Après quarante années d'absence d'une jeunesse communiste marxiste léniniste (JCML), une nouvelle organisation s'est crée à Pau les 22 et 23 mai 2010. C'est l'aboutissement de quatre années de travail (depuis la lutte contre le CPE) des différentes JCML de France qui avaient pour objectif la création d'une JCML au niveau de l'État Français.

Engagé dès avant l’été, le mouvement de refus de la réforme des retraites montre une mobilisation qui ne faiblit pas. Les manifestations rassemblent des centaines de milliers voire des millions de personnes. L’entrée de la jeunesse dans le mouvement, la mise en œuvre de formes de lutte plus radicales comme les blocages de raffineries de pétrole ou de moyens de transport (rail, transports routiers, aviation civile, bus, métro) constituent un renforcement du mouvement.
Pourtant, malgré la mobilisation, après les journées d’action et les manifestations des mois de septembre et octobre, un constat s’impose : le rapport des forces reste figé. Le pouvoir politique du capital méprise la volonté du peuple et reste décidé à faire passer la réforme. Il utilise pour cela le discours de la « légalité républicaine », et à présent la provocation et la violence policières. De leur côté les états-majors syndicaux et les partis politiques de gauche semblent manquer d’imagination et ne proposent rien centralement qui rende possible de faire basculer le rapport des forces en faveur des travailleurs. Pourquoi ?
La vérité c’est que ce n’est pas l’imagination qui leur manque, mais la volonté d’affronter le pouvoir avec le mot d’ordre de retrait total du projet de réforme. Les chefs réformistes qui dirigent les syndicats et les partis de gauche n’ont pas ce but. Ils suivent un autre scénario centré sur les élections présidentielles et parlementaires de 2012 avec un gouvernement de gauche (c’est-à-dire socialiste) à la clé.
Dans cette optique, il leur suffit d’affaiblir politiquement Sarkozy et ses ministres en accompagnant (voire dans certaines circonstances en l’alimentant) le mécontentement populaire, tout en le maintenant dans les clous de la « légalité républicaine », pour que le jour venu des élections les travailleurs n’aient d’autre moyen d’exprimer leur ras-le-bol qu’en votant pour les partis de gauche avec au final un(e) président(e) et un gouvernement socialiste. Si ce scénario réussissait, que deviendrait alors le système des retraites imposé par la droite en 2010 ?
Les travailleurs ne doivent pas se faire d’illusions. Les chefs socialistes ne s’en sont jamais cachés : ils sont tous d’accord qu’il faudra travailler ou cotiser plus longtemps pour avoir une retraite à taux plein. Et s’ils gagnent en 2012, ils n’abrogeront pas la réforme. Au mieux ils y apporteront quelques retouches. La Confédération Européenne des Syndicats ( CES ) à laquelle appartiennent la CFDT et la CGT est aussi d’accord là-dessus.
C’est pour ces raisons qu’un consensus de collaboration de classes s’est fait entre les syndicats et les partis de gauche pour ne pas exiger le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites et pour ne pas mettre en œuvre les moyens pour atteindre ce but.
C’est aussi pourquoi Sarkozy et son gouvernement peuvent se permettre de rester imperturbables dans leur refus de céder face à la mobilisation.
Parviendront-ils à leurs fins ?
La réponse est dans la mobilisation et l'organisation des travailleurs pour faire face à un état qui n'hésite pas à utiliser la force et la provocation pour défendre les intérêts du capital.
Il faut faire bouger le rapport des forces pour qu’il soit en faveur des travailleurs. Dans ce but, le ROCML et la JCML appellent leurs militants, leurs sympathisants, les révolutionnaires et les syndicalistes de combat à consolider, élargir et durcir le mouvement en agissant dans leurs sections syndicales d’entreprise, les Unions Locales et Départementales, les Assemblées Générales et dans toutes autres associations populaires et à prendre les mesures nécessaires pour s'opposer à la violence policière et soutenir les victimes de la répression.
POUR LE RETRAIT TOTAL DE LA REFORME
LUTTONS CLASSE CONTRE CLASSE !
UNITE A LA BASE ET DANS L’ACTION !
HORS DU POUVOIR LES ENNEMIS DU PEUPLE !
C’EST LA CLASSE OUVRIERE QUI DOIT DIRIGER LA SOCIETE !
