Après quarante années d'absence d'une jeunesse communiste marxiste léniniste (JCML), une nouvelle organisation s'est crée à Pau les 22 et 23 mai 2010. C'est l'aboutissement de quatre années de travail (depuis la lutte contre le CPE) des différentes JCML de France qui avaient pour objectif la création d'une JCML au niveau de l'État Français.
En ces temps de crise du système capitaliste, il ne fait pas bon d’être marxiste léniniste, de défendre une idéologie différente à celle qui domine, à savoir l’idéologie bourgeoise. Nous le voyons par ailleurs dans les médias, qui stigmatisent une ultragauche responsable selon eux de sabotages de voies ferrées… Qui fait parti de cette ultragauche ? Et bien tous ceux qui n’acceptent pas le système électoral bourgeois…
Amalgame est fréquemment fait entre « ceux qui cassent » et les communistes. La bourgeoisie fait parfaitement bien son travail dans la jeunesse. On enseigne aux jeunes à repousser l’URSS de façon systématique, automatique, sans qu’il puisse y avoir débat, sans qu’il y ait confrontation des 2 idées : bourgeoisie contre socialisme scientifique ! Trotski dans les manuels scolaires passe pour le héros de la révolution socialiste et l’héritier de Lénine. L’historiographie francophone, très majoritairement, rapproche communisme et nazisme, tend à les assimiler en les désignant sous le terme de « totalitarisme » (en omettant bien entendu d’étudier les bases économiques du nazisme, qui reste capitaliste contrairement au socialisme en URSS, et qui est complètement lié aux financiers des démocraties bourgeoises, aux autres impérialismes !).
Mais ce n’est pas tout, car nous assistons depuis maintenant une vingtaine d’années(1) au rejet pur et simple, sans explication de la théorie de Marx, Engels, sous prétexte de l’obsolescence de cette pensée, de la disparition des classes ( à quand date t’on leur disparition d’ailleurs ?). Ou encore, les médias et grands intellectuels bourgeois profitent de l’effondrement de l’URSS (même si celle-ci était social-impérialiste depuis 1956) pour parler de la fin de l’histoire : il n’y aurait pas de régime « supérieur » au capitalisme, pas d’évolution possible. Voilà résumées très rapidement les explications que donnent les historiens bourgeois pour expliquer la fin de l’idéologie marxiste, son dépassement, étant par ailleurs aidé par tous les partis petits-bourgeois se réclamant du communisme…Les historiens, pour certains laquais de la bourgeoisie s’en donnent à coeur joie, reniant leurs passés marxistes pour certains (Furet et sa clique !), se faisant les propagandistes de l’idéologie dominante…Comparaison de la « Terreur révolutionnaire » robespierriste (sic), avec la révolution bolchevique d’octobre 1917.
Que doivent faire les marxistes-léninistes face à cela ?
L’histoire, ou le rôle de l’histoire dans notre activité présente ou future a été brièvement abordée lors de la dernière réunion des JCML. Il en est apparu (à moins que je ne me trompe) que ce n’est pas un élément primordial, un élément qui attirera les masses à nous. Si certes, l’histoire n’est pas la priorité (la priorité étant la création d’un Parti communiste, d’une jeunesse communiste !), elle a cependant un rôle essentiel à la fois pour nous, pour notre éducation communiste (connaître les expériences du socialisme scientifique, en tirer les enseignements pour évoluer, savoir reconnaître le vrai et le faux dans les travaux bourgeois… etc.), et pour tous nos futurs adhérents, pour le prolétariat dans son ensemble ! Cela a un double intérêt :
1°) mettre à la lumière du matérialisme dialectique les expériences s’étant déclarées du socialisme, du marxisme-léninisme (comprendre leurs erreurs, leurs difficultés) mais aussi critiquer le capitalisme, sa barbarie !
Et 2°) cela nous servira pour montrer aux travailleurs la propagande bourgeoise qui est faite par les intellectuels ; montrer que si dans le domaine de la répression, les forces policières sont les chiens de garde du capital, dans le domaine intellectuel, les élites savantes jouent le rôle de laquais, de propagandistes de la bourgeoisie, malgré que leurs intérêts de classe soient opposés à la bourgeoisie (2) !
Comme le disait Lénine, « La doctrine de Marx suscite, dans l’ensemble du monde civilisé, la plus grande hostilité et la haine de toute la science bourgeoise (…) car dans une société fondée sur la lutte des classes, il ne saurait y avoir de science sociale « impartiale ». »3 Choses que tous les prétendus communistes, alter mondialistes, trotskistes, etc., ont sans doute « oublié »…
1. Lacroix-Riz (A.), L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le temps des cerises, 2004.
2. Lafargue (P.), Le socialisme et les intellectuels, Pantin, Les bons caractères, 2004, 43 pages.
3. Lénine (V.I.), « Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme », OEuvres choisies (Tome I), Moscou, édition en langue étrangère, 1946, pp. 63-68.