organisée qui entraîne l’ensemble de la classe.

 

 

 

PARTICIPONS A TOUS LES MEETINGS ET RASSEMBLEMENTS SOLIDAIRES DU 4 FÉVRIER

PARTICIPONS A TOUTES LES ACTIONS ORGANISÉES PAR LA CGT ET LES TRAVAILLEURS EN FAVEUR DE NOS CAMARADES DE LA CGT GOODYEAR

DÉMONTRONS LE RÔLE LA VRAIE NATURE DE CLASSE DE L’ÉTAT ET DU CAPITAL, ORGANISONS LA RIPOSTE ŒIL POUR ŒIL DENT POUR DENT.

Le ROCML, le 26 janvier 2016.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 19:23

Le mardi 12 janvier 2016, le Tribunal d’Amiens vient de rendre son jugement concernant les 8 camarades « ex Goodyear » poursuivis par le Procureur de la République pour « séquestration ».
24 mois de prison dont 9 mois fermes ! C’est un véritable scandale et une atteinte grave à la liberté de défendre ou conquérir des droits sociaux !

Le gouvernement est plus apte à faire condamner des ouvriers, des syndicalistes CGT, qui n’ont comme seul reproche que d’avoir défendu leurs emplois pendant plus de 7 ans, alors que les patrons délinquants en col blanc qui bafouent le Code du Travail au quotidien, fraudent le fisc au travers de paradis fiscaux, licencient en toute impunité, ne sont jamais inquiétés !

Les camarades qui ont défendu l’emploi pour éviter à des familles de sombrer (les divorces, les suicides, le chômage, les dépressions…comme l’ont vécu, les ex continental de Clairoix) se voient traiter comme des gangsters.

L’union départementale CGT est indignée. Elle apporte tout son soutien fraternel aux 8 camarades et au syndicat CGT Goodyear dans cette terrible injustice qu’ils subissent.

Rien ne peut justifier un tel acharnement, si ce n’est que de vouloir museler les salariés, en profitant d’un état d’urgence pour casser les acquis sociaux et le Code du Travail.

L’Union départementale CGT de Paris se joindra à toutes les initiatives pour défendre les 8 camarades dans leurs libertés syndicales.

Dans le même temps le jugement était rendu pour les 5 camarades d’énergie Paris et là, la justice aura été plus clémente, avec 3 relaxes et 2 condamnations à des amendes avec sursis. Même si ce n’est pas une victoire car nous visions une relaxe totale, cette décision est une avancée et la mobilisation autour des 5 camarades d’énergie aura permis une relaxe partielle.

La mobilisation est plus que jamais d’actualité. L’UD CGT de Paris défendra systématiquement toutes les libertés syndicales.

Il ne peut y avoir de défense des droits conquis ni de nouvelles conquêtes sociales sans liberté syndicale.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:33

 

Accord-Paris

 

Article issu de la VDC de décembre:  ICI

« En comparaison de que cela aurait pu être, cet accord est un miracle. En comparaison de ce qu’il aurait dû être, c’est un désastre » écrit le Guardian. Voilà un raccourci saisissant des tenants et aboutissants de cette conférence. Les précédentes conférences furent des échecs qu’il ne fallait à tout prix pas renouveler pour augmenter le discrédit des responsables politiques auprès des populations et ajouter des raisons de s’attaquer au  système capitaliste. Donc après une véritable mise en scène et dramatisation médiatique, un accord a été trouvé, Le metteur en scène, Laurent Fabius en a eu les larmes aux yeux. Les divers commentateurs tant soit peu objectifs font remarquer qu’il en reste à un constat et des déclarations de bonne intention. Il reste muet sur les objectifs et moyens à mettre en œuvre d’une manière contraignante pour les pays et surtout les multinationales principales pollueuses de la planète(1). Mieux il est conforme à ce que les multinationales de l’énergie extractive et autres attendaient :

Un accord basé sur les plans nationaux  (ce sont les peuples qui doivent payer), incluant tous les pays (au moins tous les grands émetteurs) ; un accord à long terme, sans engagements chiffrés de réduction des émissions à court et moyen terme, mais avec révision périodique.

La COP21 a signifié un soutien aux marchés internationaux du carbone (un secteur juteux pour faire des profits « écologiques » sans aucune contrainte pesant sur les transports maritimes et aériens). Et cerise sur le gâteau il détourne l’attention de leur responsabilité.

Bref rien de bon pour les  travailleurs du monde entier. L’analyse que nous faisions avant la COP21 reste d’actualité.

Notes

1 Voici les principaux reproches au texte : aucune échéance pour le pic des émissions, aucune échéance précise pour l’équilibre émissions/absorptions (« dans la seconde moitié du siècle ») aucun objectif non plus en matière de taux annuel de réduction des émissions, muet sur la sortie des combustibles fossiles, pas un mot de la nécessité d’un système énergétique basé sur les renouvelables, le concept de décarbonisation est absent de l’accord.

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