Après quarante années d'absence d'une jeunesse communiste marxiste léniniste (JCML), une nouvelle organisation s'est crée à Pau les 22 et 23 mai 2010. C'est l'aboutissement de quatre années de travail (depuis la lutte contre le CPE) des différentes JCML de France qui avaient pour objectif la création d'une JCML au niveau de l'État Français.
Nous publions un article qui a été publié dans un journal de la Fédération CGT du bâtiment. Il a pour objectif d’expliquer le but du système capitaliste, qui est le profit.

La réalisation du profit est le but unique du mode de production capitaliste et non la satisfaction des besoins des travailleurs, la production des biens qui se retrouvent sous forme de marchandises n’est que le passage obligé pour le capitaliste pour réaliser son profit en vendant ces marchandises. C’est pour réaliser un profit que l’on crée des entreprises ou qu’on les ferme. C’est au nom du profit et pour l’augmenter que l’on licencie les travailleurs que l’on réduit les coûts de production en bloquant ou réduisant les salaires et les dépenses de santé des travailleurs ou en augmentant la durée des journées de travail.
Mais d’où vient ce profit ? Il parait évident qu’un chef d’entreprise fasse du profit- sinon il ferme son usine et va investir ailleurs – Et ce profit est considéré comme la « juste rémunération » du capitaliste par le risque qu’il prend ou par le travail de direction qu’il effectue. On remet en cause le capital financier, les actionnaires qui sans travailleur vivent de leur dividendes pour l’argent qu’ils ont avancé à l’entrepreneur et on va réclamer une plus juste répartition des profits entre capitalistes et salariés, entre le capital et le travail.
Mais il faut se méfier des évidences ! Tout cela peut justifier tout au plus que dans le mode de production capitaliste pourquoi le profit est nécessaire, mais ne donne aucune explication sur son origine.
Pour en trouver l’origine il faut aller la chercher au-delà des apparences. C’est la science, et en ce domaine la science économique marxiste qui permet de résoudre cette énigme. C’est Marx dans son œuvre monumentale « le capital » qui l’a résolue. Sans rentrer dans toute sa démarche - il faut étudier le capital pour cela - nous allons essayer d’en donner les grandes lignes.
Pour produire le capitaliste trouve sur le marché du travail ( il porte bien son nom) une marchandise particulière que le travailleur propose à la « vente » au capitaliste : ses capacités physiques et intellectuelles nous l’appellerons avec Marx : la force de travail . Cette force est achetée par le capitaliste à sa valeur et il va l’utiliser pour un certain nombre d’heures seulement limitées par les lois en vigueur sur la durée du travail et selon les clauses du contrat de travail librement accepté par les deux parties. Avec l’expérience on s’aperçoit que le capitaliste cherche constamment par soucis de « rentabilité » de dépasser ces limitations ce qui entraîne une lutte de classe constante entre les capitalistes et les travailleurs.
Or cette marchandise, la force de travail a la propriété de pouvoir produire plus de valeur que ce qui est nécessaire à son achat (salaire) et donc à sa production : C'est-à-dire pour assurer la vie du travailleur et sa reproduction. Pour que le capitaliste trouve en permanence sur le marché cette marchandise « force de travail » il faut qu’elle puisse se reproduire – donc la valeur de la force de travail inclue les frais de santé, l’éduction des enfants dans une situation donnée de développement historique atteint par la société. Ce qui explique que sa valeur est plus grande dans nos métropoles impérialistes que dans les conditions misérables de certains pays et explique entre autre que des travailleurs immigrés ou détachés se contentent d’un salaire dégradé par rapport aux travailleurs nationaux.
Le capitaliste va donc exploiter cette propriété pour faire produire au travailleur plus de valeur que ce qu’il a investi pour l’acheter.
Ainsi par exemple prenons un travailleur qui travaille huit heures par jour il va travailler 4 h, temps de travail équivalent à la part de son salaire journalier et 4h gratuitement pour le capitaliste. Le travail gratuit réalisé constitue ce que l’on appelle la plus-value ou sur valeur qui est à l’origine non seulement du profit de l’industriel mais aussi de TOUS les profits. Cette plus-value alimente le profit de l’industriel, le profit du capitaliste du secteur commercial, les intérêts versés pour les crédits contractés, les dividendes aux actionnaires qui a investi dans l’entreprise, la rente foncière payée aux propriétaires des locaux et bâtiments loués par l’entrepreneur, à rémunérer les gestionnaires du capital (directeurs, grands patrons) etc…
Voilà qui rend fausses ou inopérantes un certain nombre d’affirmation comme :
- le profit comme assurance pour le risque que prend l’entrepreneur. Qu’il prenne des risque ou pas le profit se réalise quand l’entreprise marche et disparait quand l’entreprise pour des raisons diverses périclite.
- qui explique les rémunérations astronomiques des grands patrons justifiés par leurs responsabilités dans l’entreprise qui peuvent la forme de - Que la possibilité d’un partage dit équitable entre profits et salaires est une ineptie profonde, quel peut être le « niveau » de ce partage dans la mesure où le profit est du travail gratuit du travailleur accaparé par le capital. Seule la lutte de classe est l’arbitre de la relation patronat prolétariat et ne peut se stabilise momentanément à un niveau donné que par la lutte collective politique et syndicale des travailleurs, c’est ce que nous montre la réalité de tous les jours tant au niveau de l’entreprise qu’au niveau national.
Il resterait à développer, par exemple pour le cas VINCI comment la multinationale optimise la production de profit par le partage du travail entre diverses sous entreprises, utilisation de moyens comptables pour soustraire le plus de profit possible à l’impôt, organise le partage du travail avec les sous-traitants et les travailleurs détachés ainsi que la lutte contre l’organisation collective des travailleurs seule garante de leur résistance aux attaques du capital.